Le recteur Brière réticent à hausser les droits de scolarité des étudiants étrangers

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Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière

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(Québec) Alors que Québec s'apprêterait à demander aux universités québécoises de faire de nouvelles compressions, le recteur de l'Université Laval Denis Brière se montre peu enclin à refiler la facture aux étudiants étrangers.

«Il y a des universités anglophones qui veulent ça, parce qu'ils ont des étudiants étrangers qui ont plus les moyens. C'est sûr que moi, augmenter les frais de scolarité des Éthiopiens, des Africains, je peux pas faire ça demain matin», a soutenu M. Brière en marge du conseil universitaire mardi.

Selon le recteur, même une hausse de 10 à 15 % des droits d'inscription pourrait affecter la clientèle internationale de son université. «Si on fait ça, ils vont aller dans les universités américaines, ça va être à peu près égal», affirme-t-il. M. Brière ne croit pas non plus que les autres universités francophones en région soient «favorables à une telle mesure».

Le recteur réagissait à un texte de La Presse, qui affirmait mardi que les universités québécoises devraient faire face à une nouvelle ronde de compressions budgétaires en 2016-2017, lesquelles seraient chiffrées lors du prochain budget. Le gouvernement leur permettrait toutefois d'éponger le manque à gagner en haussant jusqu'à 25 % les droits de scolarité des étudiants étrangers.

L'Université Laval compte 6500 étudiants étrangers qui paient déjà entre 16 000 $ et 20 000 $ par année, si leur pays n'a pas d'entente particulière avec le Québec ou l'institution. En comparaison, les étudiants québécois paient environ 3000 $ par année. 

M. Brière précise toutefois qu'il n'a pas encore eu d'annonce ferme qu'il y aurait des compressions. «Je n'ai aucune indication présentement du montant que ça représenterait pour nous. Ils peuvent en discuter, comme ils en discutent à chaque budget, mais pour le moment je n'ai pas assez d'information.»

Nouveau ministre

Catherine Poulin, l'attachée de presse du ministre de l'Éducation Pierre Moreau, soutient que de nouvelles compressions sont «un scénario parmi d'autres», mais qu'«aucune décision n'a été prise». M. Moreau est encore en congé de maladie pour quelques jours.

Le recteur Brière ne connaît pas beaucoup le nouveau ministre de l'Éducation Pierre Moreau, mais il se montre très ouvert à travailler avec lui. «Je lui ai écrit une lettre disant que nous, on est là pour collaborer avec le gouvernement et les ministres qui sont là», dit-il. 

Il refuse toutefois de commenter le départ de François Blais, évincé du ministère de l'Éducation. M. Brière a eu des relations houleuses au cours de la dernière année avec M. Blais, notamment sur la question des bonis d'après-mandat des dirigeants de l'université. M. Blais est aussi son ex-rival dans la course au rectorat. «J'ai pas à juger de la performance d'un ministre, ce n'est pas ma job», lance-t-il.

Nouveau diplôme en agriculture, alimentation et société

Bien-être animal, organismes génétiquement modifiés (OGM), aliments fonctionnels, engrais chimiques : les sujets sensibles sont nombreux quand on touche à l'assiette des Québécois. C'est pourquoi l'université Laval a entériné mardi la création d'un nouveau Diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en agriculture, alimentation et société, qui permettra aux professionnels du secteur d'enrichir leurs connaissances et de penser aux aspects politiques, humains, éthiques et culturels de leurs décisions. «On veut enseigner une approche plus globale et interdisciplinaire», soutient Jean-Claude Dufour, doyen de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation. Ce diplôme, qui était réclamé depuis de nombreuses années par l'Ordre des agronomes, permettra à l'Université Laval de consolider sa position comme chef de file dans ce domaine. L'institution est par exemple la seule au Canada à former des ingénieurs alimentaires. «On pense que ça va être un bon vendeur», lance M. Dufour. 

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