Premières-Seigneuries: les profs devront reprendre trois jours de grève

Au cours de l'automne, les enseignants de la... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Au cours de l'automne, les enseignants de la région de Québec ont pris part à quatre journées de grève générale.

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(Québec) La commission scolaire (CS) des Premières-Seigneuries a décidé de transformer ses trois journées pédagogiques flottantes en jours de classe, question de compenser les journées de grève des enseignants de l'automne dernier.

Dans une lettre envoyée aux parents jeudi, la commission scolaire indique que les 22 avril, 6 et 20 mai seront en fin de compte des journées de classe. Elle souhaite ainsi reprendre, en partie, les quatre jours de grève de 2015.

«À l'automne, on a eu beaucoup de questions des parents, à savoir si ces jours-là seront repris. Notre décision a été prise en fonction de notre mission, c'est-à-dire favoriser la réussite de nos élèves, surtout de nos élèves en difficulté, qui doivent bénéficier du maximum de jours de classe possible», soutient Martine Chouinard, secrétaire générale des Premières-Seigneuries.

La commission scolaire prétend que la convention collective locale qu'elle a signée avec les enseignants lui permet d'agir ainsi. Au cours de l'année, 20 journées pédagogiques sont prévues, mais 3 sont flottantes et peuvent être utilisées en cas de force majeure, de tempête ou autre. 

En temps normal, la commission scolaire attend la fin de l'hiver avant d'aviser les parents du sort de ces journées, qui dépendent souvent du nombre de tempêtes reçues. «On a décidé de le dire tout de suite, question que les gens soient informés d'avance», explique Mme Chouinard. 

Profs en colère

«J'ai pas besoin de vous dire que les gens sont choqués. Pour nous, c'est clairement un déni de notre droit de grève», a lancé en entrevue téléphonique Denis Simard, président du Syndicat de l'enseignement de la région de Québec. Il dit avoir eu plusieurs appels et courriels de membres en colère au cours de la journée.

Pour lui, cette décision est carrément «une gifle», qui arrive en pleine Semaine des enseignants. «Au Québec, on a statué que l'école, ce n'est pas considéré comme un service essentiel. Alors, ils ne peuvent pas faire indirectement, après coup, ce qu'ils ne peuvent faire directement», soutient M. Simard. 

Les avocats du syndicat étaient déjà au travail jeudi afin d'étudier si cette décision peut être contestée. «Ils nous enlèvent du temps de coordination et de correction. Et on s'entend que la matière qui était enseignée cet automne a déjà été reprise», ajoute M. Simard. 

Dans la région de Québec, les calendriers des commissions scolaires de la Capitale, des Découvreurs et des Navigateurs restent inchangés. Les jours de grève ne seront pas repris, car leurs conventions collectives locales ne leur permettent pas de faire une telle transformation. 

«Les journées de grève ne peuvent être considérées comme des journées de force majeure, car elles ont été annoncées», indique par exemple Louise Boisvert, porte-parole de la commission scolaire des Navigateurs. 

La Loi sur l'instruction publique prévoit 180 jours de classe. À l'automne, le ministère de l'Éducation avait statué qu'un jour de grève était considéré comme un jour de classe perdu, à moins d'une entente locale avec un syndicat.

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