Grève des profs: où iront vos enfants?

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Mardi, jour de grève générale, toutes les écoles primaires, secondaires ainsi que les cégeps de la grande région de Québec seront fermés.

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(Québec) Mardi, jour de grève générale, toutes les écoles publiques primaires, secondaires ainsi que les cégeps de la grande région de Québec seront fermés.

Mais pendant que les enseignants, le personnel de soutien et les professionnels seront sur les piquets de grève, où seront les enfants? À la maison avec un parent qui a pris congé? Chez grand-maman? Portrait de quelques initiatives particulières.

Deux profs antigrève garderont des enfants à la maison

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Certains vont dépanner les parents en s'occupant de leurs enfants.

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Marie-Josée préfère que l'on taise son vrai nom, par crainte de représailles de son syndicat. Elle et son conjoint sont tous deux enseignants à la commission scolaire de Portneuf. Elle a un statut précaire et a voté contre la grève. «Je suis consciente des problèmes dans les écoles, mais je ne pense pas qu'on est dans la bonne voie pour s'aider», affirme-t-elle.

Il n'est donc pas question pour elle d'aller piqueter en compagnie de ses collègues le 27 octobre. Elle a plutôt décidé de dépanner quelques parents, qui sont ses amis, et de garder leurs enfants. De toute façon, son conjoint ayant des enfants d'âge primaire, ils avaient déjà prévu de rester à la maison.

«Je sais qu'on est une minorité, mais on est quelques enseignants qui sont vraiment fâchés d'être en grève. Juste pour mon conjoint et moi, ça représente 3000 $ de salaire en moins d'ici les Fêtes, si on fait les six journées de grève», explique-t-elle. Le Syndicat de l'enseignement de Portneuf ne dispose en effet d'aucun fonds de grève pour dédommager ses membres.

Marie-Josée ne sait pas si elle pourra de nouveau offrir ses services à des parents lors des journées de grève prévues les 12 et 13 novembre, parce qu'elles tombent sur des journées pédagogiques. «Comme c'est une fin d'étape, je devrai faire de la correction chez moi, sans salaire. Alors, on verra», lance-t-elle.

Camp de jour spécial à Beauceville

Les animateurs de camp de jour de la... (Courtoisie) - image 5.0

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Les animateurs de camp de jour de la Ville de Beauceville devant les enfants, dans une photo prise l'été dernier. 

Courtoisie

Dès qu'elle a su pour la grève du 27 octobre, la Ville de Beauceville a décidé de mettre rapidement sur pied une journée spéciale de camp de jour, question de donner une solution de rechange à prix modique (7 $) aux parents. «C'est une initiative de nos gestionnaires à l'interne. On est une petite ville, très proactive, alors c'est facile de se revirer de bord», explique le directeur général Félix Nunez. Les étudiants de collégial qui ont été moniteurs durant l'été ont été joints pour travailler cette journée-là, les profs de cégep étant eux aussi en grève. «Depuis qu'on a lancé l'invitation il y a quelques jours, ça a été très populaire. On a au moins 100 inscriptions», dit M. Nunez. Les enfants doivent apporter leur lunch, leur maillot de bain et des vêtements pour l'extérieur. La Ville pense déjà à répéter l'expérience pour les cinq autres journées de grève annoncées pour novembre et décembre.

Une journée chez les zombies

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Enfants zombies en Floride

AP, Bob Mack

C'est en s'amusant avec le thème de l'Halloween que le centre d'entraînement physique Performance C2, de Lévis a décidé d'organiser une journée sportive pour les enfants mardi. «On n'a pas de problème avec la grève des profs, on veut qu'ils soient entendus. Par contre, on pense faire baisser le niveau de stress des parents en accueillant leurs enfants», explique la propriétaire Caroline Caron. La femme d'affaires a réorganisé son horaire de cours habituels pour réunir un groupe de huit entraîneurs qui s'occuperont des jeunes. Ils pourront «bouger toute la journée» pour la somme de 35 $ par enfant, notamment en chassant de méchants zombies.

Les plus grands gardent les plus petits

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Certains se feront de l'argent de poche en gardant leurs cadets mardi.

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Certains étudiants pourraient gagner un peu d'argent de poche en s'occupant de leurs cadets mardi. C'est le cas dans la famille de Caroline Perron, qui a demandé à son neveu de 13 ans de venir garder son garçon qui est en première année. Sa gardienne habituelle, Mathilde, 15 ans, sera occupée ailleurs. «Pour accommoder le plus de monde possible, Mathilde ira en aide à une autre famille. On essaie de s'entraider un peu», lance Mme Perron.

Et vous?

Vous connaissez d'autres initiatives originales qui donnent un coup de pouce aux parents en prévision des journées de grève? Écrivez-nous à pcloutier@lesoleil.com

Pas de fonds de grève pour tous

Environ 60 000 enseignants et fonctionnaires seront en grève dans les régions de la Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale mardi. Quelques-uns toucheront une indemnisation ce jour-là, mais la plupart ne seront tout simplement pas payés.

«C'est une vraie de vraie grève. Chez mes membres, 99 % des gens ne recevront rien. Ils ont voté en toute connaissance de cause parce qu'assez, c'est assez», soutient Mélanie Renaud, vice-présidente de la Fédération du personnel de soutien scolaire.

La dernière grève des enseignants au Québec remonte à 2005. Depuis ce temps, quelques syndicats locaux ont décidé de se constituer un fonds de grève, à l'aide d'une cotisation spéciale. Ils pourront donc indemniser leurs membres en partie. Mais l'argent que toucheront les grévistes est réellement «à géométrie variable», soutient Sylvie Lemieux, attachée de presse à la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE).

«Nous, on n'a pas de fonds de grève nationale. Mais c'est pas une surprise là. C'est un choix que les enseignants ont fait», dit-elle.

Pas de petit mot pour les parents

Certains parents de la commission scolaire des Navigateurs ont reçu cette semaine une première communication des enseignants, qui arrive avant le premier bulletin. Alors que normalement, le prof écrivait un petit mot personnalisé aux parents, cette fois, il ne fait que cocher la case indiquant le comportement général de l'enfant et accole le logo «L'école à bout de bras».

«C'est un moyen de pression qu'on a choisi, qu'on a suggéré. Mais je ne sais pas si c'est respecté par tous», indique Jocelyn Noël, président du Syndicat de l'enseignement des Deux Rives. Il assure toutefois que les enseignants ont pris la peine d'informer les parents dont les élèves avaient des problématiques particulières par courriel ou par téléphone avant. «Le suivi avec le parent et le service à l'élève, c'est sûr que c'est important», précise-t-il.

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