Les écoles privées aussi dans le rouge

Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d'enseignement privé, et Pierre Emmanuel Paradis, économiste

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les écoles publiques ne sont pas seules à avoir de la difficulté à joindre les deux bouts : la grande majorité des écoles privées sont aussi dans le rouge, soutient la Fédération des établissements d'enseignement privé (FEEP).

Alors que dans le réseau public, les écoles présentent des déficits d'environ 500 $ par élève, au privé, le déficit est en moyenne de 400 $ par élève. 

«Ça peut surprendre, parce qu'un des grands mythes de l'école privée, c'est que tout est au beau fixe, qu'il y a des files d'attente, qu'elles nagent dans l'argent, les surplus, alors que c'est totalement faux», soutient Pierre Emmanuel Paradis, économiste et président de la firme AppEco, qui a été mandaté par la FEEP pour réaliser une étude sur la situation des écoles privées au Québec.

Ce constat ne surprend toutefois pas Jean-Marc St-Jacques, président de la FEEP. «Certaines écoles ont baissé les salaires des enseignants et ont mis plus d'élèves par classe; d'autres ont retardé les travaux d'entretien de leurs bâtiments. On ne sait plus quoi faire, sauf couper les services», exprime-t-il.

«Élastique étiré au maximum»

Pourquoi ne pas augmenter les droits de scolarité? «Les parents ne sont plus capables. L'élastique est étiré au maximum.»

Dans son étude, M. Paradis évalue que 59 % des parents qui envoient leurs enfants à l'école privée gagnent moins de 100 000 $ par année en salaire familial. «L'école privée n'est plus l'affaire d'une élite très riche et au-dessus de tout», soutient M. St-Jacques. 

La plupart des écoles privées étant des organismes à but non lucratif, elles reçoivent des subventions de l'État. L'étude intitulée Analyse de la contribution économique des établissements d'enseignement privés au Québec établit que le financement public représente 44 % du budget des écoles privées, comparativement à 87 % du budget des écoles publiques. 

Ce chiffre contredit les conclusions d'un comité de travail, présidé par Pauline Champoux-Lesage, qui avait estimé au printemps 2014 que les écoles privées étaient financées à 75 % par l'État. La FEEP soutenait alors que cette estimation ne concernait que les frais éducatifs et non l'ensemble des frais, comme l'entretien des bâtiments. 

Diminuer les subventions aux écoles privées, comme le gouvernement avait tenté de le faire il y a deux ans, ne serait pas un bon calcul, estime M. St-Jacques. «Si on augmentait de 15 % les frais de scolarité, il y aurait grosso modo une diminution de la fréquentation des écoles privées de 15 %», dit M. Paradis, en se fiant aux prédictions de son étude. Ces enfants qui quitteraient l'école privée se retrouveraient sur les bancs de l'école publique et coûteraient ainsi plus cher au gouvernement. 

Pour pallier leurs difficultés financières et une clientèle en baisse, les écoles privées du Québec suggèrent de prendre plus d'enfants en difficulté d'apprentissage dans leurs rangs. En échange, elles demandent au gouvernement un financement accru pour les accueillir. De 44 % de la facture, l'État pourrait par exemple en payer 50 % ou 60 %, suggère M. St-Jacques. «D'un côté, on contribuerait à les former en cinq ou six ans, mais de l'autre côté, le gouvernement sauverait dans ses services publics.»

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