Retour à la normale dans les écoles touchées par le drame du Burkina Faso

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La classe de Maude Carrier, enseignante à l'école Cardinal-Roy, redevient une salle de classe comme les autres à partir de jeudi matin. Mercredi midi, les élèves ont tenu une courte cérémonie en son honneur dans ce lieu qui était devenu un endroit de recueillement.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Après deux jours de deuil dans les trois écoles de Québec touchées par l'attentat au Burkina Faso, le retour à la routine sera presque complet jeudi.

«Je pense qu'il faut que ça revienne vite à la normale. Faut un peu forcer ça si on peut dire. Une fois qu'on a dit la nouvelle, qu'on l'a accueillie, il faut vite se replonger dans l'action, dans le quotidien, pour ne pas se laisser envahir par l'anxiété», explique la psychologue Nathalie Turmel, qui a aidé le personnel et les élèves de l'école secondaire Jean-de-Brébeuf depuis lundi.

C'est pour cette raison que la classe de Maude Carrier, enseignante à Cardinal-Roy, redevient une salle de classe comme les autres à partir de jeudi matin. Mercredi midi, les élèves ont tenu une courte cérémonie en son honneur dans ce lieu qui était devenu un endroit de recueillement, avant de déplacer les fleurs, objets et autres petits mots à l'entrée de l'école. Les élèves ont également été avertis que les livres de témoignages et de condoléances resteront jusqu'à la fin de la semaine dans les écoles, avant d'être remis aux familles.

Rencontrée dans son bureau de Sainte-Foy, Mme Turmel reste disponible, comme 12 autres de ses collègues, pour prêter main-forte aux écoles sur demande, cette semaine et les suivantes. «On va exercer une vigie, parce que les émotions ne sortent pas nécessairement toutes la première journée.»

Vêtus de noir

Plusieurs élèves des écoles Cardinal-Roy, Jean-de-Brébeuf et Boudreau s'étaient passé le mot pour s'habiller en noir lors du retour en classe, mardi matin. «La plupart étaient habillés chic, comme pour une cérémonie officielle», raconte Mme Turmel. Lors de la première période de la journée, ils ont tous eu droit au même message diffusé à l'intercom. «Même si 99 % des jeunes étaient au courant de la nouvelle, on ne voulait pas que les enseignants aient à l'annoncer. Et on voulait dire les faits», explique-t-elle.

Ensuite, les enseignants étaient libres de laisser les élèves s'exprimer ou leur dire qu'ils n'étaient pas à l'aise d'animer une telle causerie. Dans ce cas, les jeunes pouvaient sortir de la classe et s'adresser à un animateur de vie communautaire, spirituelle, à un psychoéducateur ou à un psychologue. Les spécialistes ont arpenté les corridors, la cafétéria et la salle du personnel des établissements.

Une équipe de profs suppléants était aussi disponible sur place pour prendre la relève de tout enseignant qui aurait flanché ou senti le besoin de prendre une pause, soit pour une période ou pour la journée.

«Ça a quand même bien été. Moi, ce que j'ai vu, c'est un grand mouvement humain qui va au-delà de l'école. Tout le monde s'est serré les coudes», exprime-t-elle. Même les élèves ont été moins turbulents en classe. «Les profs nous ont dit après la première journée : "Ils ont été fins avec nous autres, c'est fou!" Les jeunes savaient que leurs profs étaient chamboulés aussi.»

Mme Turmel est heureuse que la commission scolaire ait décidé de fermer deux des trois écoles touchées par le drame lundi. «Ça nous a permis de sécuriser les profs et d'accueillir les élèves plus convenablement. C'était la première fois qu'on avait à vivre autant de deuils en même temps dans nos écoles.»

Six Québécois de la région de Québec ont perdu la vie le 15 janvier dans un attentat terroriste à Ouagadougou. Quatre d'entre eux étaient liés au monde de l'éducation. Maude Carrier était enseignante à l'école Cardinal-Roy. Son père, Yves Carrier, a été directeur adjoint de l'école Jean-de-Brébeuf. Louis Chabot enseignait à l'école Boudreau, et Suzanne Bernier était une retraitée de la commission scolaire de la Capitale. Les deux autres victimes sont Gladys Chamberland, conjointe d'Yves Carrier, et leur fils, Charlelie Carrier.

La psychologue Nathalie Turmel reste disponible, comme 12 autres... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 2.0

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La psychologue Nathalie Turmel reste disponible, comme 12 autres de ses collègues, pour prêter main-forte aux écoles sur demande, cette semaine et les suivantes.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Comment agir avec un adolescent en situation de deuil?

L'écouter et le rassurer. «Il faut lui dire qu'on est là pour lui, qu'il est en sécurité.»

Dire la vérité. «C'est très important. On ne peut pas mentir ou cacher des choses comme on est tenté de le faire avec de jeunes enfants.»

Être authentique. «Ce qu'il y a de particulier avec les adolescents, c'est qu'ils vont le sentir si on ne feele pas. Il ne faut pas tenter de cacher nos propres émotions.»

Propos de la psychologue Nathalie Turmel recueillis par Patricia Cloutier

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