Éducation: enfin le bon ministre?

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Pierre Moreau hérite de l'Éducation. Il devient le troisième ministre à occuper ce siège depuis l'élection du présent gouvernement, en 2014.

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(Québec) «Cette fois-ci doit être la bonne.»

Le communiqué de presse de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) tenait en sept petits mots. Cette réaction à la nomination de Pierre Moreau à l'Éducation résume toutefois bien l'état d'esprit du réseau.

Les ministres se sont succédé à un rythme effréné sur ce siège. Pierre Moreau devient le troisième à l'occuper depuis l'élection des libéraux, et le sixième depuis 2012. Yves Bolduc était resté 10 mois avant de démissionner avec fracas, tandis que François Blais n'aura duré que 11 mois.

S'il «veut réussir dans ce ministère coupe-gorge, qui dévore ses ministres les uns après les autres, il doit écouter la base, les gens qui travaillent sur le terrain», avertit Sylvain Malette, président de la FAE.

«Il doit cesser d'écouter les idéologues du ministère de l'Éducation, des gens qui n'ont pas mis les pieds sur le terrain depuis 20 ans des fois, et qu'il s'appuie sur l'expertise des profs», martèle M. Malette, qui représente les 34 000 enseignants qui n'ont pas encore signé de contrat de travail avec le gouvernement.

Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), espère qu'enfin, l'éducation deviendra la grande priorité du gouvernement. «On a besoin d'un nouveau souffle en éducation. J'espère qu'il prendra le temps d'écouter pour cerner où sont les vrais problèmes en éducation et qu'il s'y attaque», lance-t-elle, faisant référence aux enfants en difficulté d'apprentissage et au décrochage scolaire.

Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), n'a pas peur du style de Pierre Moreau, reconnu pour avoir brassé la cage aux Affaires municipales, notamment dans le dossier des régimes de retraite des employés municipaux. «Si cet homme-là a effectivement une bonne poigne ou une grande rigueur dans le travail, souhaitons que ce soit en faveur de la réussite des élèves», commente-t-elle. Louise Chabot est plus craintive. «En éducation, ça prend une attitude d'ouverture», prévient-elle.

Projet de loi 86

Ce changement de garde survient alors que les consultations sur le projet de loi 86, le bébé de François Blais, allaient débuter. Ce projet de loi qui abolit les élections scolaires et confie les rênes du pouvoir aux parents, aux membres de la communauté et au personnel des écoles est loin de faire l'unanimité.

La CSQ, la FAE et la FCSQ réclament la suspension pure et simple des travaux, tandis que l'Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE) et la Fédération des comités de parents (FCPQ) souhaitent qu'ils puissent se tenir le plus promptement possible. «Nous étions sur le point d'entendre plusieurs groupes qui avaient des positions éclairantes pour bonifier le projet de loi 86 qui plaçait enfin l'école au centre de la réussite de ses élèves», indique Danielle Boucher, présidente de l'AQPDE.

«Le premier ministre a dit qu'il était important que le travail continue. Il y a des changements demandés depuis plusieurs années dans ce projet de loi là, alors il ne faut pas arrêter le processus», croit pour sa part Corinne Payne, présidente de la FCPQ.

Pour l'heure, l'Assemblée nationale a annulé les activités de la première semaine de consultation. Le tout devrait reprendre le 8 février.

Pertinence des cégeps

Originaire de Verchères, Pierre Moreau, 58 ans, a pratiqué le droit avant d'entrer en politique. Il a très peu parlé d'éducation dans ses sorties publiques passées, sauf lors d'un débat en 2013, alors qu'il affrontait Philippe Couillard pour devenir chef du Parti libéral du Québec. Il se questionnait alors sur la pertinence des cégeps. Des déclarations passées qui inquiètent la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui somme le ministre de «s'engager à maintenir le réseau collégial». «Ça fait plusieurs années déjà et ce n'est pas le premier à émettre des questionnements», soutient pour sa part Bernard Tremblay, pdg de la Fédération des cégeps, loin d'être inquiété.

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