François Blais promet 600 professeurs de plus dès cet hiver

Dès janvier, les postes pourront être graduellement affichés.... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Dès janvier, les postes pourront être graduellement affichés. «Ce sont des embauches à temps plein», garantit le ministre François Blais.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) À l'approche des Fêtes, le ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, distribue les cadeaux. Il promet quelque 600 professeurs à temps plein de plus, 200 professionnels pour aider les élèves en difficultés, 72 maternelles 4 ans, des écoles rurales sauvées...

La presse avait été convoquée dans un complexe G (édifice Marie-Guyart) complètement désert, en ce dimanche matin automnal. Cela ne semble pas avoir refroidi le ministre Blais qui a annoncé «à tous et à toutes» comment il entend dépenser les 80 millions $ octroyés par le ministre des Finances il y a quelques jours.

Cette enveloppe de 80 millions $ par année sera disponible dès janvier, avance l'élu. Dès janvier donc, les postes pourront être graduellement affichés : 200 pour des psychologues, orthophonistes et autres techniciens en éducation spécialisée; 600 pour des enseignants. «Ce sont des embauches à temps plein, garantit François Blais. Ce sont vraiment des gens qui s'ajoutent.»

La somme, 80 millions $, n'est-elle pas un peu dérisoire dans un ministère dont le budget sera de 17,66 milliards $ en 2016-2017? lui avons-nous demandé. «C'est majeur», répond du tac au tac le ministre. Les fonds publics seront alloués aux services directs «là où ça compte», durant les premières années du cursus scolaire, dans les milieux défavorisés, plaide-t-il.

La part du lion, soit 46,2 millions $, sera orientée «vers le préscolaire et le premier cycle du primaire». Les commissions scolaires pourront ainsi recruter des profs et du personnel spécialisé. Elles auront aussi les fonds afin de créer 72 nouvelles classes de maternelle 4 ans dans les écoles où la clientèle est la moins fortunée; celles-ci devront être ouvertes pour la rentrée de 2016.

C'est d'ailleurs durant l'année scolaire 2016-2017 qu'on escompte des effets. Même si les sommes sont livrées rapidement, il faudra du temps pour mener à terme le projet.

Cette annonce ne permettra toutefois pas de régler le différend qui oppose le ministre Blais et les professeurs, en négociations. Il espère néanmoins que le «réinvestissement» répondra à plusieurs doléances et favorisera une entente avec les syndiqués. «Je pense que ça va nous aider.»

Réactions mitigées

Les réactions du milieu de l'éducation et de l'opposition ont été pour le moins mitigées, hier.

Déjà au cours de la semaine, la Fédération des comités de parents du Québec avait salué le «réinvestissement» en éducation... en y apportant quelques bémols. La présidente, Corinne Payne, soulignait que les 80 millions $ ne compenseront pas «le milliard de dollars retranché du réseau au cours des cinq dernières années». Elle se disait tout de même satis­faite que les sommes soient dirigées vers les services directs aux élèves.

Le ministre François Blais rétorque que le portefeuille de l'Éducation est le seul qui sera un peu regarni cette année. Un «message clair» que c'est une priorité pour son gouvernement, dit-il.

Ce choix budgétaire a-t-il été guidé par les journées de grève des professeurs? Par les chaînes humaines de parents et d'élèves autour des écoles? Le ministre ne répond pas vraiment : «On est à l'écoute de tout le monde.»

Le plan du ministre

Ajouter plus de profs et de professionnels dans les écoles pour prévenir les difficultés d'apprentissage

- Accélérer l'implantation des maternelles quatre ans en milieu défavorisé

- Créer des programmes d'aide individualisés en math, en science et en français au secondaire

- Soutenir les étudiants à «besoins particuliers» et handicapés au cégep

- Intégrer plus d'élèves en difficulté dans les classes ordinaires

- Contribuer à la vitalité des villages en augmentant le nombre d'enseignants

Entre prudence et scepticisme

Fédération des syndicats de l'enseignement

«On va être très, très, très prudent.» L'annonce du ministre de l'Éducation est «un beau spectacle», note la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (CSQ), Josée Scalabrini. Elle ne sait toutefois pas comment le ministre peut garantir que les 80 millions $ promis iront vraiment à l'embauche d'enseignants et de spécialistes au primaire; les commissions scolaires seraient libres de dépenser leur budget. En entrevue téléphonique, Mme Scalabrini reconnaît néanmoins que ce 80 millions $ permet de relancer les négociations en cours pour le renouvellement des conventions collectives. «On peut commencer à échanger.» Le hic, ajoute-t-elle, c'est que même si le gouvernement a annoncé une intensification des pourparlers, les porte-parole gouvernementaux n'ont pas reçu leurs instructions : «On a vécu une intensification des rencontres, mais on a toujours des gens du côté patronal qui n'ont pas de mandat pour avancer.»

Fédération des commissions scolaires

La Fédération des commissions scolaires du Québec critique le supposé «investissement» de 80 millions $ dans le réseau de l'éducation. Les budgets diminuent, souligne un communiqué signé par l'attachée de presse, Caroline Lemieux. Donc, si le ministre impose de dépenser cette somme dans l'embauche de centaines de professeurs, les commissions scolaires devront couper ailleurs pour compenser, juge-t-on. En plus, dit-on, les négociations sont en cours; il serait donc précipité d'annoncer la création de 200 postes de spécialistes et de 600 autres de professeurs alors que les contrats de travail ne sont pas signés. 

Opposition officielle

«C'est un gouvernement qui a coupé les deux jambes du réseau [de l'éducation] et qui arrive à la dernière minute avec une paire de pantoufles!» En plus, ironise au téléphone le péquiste Alexandre Cloutier, il faudrait être content. Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation ne mâchait pas ses mots, dimanche, pour minimiser l'annonce d'un «réinvestissement» de 80 millions $, notamment pour embaucher des centaines d'enseignants. «C'est ce même gouvernement qui vient de couper des millions dans le réseau.» Il affirme que les libéraux parlaient d'augmenter le nombre d'élèves par classe, de réduire les services, de limiter les achats de livres dans les bibliothèques scolaires... «Les coupes sont juste un peu moins importantes que ce qui avait été prévu.» 

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