Godbout offre 2000$ et les lunchs gratuits pour attirer les écoliers des autres villages

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La petite municipalité de Godbout, sur la Côte-Nord, offre 2000 $ sur deux ans et les repas du midi gratuits à tout nouvel élève qui s'inscrira à l'école Monseigneur-Labrie.

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Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Godbout) Godbout sort des sentiers battus pour assurer la survie de son école primaire, et tous les coups sont permis. La petite municipalité nord-côtière offre 2000 $ sur deux ans et le repas du midi gratuit afin d'attirer plus d'enfants à son école, quitte à faire dépérir les écoles des villages voisins, aux prises avec les mêmes difficultés.

Les élus municipaux viennent d'adopter un nouveau programme, nommé Accueil élèves-familles 2016-2020. Parmi les mesures de ce programme, Godbout s'engage à verser 1000 $ par année pendant deux ans aux parents de tout nouvel enfant inscrit à l'école Monseigneur-Labrie, que la famille habite à Godbout ou dans l'un des deux villages voisins, Franquelin à l'ouest et Baie-Trinité à l'est.

«Il faut être agressif, la situation le commande. On est toujours en mode survie», lance d'emblée la mairesse Nicole Champagne. «Il fallait le faire avant qu'une autre [municipalité] le fasse. On prend des risques, ça peut coûter cher à la municipalité, mais on voit ça positivement.»

Dans les prochains jours, la municipalité distribuera un dépliant faisant la promotion du programme Accueil élèves-familles dans tous les foyers entre Franquelin et Baie-Trinité. On peut y lire qu'outre les 2000 $ et les repas du midi gratuits, Godbout assurera la surveillance des enfants et remettra l'équivalent des droits de mutation (taxe de bienvenue) à toute nouvelle famille avec enfant nouvellement établie de manière permanente dans la localité de 300 âmes.

Meilleurs services

Selon la mairesse, l'objectif derrière ce programme est d'ultimement offrir de meilleurs services aux élèves. Actuellement, peu de ressources autres que des enseignants sont dévolues aux écoles de l'est de la MRC de Manicouagan en raison de leur petit nombre d'élèves. On compte actuellement 10 jeunes à l'école de Godbout, 20 à Baie-Trinité et seulement 6 à Franquelin.

«Si on consolide au moins une école à l'est de Baie-Comeau, les enfants auront droit à plus de services. Là, on n'a pas la masse critique pour ça, a soutenu la mairesse. Toute la Côte-Nord est en train de se dépeupler et c'est le bien-être des élèves qui est en jeu. C'est la réflexion qui nous a menés à ce programme.»

«On verra si ça fonctionne, mais on croit que la commission scolaire [de l'Estuaire] n'y verra aucun inconvénient», a ajouté Mme Champagne. La commission scolaire, nullement avisée à l'avance de cette offensive, a plutôt bien des réserves face au projet.

À la Fédération des commissions scolaires, on s'étonne aussi de cette mesure. «Habituellement, les enfants doivent fréquenter leurs écoles de bassin. S'il y a une dérogation, elle doit être donnée par la commission scolaire, a indiqué la porte-parole de la Fédération, Caroline Lemieux. Je comprends que les municipalités tentent d'innover pour attirer de nouveaux élèves, mais [la répartition des élèves] est une question du ressort des commissions scolaires.»

«Il faut être agressif, la situation le commande. On est toujours en mode survie. Il fallait le faire avant qu'une autre [municipalité] le fasse. On prend des risques, ça peut coûter cher à la municipalité, mais on voit ça positivement.»

Nicole Champagne
Mairesse

La commission scolaire doute

La commission scolaire de l'Estuaire ne condamne pas le village de Godbout, qui prend les grands moyens pour avoir plus d'élèves dans son école, mais s'interroge sur la manière de faire. L'organisation indique aussi qu'elle ne déboursera pas un sou pour le transport scolaire qui pourrait découler d'un changement d'école.

«On ne peut pas être contre les efforts d'une municipalité qui veut se prendre en mains, mais je ne suis pas sûr que ce programme porte ses fruits», a souligné le directeur général de la commission scolaire, Alain Ouellet. «Si Godbout attire de nouveaux citoyens avec des enfants, tant mieux pour eux et pour tout le monde, mais si c'est des élèves d'ailleurs...», a-t-il ajouté sans compléter sa phrase. 

Le directeur général soutient qu'il avait eu vent d'une éventuelle initiative de la municipalité en ce sens, mais assure avoir été avisé de la teneur exacte du programme que mardi. «Même la directrice de l'école de Godbout l'a appris aujourd'hui [mercredi]», a-t-il ajouté.

Pratique légale

D'après M. Ouellet, la responsabilité d'une commission scolaire est d'organiser les services de façon à permettre à un jeune d'aller à l'école la plus près de sa résidence. Toutefois, la loi permet aux parents d'inscrire leur enfant à l'école de leur choix, pourvu qu'il y ait de la place et que ça n'engendre pas de coûts supplémentaires à la commission scolaire. «Mais c'est le choix des parents et en conséquence, ce sont eux qui assument le transport de leur jeune», précise-t-il.

Les parents de 10 jeunes d'âge primaire de Franquelin sont déjà dans cette situation. Plutôt que de fréquenter l'école de leur village, l'école Père-Duclos, ils vont à l'école à Baie-Comeau, 25 kilomètres à l'ouest. Le transport de ces jeunes n'est toutefois pas assuré par la commission scolaire, mais par les parents. Il y a donc plus de jeunes de Franquelin qui étudient à Baie-Comeau plutôt qu'au village (10 contre 6).

Le sort de l'école Père-Duclos pourrait d'ailleurs se jouer dans les prochains jours, le conseil des commissaires ayant à prendre une décision concernant son avenir. Et si jamais l'école venait à fermer, ça n'apportera pas de l'eau au moulin du projet de Godbout, fait valoir Alain Ouellet en conclusion. «Si jamais l'école fermait, on devrait alors obligatoirement organiser le transport scolaire, et ce serait en direction de Baie-Comeau puisqu'il y a déjà 10 jeunes sur 16 qui vont à Baie-Comeau.»

Le maire de Franquelin, Michel Lévesque, n'a pas donné suite aux appels du Soleil.

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