Finies les récréations prolongées

Les moyens de pression des enseignants, qui ont pris l'habitude de prolonger... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Les moyens de pression des enseignants, qui ont pris l'habitude de prolonger les récréations de 10 minutes de deux à quatre jours par semaine, ont privé les élèves québécois d'environ six heures de classe depuis la rentrée.

C'est ce qu'a statué la Commission des relations du travail (CRT) mardi. «Cette perte est suffisamment importante pour conclure qu'elle porte préjudice au service d'éducation», affirme-t-elle.

La CRT rappelle donc les profs à l'ordre et ordonne à la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) de faire cesser cette pratique.

«On est satisfaits que la CRT se soit rendue aux arguments des commissions scolaires», a commenté Caroline Lemieux, attachée de presse de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Josée Scalabrini, présidente de la FSE, ne prend toutefois pas ce jugement comme une défaite. «Juste le fait d'avoir été appelé devant la CRT, ça veut dire que notre moyen de pression a atteint son but premier : déranger et attirer l'attention de l'administration», dit-elle.  

Lors d'audiences tenues les 6 et 10 novembre, l'employeur a soutenu que cette pratique - permettre aux élèves de sortir 10 minutes avant que la cloche ne sonne - nuisait au climat d'apprentissage. Des pauses prolongées à 25 minutes auraient entraîné des problèmes disciplinaires, surtout au secondaire : plus d'absentéisme, de consommation de drogues et de conflits entre les élèves.

Les employés ont plaidé de leur côté qu'une récréation prolongée permettait aux élèves de développer d'autres compétences, comme la coopération, la résolution de conflits et la bonne communication entre eux. 

Dans sa décision, la CRT reconnaît que «la grève risque d'affecter davantage les élèves» que les récréations prolongées. Elle n'a toutefois pas de droit de regard sur ce moyen de pression, non visé par les services essentiels.

Ayant déjà fait la grève pendant trois jours cet automne, les enseignants pourraient de nouveau être en grève nationale les 1er, 2 et 3 décembre. Le ministère de l'Éducation a déjà fait savoir que chaque jour de grève serait un jour d'enseignement perdu. 

Bulletins «à la main»

Alors que les notes de la première étape sont remises ces jours-ci, les parents n'auront pas droit au bulletin habituel lors de leur rencontre avec l'enseignant. Celui-ci se contentera de dicter les notes de l'enfant à haute voix ou de remettre un papier écrit à la main avec ses résultats.

«C'est un moyen de pression que les enseignants ont choisi. On boycotte la confection du bulletin en tant que tel. Mais toutes les notes sont remises à la direction», explique Mme Scalabrini. Est-ce que ce moyen de pression sera contesté devant la CRT? «Ça se pourrait, mais on vivra avec. Et encore une fois, on aura dérangé et attiré l'attention», lance-t-elle.

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