Le français des futurs enseignants soulève les passions

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Au cabinet de François Blais, le ministre de l'Éducation, on évalue aussi que les futurs enseignants n'atteignent pas un niveau assez élevé de connaissance du français au cours de leur formation.

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(Québec) Le Conseil supérieur de la langue française soulève les passions! Plus posément, disons que son avis selon lequel la formation en français des futurs enseignants est déficiente, tout comme celle prodiguée aux écoliers, suscite de nombreuses réactions, depuis le cabinet du ministre jusque dans les classes.

L'avis du Conseil

Le niveau atteint en français par les maîtres est insuffisant, avance le président du Conseil supérieur de la langue française (CSLF), Conrad Ouellon. Conséquence directe, dit-il : les élèves n'atteignent pas tous le seuil de connaissance de la langue permettant d'assurer la réussite scolaire, d'exercer pleinement sa citoyenneté, d'intégrer le marché du travail.

Dans le rapport, auquel Le Soleil faisait écho vendredi, le Conseil avance que seuls les meilleurs candidats devraient pouvoir devenir enseignants. Il prône également un renforcement du programme universitaire des profs qui seraient sous-éduqués en français. 

Le CSLF propose en outre un réinvestissement dans les écoles, surtout au début du parcours scolaire des enfants, pour épauler les enseignants, déceler les difficultés des élèves, s'assurer que tous les jeunes partent du bon pied en maîtrisant le français.

«Il y a place à l'amélioration»

«Il y a place à l'amélioration.» Au cabinet de François Blais, le ministre de l'Éducation, on évalue aussi que les futurs enseignants n'atteignent pas un niveau assez élevé de connaissance du français au cours de leur formation, note l'attachée de presse Julie White. «On s'est déjà engagé à différentes mesures pour améliorer la qualité du français [des enseignants]», dit-elle. 

L'option du contingentement du programme universitaire «pour s'assurer d'aller chercher les meilleurs candidats» serait à l'étude avec les facultés. «La formule reste à déterminer, on est en discussion.» Un examen de français supplémentaire pourrait également être imposé avant de pouvoir entrer dans le programme. 

Quant aux autres recommandations du CSLF, notamment sur le réinvestissement dans les écoles pour offrir des services spécialisés aux élèves, MmeWhite s'abstient : «On va analyser les recommandations.»

Des «lacunes immenses»

Avant d'être politicien, Jean-François Roberge, porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière d'éducation, était enseignant au primaire. Dix années durant, il a accueilli des stagiaires universitaires dans sa classe pour finaliser leur formation. Des lacunes en français, il en a vu chez certains futurs profs. Pas tous. 

Il se souvient d'un cas particulier, d'un étudiant qui s'était rendu jusqu'à la fin du parcours pour devenir enseignant... «Des stagiaires ont échoué. Je ne pouvais me permettre de laisser passer ça, d'envoyer des gens qui n'ont pas la maîtrise du français pour enseigner pendant 30 ans. Je ne comprenais pas comment cette personne, avec autant de difficultés, soit admise dans une faculté d'éducation. Les lacunes étaient immenses.»

Le député Roberge profite de l'occasion pour attaquer le gouvernement, pour critiquer le ministre qui tarderait à soutenir les enseignants, qui couperait les budgets alloués à l'embauche de spécialistes dans les écoles, qui ne valoriserait pas assez la profession pour attirer les meilleurs candidats. «Le gouvernement est en train de détériorer les conditions d'enseignement, les conditions salariales. [...] J'espère que le gouvernement, à défaut d'écouter les partis d'opposition, va écouter le Conseil supérieur de la langue française.»

«Manque de ressources, manque de financement»

«Oui, il y a dans le système des lacunes; les plus grandes lacunes sont le manque de ressources, le manque de financement, pour venir appuyer notre monde.» Mais, le réseau de l'éducation du Québec est un des meilleurs au monde, tempère la présidente de la FSE-CSQ, Josée Scalabrini. 

Aussi, avant d'affirmer que la formation des maîtres est déficiente, comme l'avance le Conseil supérieur de la langue française, il faudrait s'asseoir et évaluer le cursus. Mme Scalabrini affirme que les enseignants sont prêts à participer à un examen en profondeur, incluant une réflexion sur le contingentement des facultés d'enseignement et la refonte de leur formation. 

Mme Scalabrini convient néanmoins que certains profs ne maîtrisent pas totalement la langue d'enseignement : «Est-ce qu'on a des enseignants qui ont encore des problèmes en français? Oui, comme toute personne dans notre société.» Ceux-ci auront besoin d'un «accompagnement».

«Mais non, ce n'est pas vrai qu'on a des enseignants incompétents», tranche-t-elle. «On manque de ressources dans nos écoles», insiste-t-elle. Cela limiterait la capacité de l'enseignant de bien faire son boulot, de rescaper les élèves en difficulté.

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