La lettre d'une enseignante enflamme le Web

L'enseignante Marie-Claude Tardif dans sa classe en 2014... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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L'enseignante Marie-Claude Tardif dans sa classe en 2014

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(Québec) Les propos d'une enseignante de Saint-Augustin-de-Desmaures qui a osé s'afficher ouvertement contre la grève ont fait vibrer une corde sensible chez plusieurs. Sa lettre ouverte publiée sur le site Web et les applications du Soleil avait été partagée plus de 11 000 fois vendredi soir.

«Oui, je m'attendais à ce que ça lève, à ce que ça fasse réagir», lance Marie-Claude Tardif, enseignante en cinquième année à l'école des Pionniers et auteure de la lettre. Lors de cette journée où on a souligné l'Halloween à son école, elle a enfilé les entrevues à la radio pendant ses pauses et a reçu de nombreux courriels d'enseignants sympathiques à son message.

Mme Tardif trouve que la grève, c'est «passé date». Et le fait que les profs soient en front commun avec les travailleurs de la santé et les autres fonctionnaires de l'État, «ça ne nous aide pas du tout», dit-elle.

Comme tout ce qui relie ces différents employés sont les offres salariales du gouvernement, c'est l'information qui ressort dans les médias. «Je veux que la population nous appuie, parce qu'on se bat vraiment pour les enfants, pas pour nos salaires.»

Cri du coeur

Mme Tardif dit avoir écrit cette lettre comme un cri du coeur. «Mon but, ce n'est pas de descendre le syndicat. Les gens ont quand même été respectueux lorsqu'on a voté pour ou contre la grève», assure-t-elle. Elle a toutefois relevé quelques irrégularités vécues lors de l'assemblée générale, notamment le fait que l'église où ça se déroulait était trop petite.

«On a toujours fait nos assemblées là. Mais cette fois-là, on a eu 1270 personnes. On l'a pas vu venir, on a été pris un peu de court», réagit Jocelyn Noël, président du Syndicat de l'enseignement des Deux Rives (SEDR). Il dit être déjà à la recherche d'une salle plus grande pour la prochaine assemblée, car ses membres doivent se prononcer de nouveau en novembre, après les trois premières journées de grève rotative.

Rappelons que les enseignants du SEDR ont voté à 71 % en faveur de la grève, mais que seulement 34 % des membres ont voté. M. Noël dit respecter l'opinion de Mme Tardif, mais croit tout de même avoir obtenu un mandat de grève significatif.

Autre enseignant

Un autre enseignant, membre du SEDR à Lévis qui souhaite garder l'anonymat, a écrit au Soleil pour décrire le vote de grève auquel il a assisté : «Salle trop petite, plein de gens debout, impossibilité de voter avant d'avoir entendu la harangue syndicale pendant deux heures [...] Imaginez le scandale si pour voter aux élections provinciales ou fédérales, il fallait d'abord assister à deux heures "d'information" du gouvernement sortant!»

À ces propos, M. Noël réplique qu'«avant de voter la grève, il faut bien comprendre ce qui se passe aux tables de négociations», et qu'il n'a jamais eu de proposition formelle pour tenir le vote différemment (de façon électronique ou dans les écoles), mais que ce n'est «pas quelque chose qu'[elle] écarte nécessairement».

La dissension dans les rangs des enseignants est palpable dans la région. Le Soleil a obtenu de façon anonyme un courriel envoyé par un autre syndicat à ses membres après la journée de grève de cette semaine, qui appelle au calme.

«Nous savons que toutes et tous n'étaient pas au rendez-vous. Ne vous en faites pas. Notre engagement à défendre nos droits les gagnera. Nous vous demandons d'être indulgents et d'accepter les dissidents... même si c'est difficile parfois. Après tout, nous travaillerons tous ensemble après ce moment difficile à passer», écrit-on.

Extraits de la lettre de Marie-Claude Tardif

«Être enseignant, c'est avoir la chance de donner un spectacle devant un public qui nous adore, dont les billets d'entrée ont été payés par toute une société. C'est faire la différence dans la vie de plusieurs enfants le temps de trois saisons à travers des verbes au présent et l'algorithme de division. Je ne fais pas pitié. Je suis privilégiée!

«Or, les syndicats tentent de convaincre leurs membres qu'ils doivent revendiquer en leur faisant oublier qui ils sont et ce qu'ils ont. Ils tentent de nous convaincre et de nous informer en ne disant que ce qui fait leur affaire! Ils ne cherchent pas de moyens intéressants pour nous faire entendre. Tout ce qu'ils veulent, c'est aller dans la rue comme le faisaient nos parents et nos grands-parents. Ils ne cherchent pas à évoluer.

«En revanche, je n'ai pas de solutions! J'ai l'habitude d'avoir la tête pleine d'idées, mais cette fois, je ne sais pas trop quoi proposer. J'aimerais que les hauts placés du Ministère écoutent les enseignants et viennent constater par eux-mêmes la réalité des écoles.»

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