Plans de cours féminisés: une initiative saluée

La professeure Hélène Lee-Gosselin, l'initiative de M. Bettache peut... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La professeure Hélène Lee-Gosselin, l'initiative de M. Bettache peut avoir «une portée pédagogique», ne serait-ce que faire découvrir aux hommes le sentiment que les femmes peuvent éprouver à être exclues du langage.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'initiative du professeur de relations industrielles Mustapha Bettache de féminiser ses plans de cours afin de les adapter à des classes majoritairement féminines trouve un écho favorable au Syndicat des professeurs et professeures de l'Université Laval. «Ce n'est pas un mauvais choix si on veut sensibiliser les gens sur la tendance à tout écrire au masculin», plaide le président Yves Lacouture.

«Au syndicat, dans nos communications publiques, nous utilisons le masculin et le féminin et nous trouvons que c'est une position tout à fait raisonnable», poursuit M. Lacouture, ajoutant que, de mémoire, il s'agit de la première fois qu'un membre du corps professoral de l'université fait preuve d'un tel avant-gardisme.

Saluant le geste de son collègue dans sa volonté «d'interpeller la communauté», Hélène Lee-Gosselin, titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant - Femmes, savoirs et sociétés, explique pour sa part que la féminisation du langage «n'est pas un objectif en soi», mais qu'il faut plutôt chercher à «désexualiser le langage» et «apprendre à écrire autrement pour que les uns et les autres se retrouvent».

«Il faut opter pour un langage plus inclusif», explique-t-elle. «Nommer les choses est un acte politique, ce n'est pas banal. Il y a moyen de faire autrement, mais ça nécessite de la reformulation. [...] Le masculin inclut le féminin, voyons donc!»

Pour la professeure, l'initiative de M. Bettache peut avoir «une portée pédagogique», ne serait-ce que faire découvrir aux hommes le sentiment que les femmes peuvent éprouver à être exclues du langage.

Rendre justice aux femmes

Dans les années 80 et 90, rappelle Mme Lee-Gosselin, la direction de l'université déployait beaucoup d'efforts afin de rendre justice aux femmes à travers les communications écrites, ce qui serait moins le cas aujourd'hui. «À l'époque, il y avait un désir de changement, une volonté de reconnaître l'expertise des femmes. Aujourd'hui, c'est loin d'être intégré.»

La féminisation dans les communications écrites, sans être répandue, est déjà implantée dans quelques syndicats. Ainsi, la convention collective des enseignants et enseignantes de la Commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud, est rédigée au féminin. Il n'a pas été possible jeudi de joindre son président.

Sur le site de l'Office québécois de la langue française, il est indiqué que «le masculin est encore le genre générique, c'est-à-dire le genre utilisé pour désigner l'espèce sans distinction de sexe, par exemple les enseignants pour parler des enseignants et des enseignantes. On comprendra toutefois que l'emploi exclusif du masculin générique ne contribue pas à donner de la visibilité aux femmes dans les textes».

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