Moreau pas pressé de réformer les commissions scolaires

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Le premier ministre Philippe Couillard à ses côtés, Pierre Moreau a tenu à souligner le «travail colossal» abattu par François Blais, son prédécesseur à l'Éducation dans l'écriture du projet de loi 86, dont il veut suivre les mêmes orientations.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) À sa première journée en chambre comme ministre de l'Éducation, Pierre Moreau a voulu faire preuve d'ouverture, se disant prêt à entendre tous les avis sur le projet de loi 86, quitte à retarder l'adoption de la vaste réforme libérale des commissions scolaires.

«L'objectif, c'est pas de savoir à quelle heure et à quelle date le projet de loi sera adopté. L'objectif, c'est d'adopter le meilleur projet de loi, en gardant l'orientation que nous avons, en rapprochant le pouvoir des écoles», a soutenu le ministre en impromptu de presse.

Questionné à savoir si les parents prendraient la place des commissaires scolaires dès  l'automne prochain, tel qu'il est prévu dans le projet de loi, le ministre a répondu qu'il était «trop tôt pour le dire». 

Les consultations sur le projet de loi 86, qui ont débuté mardi, pourraient aussi être plus longues que prévu. «Il y a beaucoup de gens qui souhaitent être entendus. Il y a des groupes qui veulent s'ajouter. Je suis très ouvert à ça», a-t-il lancé, promettant de leur tendre une oreille «respectueuse» et même de voir si le projet de loi «peut être amélioré».

Le premier ministre Philippe Couillard à ses côtés, M. Moreau a tenu à souligner le «travail colossal» abattu par François Blais, son prédécesseur à l'Éducation dans l'écriture de ce projet de loi, dont il veut suivre les mêmes orientations. Le projet de loi 86 prône la fin des élections scolaires au suffrage universel et le remplacement des commissaires scolaires par des parents bénévoles, du personnel des écoles et des membres de la communauté. 

Philippe Couillard soutient que même si l'adoption de ce projet prend un peu plus de temps que prévu, «on n'est pas en période d'attente» en éducation, promettant à nouveau un réinvestissement dans les écoles dès le prochain budget. 

Retards successifs

Alexandre Cloutier, du Parti québécois, déplore les retards successifs que connaît ce projet de loi, qui était déjà sur la table de travail d'Yves Bolduc, il y a plus d'un an. «J'ai déjà vu un ministre plus enthousiaste pour défendre un projet de loi.»

Pour Jean-François Roberge, de la CAQ, le projet de loi 86 est inutile, même qu'il «nuit». «On mobilise énormément d'acteurs, on crée énormément d'incertitude pour gagner quoi à terme? Pour gagner rien.»

Amaigri

Pierre Moreau a du s'absenter de l'Assemblée nationale pendant près de trois semaines, lui qui a été victime d'un malaise en plein remaniement ministériel, le 28 janvier. Il a depuis combattu un mystérieux virus et soutient que ça a été «un épisode un peu difficile» et qu'il revient en meilleure forme, quoi qu'amaigri.

«Moi qui pensais que la presse parlementaire était la chose la plus difficile à affronter, il y a des virus qui dépassent vos capacités!», a-t-il lancé aux journalistes.

Aucun impact sur la réussite, croit Égide Royer

Égide Royer est membre du Centre de recherche... - image 3.0

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Égide Royer est membre du Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire.

Professeur en adaptation scolaire à l'Université Laval, Égide Royer a étalé en commission parlementaire à quel point la situation des élèves québécois est critique et à quel point le projet de loi 86 n'aurait aucun impact sur leur réussite. Face à l'échec scolaire et à la sous-scolarisation «nous semblons avoir développé au Québec une tolérance à l'intolérable», a-t-il lancé. Il presse le gouvernement de changer ses priorités et propose de créer un Institut national en éducation, d'implanter la maternelle 4 ans à la grandeur de la province, de rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans (au lieu de 16 ans) et d'augmenter les exigences pour les étudiants en enseignement. M. Royer implore surtout le gouvernement de travailler en prévention, de faire des alliances avec les garderies et les centres de la petite enfance. «Il est plus facile de construire des enfants forts que de réparer des adultes brisés», a-t-il soutenu. Le ministre de l'Éducation Pierre Moreau lui a répondu que «le projet de loi 86, ça règlera pas tout, c'est vrai. Mais on est capables de travailler sur plus d'un plan à la fois».

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