Plusieurs parents d'autistes obligés de se battre

Michel Labonté... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Michel Labonté

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Même s'il est tout fin seul dans son combat juridique contre la commission scolaire de la Capitale, Michel Labonté sait que plusieurs autres parents d'enfants autistes ont été obligés, comme lui, de se battre pour avoir accès à des services. «On veut faire jurisprudence pour tous ceux qui vont suivre», lance-t-il.

Selon ses calculs, au moins 13 autres jeunes autistes étaient dans la même situation que son fils en 2012 et attendaient d'avoir une place en classe spécialisée à la commission scolaire de la Capitale. Selon la requête déposée à la cour, M. Labonté prétend qu'il aura fallu trois ans «d'acharnement» avant que son garçon puisse avoir accès à la classe Le Petit Prince, spécialisée en autisme.

«Je veux dire à la communauté autistique qu'il y a moyen de se défendre et qu'il faut le faire.» M. Labonté publiera jeudi ses «astuces» pour faire reconnaître ses droits devant une commission scolaire dans son nouveau site Web www.tedalecole.org.

Dans sa poursuite de 600 000 $, M. Labonté reproche à la commission scolaire de la «négligence grossière», de même que des «supercheries et des mensonges». La requête parle «d'une «discrimination systémique des enfants handicapés» au sein de la commission scolaire de la Capitale.

Dans toute la province

Un constat que partage Jean-François Roberge, porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière d'éducation, mais à l'échelle de la province. «J'ai rencontré plusieurs parents d'autistes qui étaient exaspérés, à bout de souffle», dit celui qui en a fait un cheval de bataille dans la dernière année. «C'est pas normal de se battre contre un monstre bureaucratique. La machine est au service de la machine, et on oublie l'élève», lance-t-il.

Jo-Ann Lauzon, directrice générale de la Fédération québécoise de l'autisme (FQA), abonde dans le même sens. «Le taux de prévalence de l'autisme augmente, mais au Québec, on est dans une ère de coupures. Alors, c'est sûr que ça ne balance pas», exprime-t-elle.

Au Canada, l'autisme touche 1 enfant sur 94, mais les données américaines les plus récentes font plutôt état de 1 enfant sur 68.

En se basant sur le cas de Benjamin, 11 ans, de la Montérégie, la FQA a lancé une pétition cet automne pour qu'on cesse d'expulser les autistes des écoles. «Dans le cas de Benjamin, on l'a suspendu sans date de retour et on lui offrait à la place une heure de scolarisation par jour à la maison. Mais les parents se sont battus, et il va maintenant dans une nouvelle école, où tout va bien depuis septembre», raconte Mme Lauzon.

Selon elle, près d'une centaine d'enfants autistes sont présentement dans cette situation; obligés d'être scolarisés à la maison. Une situation «déplorable», ajoute-t-elle, «parce que plusieurs autistes ont un énorme potentiel pour les études».

Selon M. Roberge, le ministre de l'Éducation François Blais est «imputable» de cette situation. M. Blais n'a pas voulu commenter le cas précis de M. Labonté, mais par la voix de son attachée de presse Julie White, il a indiqué au Soleil que le budget de 2,3 milliards $ alloué aux élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage avait été placé à l'abri des compressions. «Ce sont les commissions scolaires qui font leurs choix», ajoute-t-elle.

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