Les «styles» d'apprentissage, un mythe

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Même si on peut avoir une préférence à apprendre de façon visuelle, auditive ou en manipulant des objets (kinesthésique), on n'apprend pas mieux d'une façon ou l'autre.

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(Québec) Êtes-vous visuel, auditif ou kinesthésique? Peu importe, car adapter l'enseignement selon ces différents styles d'apprentissage n'aurait aucun effet sur les chances de réussir.

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Le chercheur Steve Masson, de l'Université du Québec à Montréal est bien conscient qu'il s'attaque à un mythe «très répandu» dans les écoles lorsqu'il fait la démonstration de cet énoncé. 

Courtoisie

Le chercheur Steve Masson, de l'Université du Québec à Montréal est bien conscient qu'il s'attaque à un mythe «très répandu» dans les écoles lorsqu'il fait la démonstration de cet énoncé. Les airs surpris étaient nombreux sur les visages des délégués qui assistaient à sa conférence prononcée jeudi au Centre des congrès de Québec, lors du symposium annuel de l'Association canadienne d'éducation. 

«Quand on vient dire qu'il n'y a pas de données qui appuient cette idée des styles d'apprentissage, c'est un peu brusquant au départ», avoue-t-il. S'appuyant sur des découvertes récentes en neurosciences (qui examinent le fonctionnement du cerveau) le Dr Masson soutient que même si on peut avoir une préférence à apprendre de façon visuelle, auditive ou en manipulant des objets (kinesthésique), on n'apprend pas mieux d'une façon ou l'autre. 

Aussi, il est faux de croire selon M. Masson que certains élèves sont plus «cerveau gauche» (logiques) et d'autres «cerveau droit» (créatifs). Enfin, les exercices de coordination, tels que popularisés par la compagnie Brain Gym, n'ont aucun effet sur la réussite scolaire. 

«Certains de ces mythes reposent sur le désir des enseignants d'enseigner le mieux possible aux élèves, parce qu'ils ont constaté que chaque élève est différent», explique-t-il. Et les livres publiés jusqu'à maintenant sur le fonctionnement du cerveau reposaient davantage sur la psychologie cognitive que sur la science elle-même. 

Des sentiers

De par ses recherches, le Dr Masson suggère que le cerveau est malléable et change au fur et à mesure qu'il apprend. Des connexions entre les neurones peuvent se faire ou se défaire au gré des apprentissages. 

Et tels des sentiers que l'on emprunte en forêt, plus on va marcher souvent dans un chemin du cerveau, plus il sera solide et dégagé, donc facile d'accès. En fait, plus on demandera souvent à son cerveau de trouver le chemin pour récupérer en mémoire une information, plus ce sera facile de s'en souvenir. Et donc de l'avoir appris. 

Aux enseignants, M. Masson suggère de tester le plus souvent les élèves. «On n'est pas obligés de sanctionner tout le temps, de donner une note, mais faire passer des évaluations, des mini-tests, des examens ou des exercices pour vérifier s'ils ont bien compris, ça aide à garder le cerveau actif», a-t-il expliqué lors de la conférence. 

Il serait aussi avantageux d'enseigner chaque matière par bloc de 30 minutes environ, afin de donner plus souvent des pauses au cerveau.

De leur côté, les étudiants apprennent mieux s'ils cachent leurs notes de cours derrière leur dos, au lieu de simplement les relire. Se faire questionner par ses parents ou ses amis serait aussi bénéfique.

Influencer les ministères

L'Association canadienne d'éducation, financée par les ministères de l'Éducation des différentes provinces, est considérée comme une référence dans le domaine. Son président, Ron Canuel, soutient que toutes leurs recommandations s'appuient sur des méta-analyses, soit la compilation d'une série d'études. Mais même si des sous-ministres ont assisté au symposium, M. Canuel déplore que les recherches de l'Association se reflètent peu ou pas dans les politiques adoptées. «

On trouve souvent, malheureusement, que les décisions prises ne sont pas basées sur la recherche, elles sont prises tout simplement parce que ça fait le bonheur des gens». Selon lui, si on se fiait davantage à la science, on «aurait moins de débats sur des points presque inutiles» et moins de changements de directives pédagogiques au fil des années dans les écoles.

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