Des parents interpellent le ministre de l'Éducation à l'Assemblée nationale

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Quelques centaines de parents, grands-parents et enfants se sont réunis devant l'Assemblee nationale vendredi midi, levant la main pour demander un droit de parole.

Le Soleil Yan Doublet

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(Québec) Se sentant laissés pour compte dans le débat entourant l'éducation, quelques centaines de parents ont observé une minute de silence en levant la main devant l'Assemblée nationale vendredi midi, réclamant ainsi un droit de parole.

Ces parents disent constater depuis la rentrée une véritable baisse des services offerts aux enfants, surtout ceux ayant besoin de voir un professionnel, comme un orthopédagogue ou un orthophoniste. «Il y a des choix qui sont faits par le gouvernement Couillard en ce moment qui sont d'investir dans des entreprises comme Bombardier, qui sont de viser des baisses d'impôt au prochain budget, qui sont d'augmenter les salaires des médecins spécialisés. Donc, le choix de ne pas réinvestir en éducation est un choix délibéré», soutient Pascale Grignon, maman et porte-parole du mouvement Je protège mon école publique.

À ses côtés sur la tribune, les représentantes de deux autres groupes qui se sont formés ces derniers mois sur Facebook, soit la Coalition des parents pour l'école publique et la Coalition de parents d'enfants à besoins particuliers. En face d'eux, un groupe hétéroclite de parents, d'enfants, de grands-parents, mais aussi d'enseignants et d'étudiants.

L'humoriste Mathieu Gratton, qui avait fait grand bruit le mois dernier en publiant une vidéo de son garçon autiste de 14 ans qui décriait les coupes dans son école, était du nombre. «Une loi spéciale, ça arrêtera jamais un parent!» a-t-il lancé au micro, faisant référence aux négociations actuelles entre le gouvernement et les enseignants.

Mme Grignon, qui est à l'origine des chaînes humaines autour des écoles auxquelles 85 000 personnes ont participé ces cinq derniers mois, a bon espoir qu'«à l'usure», le gouvernement va entendre raison. Selon elle, le discours du ministre de l'Éducation, François Blais, a déjà changé. Alors qu'en mai, il parlait d'un «scénario catastrophe qui ne verra pas le jour», il reconnaît aujourd'hui qu'il faut faire «un effort» en éducation pour atteindre le déficit zéro.

Dialogue de sourds

Cette manifestation s'est tenue tout juste après une période d'interpellation de deux heures, qui a permis aux représentants des trois partis de l'opposition de poser leurs questions à l'unisson au ministre Blais.

Alexandre Cloutier, du Parti québécois, a lu quelques courriels de parents désemparés. Il dit en avoir reçu des centaines, auxquels le ministre a refusé d'apporter une réponse, jugeant délicat de faire de la politique sur «des cas sensibles».

Jean-François Roberge, de la Coalition avenir Québec, a quant à lui demandé de réembaucher les 250 professionnels qui ont «été mis à la porte cette année». Ce à quoi le ministre réplique que, depuis 15 ans, il y a eu «une croissance fulgurante du nombre de professionnels» en éducation.

«Il s'en lave toujours les mains des problèmes dans les écoles!» a décrié M. Roberge après l'exercice. «C'était un dialogue de sourds, avec un ministre qui est indifférent, froid», a lancé M. Cloutier. «On dirait qu'on vit sur deux planètes!» ajoute Françoise David, porte-parole de Québec solidaire.

«Cette année, c'est une année plus difficile», a concédé le ministre en chambre. «L'important pour nous, c'est d'abord de vivre selon nos moyens, de réaliser les objectifs d'équilibre budgétaire», a-t-il ajouté, sans accorder d'entrevues après la séance.

L'unité des trois partis d'opposition s'effrite toutefois quand vient le temps de parler du réinvestissement. Le Parti québécois a proposé que le surplus de près de 1 milliard $ du gouvernement, dégagé seulement après cinq mois cette année, soit totalement réinvesti en éducation, une position avec laquelle Québec solidaire est à l'aise. La Coalition avenir Québec trouve toutefois cette solution trop «simpliste» et prône plutôt de nouvelles économies dans la bureaucratie.

Alors qu'Alexandre Cloutier et Françoise David se sont mêlés aux manifestants sur le coup de midi, Jean-François Roberge a décidé à la dernière minute de ne pas le faire, parce qu'il a remarqué la présence de «quelques porte-parole syndicaux» dans la foule.

70 % des commissions scolaires déficitaires

Les commissions scolaires ont de plus en plus de mal à boucler leurs budgets. Leurs états financiers de l'année 2014-2015 déposés vendredi révèlent que 70 % d'entre elles sont déficitaires. La majorité devront adopter un plan de redressement. Leurs surplus disponibles ont également fondu de 100 à 30 millions $.

La Fédération des commissions scolaires du Québec impute ces difficultés aux compressions successives du gouvernement. «Les commissions scolaires sont allées au maximum de ce qu'elles pouvaient faire pour limiter l'impact des compressions sur les services aux élèves», a indiqué la présidente Josée Bouchard dans un communiqué.

Julie White, attachée de presse du ministre François Blais, soutient quant à elle que les commissions scolaires sont «capables de faire les efforts demandés», qui ne représentent que 1 % des crédits qui leur sont alloués. Patricia Cloutier

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