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Cours d'histoire au secondaire: une plus grande place pour les autochtones

Raymond Bédard, président de la Société des professeurs... (La Presse, Alain Roberge)

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Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d'histoire du Québec, ne peut divulguer le contenu exact des cours, qui reste à peaufiner. «Je peux simplement vous dire que, globalement, la place des autochtones dans les contenus historiques est effectivement bonifiée», affirme-t-il.

La Presse, Alain Roberge

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(Québec) Le ministère de l'Éducation compte profiter de la réforme des cours d'histoire au secondaire pour faire une plus grande place à l'histoire des autochtones et aux conséquences de la fréquentation des pensionnats dès la rentrée 2016.

C'est ce qu'a confirmé vendredi au Soleil Esther Chouinard, porte-parole du Ministère. «L'état des connaissances sur les Premières Nations, tant aux plans historique que sociologique, a évolué au cours des dernières années, notamment les conséquences que la fréquentation des pensionnats ont eues sur les populations autochtones. L'élaboration du programme d'histoire du Québec et du Canada prend en compte le résultat de ces recherches», indique-t-elle.

Le nouveau cours Histoire du Québec et du Canada, qui doit être implanté en 3e secondaire en 2016 et en 4e secondaire en 2017, sera bâti de façon chronologique, contrairement au cours actuel, Histoire et éducation à la citoyenneté, qui est davantage axé sur les compétences.

Déjà, en septembre, des projets pilotes ont démarré dans plusieurs écoles du Québec. Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d'histoire du Québec, ne peut divulguer le contenu exact des cours, qui reste à peaufiner. «Je peux simplement vous dire que, globalement, la place des autochtones dans les contenus historiques est effectivement bonifiée», affirme-t-il.

Au ministère de l'Éducation, on soutient que le nouveau programme a commencé à être élaboré à l'hiver 2014 et que dès le départ, on avait décidé de faire une plus grande place aux Premières Nations.

Des enseignants, des conseillers pédagogiques de partout au Québec, de même que des membres des communautés autochtones et anglophones ont été appelés à participer à l'élaboration du nouveau programme.

Ni le rapport de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, déposé en juin, ni la «crise» sur la réalité autochtone qui a suivi les allégations d'agressions de femmes des Premières Nations à Val-d'Or cette semaine n'auraient interféré dans le processus. «Les travaux étaient déjà assez avancés», soutient Mme Chouinard.

En juin, le premier ministre Philippe Couillard avait tout de même soutenu que ce qu'il retenait surtout des 94 recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation, c'était «la nécessité que nos enfants, dans nos écoles, connaissent cette partie de notre histoire [des pensionnats autochtones]».

Très attendu

Qu'on enseigne davantage l'histoire autochtone dans les écoles publiques québécoises aura de quoi plaire à la communauté. «C'est une nécessité. Ça fait des années qu'on le dit», soutient Isabelle Picard, anthropologue et Huronne-Wendat.

«On ne réussira pas à changer l'ignorance, les préjugés, et dans certains cas le racisme vis-à-vis les Premières Nations si on n'enseigne pas leur histoire à l'école», affirme-t-elle.

Celle qui donne parfois des conférences au secondaire se fait poser de nombreuses questions, et pas seulement par les élèves, par les enseignants aussi. «Si on donne un coup de barre, il faudrait aussi former les enseignants. Parce qu'ils se sentent un peu démunis par rapport à tout ça», croit-elle.

Aujourd'hui, l'histoire des autochtones telle que véhiculée dans les écoles se limite au précontact et au contact avec les premiers arrivants européens, il y a 400 ans. «C'est comme si à partir de 1750, on n'existait plus. On parle un peu de la Loi sur les Indiens, et c'est tout», lance Mme Picard.

Elle a elle-même tenté d'inclure plus d'histoire autochtone lors de la précédente réforme en éducation, au tournant des années 2000, mais «ce n'est pas allé aussi loin qu'on le voulait». Mme Picard espère que cette fois-ci est la bonne.

En un mot: pensionnats autochtones ›

Écoles (internats) destinées aux autochtones du Canada. Ils scolarisaient, évangélisaient et tentaient d'assimiler les enfants autochtones en les séparant de leur famille. Cette pratique a été récemment décrite comme un «génocide culturel». Les pensionnats ont existé partout au pays de 1820 à 1996.

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