Hommage à une prof «unique»

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Des élèves de Maude Carrier se sont présentés lundi pour vivre le deuil d'une enseignante qu'ils aimaient et respectaient. Certains en ont profité pour exprimer leurs sentiments par écrit et apporter des fleurs en mémoire de la disparue.

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(Québec) Des élèves de l'école Cardinal-Roy ont tenté de remplir une partie du vide créé par le décès tragique de leur enseignante, Maude Carrier, tuée comme cinq autres Québécois, vendredi, dans un attentat au Burkina Faso. Même si les cours étaient suspendus, lundi, une cinquantaine d'entre eux sont passés en classe lui rendre hommage.

Elle ne s'y rendra plus jamais, mais son âme abritera encore longtemps le local où elle donnait ses cours de français. Au mur, un diaporama montre Mme Carrier, tantôt tenant un bébé dans les bras, tantôt couverte de boue pendant une activité sportive. Bref survol d'une vie bien remplie, mais combien trop courte.

Sur les bureaux, des fleurs trônent en sa mémoire. La décoration générale est comme elle, selon ce qu'on peut lire des témoignages laissés : «unique». Des cordes sur lesquelles sont épinglés des pensées, des travaux et des mots d'encouragement pendent au travers de la classe.

Et surtout, il y a ce petit drapeau du Québec sur lequel on peut lire un texte de Gilles Vigneault : «La francophonie, c'est un vaste pays, sans frontières. C'est celui de la langue française. C'est le pays de l'intérieur. C'est le pays invisible, spirituel, mental, moral, qui est en chacun de vous.»

Lundi, c'est avec ces mots qu'elle leur enseignait que les élèves se sont exprimés. Faute de pouvoir le lui dire, ils lui ont écrit combien ils l'aimaient. «En partant, nous laissons derrière nous ce que nous avons apporté aux autres.» «Malgré votre départ, il y aura toujours une place pour vous dans nos coeurs.»

Au moment du passage du Soleil, des filles de l'équipe de nage synchronisée ont écourté leur entraînement quelques minutes pour exprimer leur peine et leur reconnaissance envers Mme Carrier. Elle-même a fréquenté l'établissement avec sa jumelle, Fanny. Elle était alors inscrite en sport-études badminton, raconte un collègue.

Celui-ci confirme que la journée de lundi a été difficile. Les cours étaient suspendus, mais les portes de l'établissement demeuraient ouvertes pour échanger avec le personnel enseignant et les préparer au barrage de questions qu'ils pourraient devoir affronter.

«La commission scolaire est sous le choc, a lancé le secrétaire général de la CS de la Capitale, Éric Parent, plus tôt en journée. Ça vient nous chercher parce qu'on travaille tous à travers une même mission», a-t-il ajouté, visiblement ému par le décès tragique de quatre membres du personnel, actuels et anciens, de la commission scolaire.

Les 28 000 élèves et 5000 membres du personnel de la commission scolaire de la Capitale observeront une minute de silence mardi en mémoire des enseignants et collègues tués dans l'attentat de vendredi au Burkina Faso.

Psychologues déployés dans les écoles touchées

Le secrétaire général de la Commission scolaire de... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 3.0

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Le secrétaire général de la Commission scolaire de la Capitale, Éric Parent, a expliqué qu'une dizaine d'élèves étaient présents en matinée malgré la suspension des cours. Ils voulaient parler de l'attentat.

Le Soleil, Patrice Laroche

Une douzaine de psychologues sont déployés dans trois établissements touchés pour aider le personnel et les élèves. La journée de lundi a permis d'échanger avec les enseignants. Il leur sera ensuite plus facile de discuter avec les élèves lors du retour en classe.

«Nous devons supporter nos employés et nos élèves qui sont visés par centaines par ces événements, explique le secrétaire général de la CS de la Capitale, Éric Parent. Il faut les préparer [les enseignants] pour être capable de répondre aux élèves. Sinon de poser les bonnes interventions en termes d'écoute, d'accueil des commentaires, de respecter les silences. On va avoir du personnel dédié qui va être réceptif aux réactions des élèves.»

Il enchaîne. «Nos enseignants sont devant des dizaines d'élèves et parfois il y a des questions qui sont d'une franchise désarmante. Il faut savoir y répondre [...] Ce n'est pas de savoir le fin détail de la mort, mais beaucoup plus de savoir que c'est à travers un geste barbare que tout a eu lieu. Et à travers des personnes qui donnaient du temps de leur vie aux autres.»

Outre à Cardinal-Roy, où enseignait Maude Carrier, les cours étaient aussi suspendus à l'école secondaire Jean-de-Brébeuf, où a déjà enseigné Mme Carrier, et où enseigne toujours son conjoint, Yves Richard. C'est dans ce même établissement qu'une autre victime, Yves Carrier, le père de Maude, a été directeur adjoint.

Seule l'école Boudreau, où enseignait Louis Chabot, autre enseignant actif tué au Burkina Faso, est demeurée ouverte lundi parce que des examens du ministère y étaient prévus. La soeur jumelle de Maude, Fanny, y travaille. La quatrième victime du monde de l'enseignement, Suzanne Bernier, était retraitée de la CS de la Capitale.

Pour le secrétaire général, les trois premiers jours du retour sont cruciaux. Le support psychologique y sera plus intensif, mais demeurera disponible aussi longtemps que nécessaire. «On regarde avec des organismes externes comment on peut soutenir nos jeunes sur une plus longue durée», précise M. Bertrand.

Les deux autres victimes québécoises de l'attentat sont la conjointe d'Yves Carrier, Gladys Chamberland, qui travaillait au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, et leur fils, Charlelie Carrier, 21 ans.

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