Avenir incertain pour les organismes de lutte au décrochage

Le porte-parole du Chantier persévérance Saint-Sauveur/Saint-Roch, Webster, la chargée de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le porte-parole du Chantier persévérance Saint-Sauveur/Saint-Roch, Webster, la chargée de projet pour le Chantier, Léthicia Pilote, et le directeur général du Centre solidarité jeunesse, Éric Gaudreau, s'inquiètent pour l'avenir de leurs projets.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le Chantier persévérance Saint-Sauveur/Saint-Roch apprend aux jeunes à ne pas lâcher. Un enseignement qu'il devra mettre en pratique lui-même dans les prochains mois, alors qu'il redoublera d'efforts pour survivre. 

«Tout le travail est à faire pour l'an prochain», déplore Éric Gaudreau, directeur général du Centre solidarité jeunesse. L'enveloppe qui permet à l'organisme d'aider 125 jeunes à rester à l'école cette année est épuisée. Après le gala qui récompensera leurs efforts en mai, il n'y aura plus un sou disponible pour reprendre l'initiative en septembre.

«C'est près de 100 000 $ qui sera coupé l'an prochain», indique M. Gaudreau. Le Chantier était financé par la Conférence régionale des élus (CRE), une instance qui est disparue du paysage l'an dernier. 

Le constat est semblable un peu partout au Québec. Cette année, le gouvernement n'est pas partenaire des Journées de la persévérance scolaire, qui se tiennent jusqu'au 19 février. C'est la Fondation Lucie et André Chagnon qui a pris le relais, en injectant

500 000 $ pour la cause. Pour dire aux municipalités, aux gens d'affaires et aux parents qu'ils ont tous un rôle à jouer pour que les enfants réussissent. 

«La majorité du montant va aux organismes en région. On a fait une publicité nationale, mais elle est diffusée seulement dans les médias sociaux, question de réduire les coûts», explique François Lagarde, vice-président aux communications de la Fondation. 

Comme le révélait Le Devoir jeudi dernier, la Fondation a accepté de débloquer 3 millions $ en fonds transitoires depuis la fin du programme Réunir Réussir (R2) en septembre 2015, qu'elle pilotait conjointement avec le ministère de l'Éducation. «On n'aura jamais la capacité gouvernementale de tout soutenir ce qu'il y avait avant. Et de toute façon, je ne pense pas que les gens voudraient qu'une fondation se substitue à l'État», lance M. Lagarde. 

La Fondation Lucie et André Chagnon se garde bien toutefois de presser le gouvernement à reconduire les enveloppes telles quelles. «On est très mal placés pour dire au gouvernement quoi faire», indique M. Lagarde.

De son côté, le gouvernement n'a pas encore bougé, mais Catherine Poulin, attachée de presse du ministre de l'Éducation Pierre Moreau, se fait rassurante. «On est en train de redéfinir notre partenariat avec les organismes régionaux. La volonté est là et on travaille à voir comment on peut les soutenir», indique-t-elle, sans pouvoir confirmer de financement.

Prendre le taureau par les cornes

Alexandre Cloutier, porte-parole du Parti québécois en éducation, a quant à lui jugé urgent que le gouvernement agisse lors d'un point de presse lundi. «On veut que la totalité des enveloppes soit rétablie, parce que ça fonctionne! C'est pas comme si ça marchait pas.» Le député va jusqu'à réclamer «un plan pour la réussite scolaire au Québec». 

Manon Leclerc, coordonnatrice de l'ABC des Hauts-Plateaux, était à ses côtés pour lancer «un cri du coeur» pour la persévérance scolaire. Son organisme, tel que Le Soleil le décrivait la semaine dernière, offre des services de bibliomobile et de lecture partagée à Saint-Paul-de-Montminy, avec des résultats étonnants sur la réussite scolaire des élèves. 

La Fondation Lucie et André Chagnon rappelle que ces dernières années, grâce à de nombreux projets locaux, le Québec est passé de 69 % à 77 % de taux de diplomation des jeunes des réseaux public et privé. L'objectif est d'atteindre 80 % en 2020. 

Webster: bon en histoire, nul en maths

Pionnier du hip-hop québécois, Webster a «vécu la persévérance». Il adorait l'histoire et le français, mais avait beaucoup de difficulté en physique et en maths. «Il a fallu que je fasse de la récupération, il a fallu que je sois assidu», raconte le porte-parole du Chantier persévérance Saint-Sauveur/Saint-Roch.«Autour de moi, dans mon environnement, j'étais le seul qui s'en allait à l'université», raconte le natif de Limoilou, dont les amis ont presque tous décroché. Le musicien parle de «travail», «d'acharnement», des valeurs qui doivent être inculquées pour l'école et pour la vie en général. Webster donnera un spectacle gratuit vendredi à 19h au Patro Laval. Il aura auparavant soupé avec des jeunes candidats au Gala de la persévérance 2016, qui seront récompensés en mai s'ils poursuivent les objectifs qu'ils se sont donnés. «En général, c'est des jeunes qui sont peu ou jamais récompensés», explique Léthicia Pilote, chargée de projet pour le Chantier. Les objectifs de ces jeunes «à très haut risque de décrochage» peuvent simplement être de faire ses devoirs une fois par semaine, de lever la main en classe ou de se présenter à l'école tous les jours. Lors du gala, ces jeunes recevront un diplôme de réussite et une carte-cadeau devant parents et amis.

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