Plus de qualité dans les CPE, révèle une étude

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Chez les 18 mois à 5 ans, les CPE et les garderies non subventionnées obtiennent respectivement la mention «bon ou excellent» à 45 % contre 10 %, «acceptable» à 51 % contre 53 %, et «insatisfaisant» à 4 % contre 36 %.

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(Québec) Quoi qu'en dise la ministre de la Famille, la qualité des services offerts dans les centres de la petite enfance (CPE) déclasse celle que l'on retrouve dans les garderies non subventionnées, révèle l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Une trentaine de personnes formées par des spécialistes en service de garde ont été déployées à travers le Québec dans différents services de garde pour des journées d'observation. «Plus de 1000 items devaient être observés lors d'une journée», explique Nathalie Audet, coordonnatrice du projet à l'ISQ. 

L'enquête Grandir en qualité 2014, qui met à jour un exercice similaire mené en 2003, sépare les résultats en deux catégories d'enfants : les poupons et les 18 mois à 5 ans. Dans les deux cas, le bulletin des garderies privées apparaît pâle en comparaison de celui des CPE. 

Ainsi, chez les poupons, l'ISQ juge la qualité d'ensemble «acceptable» au privé. Mais, derrière la moyenne, le niveau de l'indice de qualité est jugé «insatisfaisant» dans 41 % des endroits observés. Il est «acceptable» pour 52 % des garderies privées et «bon ou excellent» pour 7 % seulement d'entre elles. De leur côté, les CPE obtiennent la mention «bon ou excellent» à 67 %, contre 31 % qui sont «acceptables» et 2 %, «insatisfaisants».

Des «lacunes» ont été observées au privé, notamment par rapport à «l'hygiène et à la sécurité». «Le lavage des mains des éducatrices et des poupons n'est pas assez fréquent», peut-on lire entre autres choses. 

Chez les 18 mois à 5 ans, le tableau se répète. Les CPE et les garderies non subventionnées obtiennent respectivement la mention «bon ou excellent» à 45 % contre 10 %, «acceptable» à 51 % contre 53 %, et «insatisfaisant» à 4 % contre 36 %. 

Réputation «entachée»

La directrice du Regroupement des garderies privées du Québec, Julie Plamondon, trouve «dommage» que certains établissements privés viennent entacher la réputation des autres. «Il y a des services à 62 $ par jour qui font du meilleur travail que les CPE, plaide Mme Plamondon. Mais à 30 $ ou 35 $ par jour, on ne peut pas vraiment donner un service de super qualité. [...] Malheureusement, quand on ne paie pas beaucoup, on a la qualité qui va avec.»

Début septembre, après une sortie de l'Association québécoise des CPE (AQCPE), la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, avait assuré qu'elle ne s'inquiétait pas que de plus en plus de parents se tournent vers les garderies commerciales. «Je vous assure que les normes sont les mêmes», a-t-elle déclaré. «Pour nous, c'est la même chose», a ajouté Mme Charbonneau. 

Lundi, à son cabinet, l'attaché de presse Salim Idrissi a noté que la ministre discuterait des conclusions de l'étude et des suites à y donner avec les partenaires du réseau. «Aujourd'hui, nous, on prend acte de l'enquête», a indiqué M. Idrissi. 

À l'AQCPE, la directrice de la qualité des services éducatifs, Geneviève Bélisle, s'inquiète de la situation constatée au privé par l'ISQ. «Surtout en pouponnière, ce sont des enfants qui ont besoin d'une grande qualité d'intervention et relationnelle, dit-elle. La ministre a dit que la qualité était pareille dans tous les modes de garde. Là, on voit encore qu'il y a de grandes différences.» L'association déplore que la nouvelle grille tarifaire et la bonification des crédits d'impôt amènent des parents à privilégier le privé. 

Les services en milieu familial et les garderies commerciales subventionnées n'ont pas été évalués en raison d'un trop faible échantillonnage. En guise de moyen de pression, l'Association des garderies privées avait appelé ses membres à boycotter l'enquête. 

Mme Plamondon, du Regroupement des garderies privées, s'étonne par ailleurs que les CPE ne soient pas parvenus à s'améliorer davantage depuis l'étude de 2003. À l'AQCPE, on met sur le compte de compressions «d'un demi-milliard en 10 ans» et de l'incapacité à offrir plus de formation la faible progression de la dernière décennie.

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