Attentat au Burkina Faso: onde de choc à la Commission scolaire de la Capitale

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La commission scolaire de la Capitale a annoncé dimanche que des psychologues seront déployés dès lundi dans les milieux concernés «afin d'offrir un soutien psychologique aux élèves».

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(Québec) Les décès de six Québécois dans l'attentat terroriste perpétré vendredi à Ouagadougou, au Burkina Faso, ont créé une onde de choc à la commission scolaire de la Capitale. Quatre disparus y ont oeuvré ou y travaillaient toujours, laissant ainsi des collègues, des amis et des élèves dans le deuil.

Ce qui avait les apparences d'un drame lointain comme il s'en produit trop souvent a rapidement pris une tournure locale, samedi. Le premier bilan faisait état de six Canadiens tués parmi les 29 morts causées par les assaillants d'Al-Qaida à l'hôtel Splendid et au café Cappuccino d'Ouagadougou. Puis les six Canadiens sont devenus six Québécois, et enfin six résidents de Québec.

La réalité a frappé encore plus durement à la commission scolaire de la Capitale lorsque les noms des victimes se sont mis à circuler. À commencer par ceux d'Yves Carrier, ancien directeur adjoint de l'école secondaire Jean-de-Brébeuf, voisine du Cégep Limoilou, et de sa fille, Maude Carrier. Cette dernière a travaillé dans cette même école dans le passé et enseignait maintenant le français à l'école Cardinal-Roy.

Le drame fait d'autant plus mal que le conjoint de Mme Carrier travaille actuellement à Jean-de-Brébeuf. Il perd à la fois des membres de sa famille, des proches et des amis dans la tragédie.

«C'est avec consternation que nous avons appris samedi la mort tragique de madame Maude Carrier, enseignante de notre commission scolaire et conjointe de monsieur Yves Richard, enseignant de notre école. Mme Carrier, ainsi que son père, Yves Carrier, directeur adjoint retraité de Jean-de-Brébeuf, figurent au nombre des six coopérants de la région de Québec victimes des attentats perpétrés au Burkina Faso», a confirmé Natalie Bonenfant, directrice de l'école Jean-de-Brébeuf, dans une lettre aux parents diffusée sur Facebook dimanche après-midi. «Nos pensées se sont immédiatement dirigées vers les membres de la famille, à qui nous offrons nos plus sincères condoléances.»

Louis Chabot, une autre victime et un bon ami des Carrier, a lui aussi enseigné à Jean-de-Brébeuf. Il oeuvrait aujourd'hui à l'école secondaire Boudreau, un établissement pour les élèves âgés de 16 ans et plus situé près du centre commercial Fleur de Lys.

Quant à Suzanne Bernier, qui accompagnait tout ce beau monde dans ce voyage d'aide humanitaire en Afrique, elle a déjà été directrice des écoles fusionnées Saint-Albert-le-Grand et Saint-Paul-Apôtre, dans Limoilou. Amie de la famille Carrier, elle avait pris sa retraite en 2010. Elle est aussi morte vendredi.

Activités suspendues

Nombre d'enseignants et membres du personnel toujours actif à la commission scolaire ont côtoyé les Carrier, M. Chabot ou Mme Bernier. L'onde de choc est telle que l'état-major a décidé de suspendre les activités prévues lundi dans certains des milieux touchés.

«Compte tenu de l'impact de ces événements sur les membres du personnel de même que sur certains élèves, notez que les cours seront suspendus lundi 18 janvier à l'école secondaire Cardinal-Roy, de même qu'à l'école secondaire Jean-de-Brébeuf, [...] afin de nous permettre la mise en place de mesures de soutien pour le personnel», a annoncé la commission scolaire de la Capitale en milieu de journée. «Tous les élèves qui en ressentent le besoin seront accueillis à l'école et recevront l'aide et le soutien nécessaires par les professionnels en place.»

Si des élèves ont perdu leurs professeurs, ce sont surtout les collègues des disparus qui ont de la difficulté à vivre le drame. «Concrètement, ce sont surtout les enseignants qui sont affectés [plutôt] que les élèves», a souligné Marie-Élaine Dion, porte-parole de la commission scolaire.

À l'école Boudreau, les examens du ministère prévus à l'horaire sont maintenus, mais des intervenants seront sur place pour épauler le personnel.

Les horaires réguliers doivent reprendre aussi tôt que mardi, toujours sous l'encadrement de spécialistes. Une minute de silence doit être observée dans chaque école affectée lors du retour en classe. Une élève a proposé à ses camarades de se vêtir de noir, mardi, afin de manifester leur deuil et leur sympathie pour les familles des victimes.

En plus des quatre professionnels de l'éducation, Gladys Chamberland, conjointe d'Yves Carrier, et Charlelie Carrier, leur fils, sont morts dans l'attentat.

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