Projet de loi 86: les profs craignent de perdre du pouvoir

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En plus de s'attaquer à la pertinence du projet de loi, les enseignants représentés par la CSQ s'opposent à l'obligation légale de résultats aux écoles, avec des cibles chiffrées.

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(Québec) Les enseignants se braquent contre le projet de loi 86, qui crée «une ingérence» dans leur autonomie professionnelle. «On n'est plus dans le quoi enseigner, on s'insère dans le comment enseigner», a soutenu Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) en commission parlementaire. 

C'était la première fois jeudi que le nouveau ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, participait à l'étude de cette réforme de la gouvernance dans les commissions scolaires. Il a décidé d'aller de l'avant pour ne pas «retarder indûment les choses», tout en avouant ne pas «avoir eu le temps de lire tous les mémoires». 

Il faisait face à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente 130 000 travailleurs en éducation. Leurs doléances ont été nombreuses. En plus de s'attaquer à la pertinence du projet de loi, Louise Chabot, présidente de la CSQ, s'oppose au fait qu'on veuille imposer une obligation légale de résultats aux écoles, avec des cibles chiffrées. 

«On va s'attacher à faire en sorte de tout mettre en oeuvre par des moyens parfois bien douteux pour que l'élève réussisse», exprime-t-elle. Aux États-Unis, cette approche de la réussite scolaire à tout prix a mené à bien des dérives, dit-elle. Des exemples pointent aussi au Québec. L'an dernier, la commission scolaire des Affluents, à Repentigny, avait abaissé le niveau de performance minimal pour passer de la 2e à la 3e secondaire, afin qu'un plus grand nombre d'élèves réussissent. 

Manque de moyens

«On exige des résultats, des notes, mais les écoles ont pas plus de moyens!» souligne Mme Scalabrini. Elle déplore également que le projet de loi ne réduise en rien «la paperasse» qu'un prof a à remplir et qu'il donne plus de pouvoir au conseil d'établissement d'une école. 

Selon elle, le conseil d'établissement, constitué de personnel scolaire et de parents, pourrait mettre son nez dans le projet éducatif de l'école, qui est à l'heure actuelle la prérogative des enseignants. 

Mme Scalabrini donne comme exemple le choix d'une école de ne pas enseigner l'anglais intensif en 6e année parce qu'elle compte trop d'élèves en difficulté d'apprentissage. Avec le projet de loi, le conseil d'établissement pourrait décider qu'il va quand même de l'avant, malgré l'opposition des profs.

Le projet de loi 86

Déposé en décembre dernier par François Blais, le projet de loi 86 vise à éliminer les commissaires scolaires élus et à les remplacer par un conseil scolaire composé de parents, de personnel des écoles et de membres de la communauté. Le projet de loi donne plus de pouvoir aux directions d'école, mais aussi au ministre de l'Éducation, au détriment des commissions scolaires.

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