Grève du zèle dès la rentrée pour les enseignants

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Comme les négociations avec le gouvernement n'ont pas avancé significativement pendant l'été, les enseignants poursuivront cet automne les moyens d'action qu'ils avaient entrepris lors de la dernière année scolaire.

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(Québec) Signe d'une négociation ardue avec le gouvernement, les enseignants poursuivront leurs moyens d'action à l'automne. Dès la rentrée, ils n'offriront pas plus que la semaine de travail de 32 heures pour laquelle ils sont rémunérés.

«Les gens n'ont pas conscience de tout le bénévolat, de tout le surplus de travail qui est fait [gratuitement] durant une semaine de travail, donc à partir de septembre, l'enseignant va faire ses 32 heures, il va faire son travail d'enseignant auprès de ses élèves, mais il ne sera plus disponible pour l'employeur [après ses 32 heures]», a indiqué mardi au Soleil la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini.

«La négociation n'est pas allée là où on aurait voulu qu'elle aille. Il y a eu des échanges qui se sont poursuivis durant l'été, mais ils ont surtout porté sur la "poutine", pas sur le coeur de la négociation. Or on avait déjà voté que si rien n'avait avancé significativement pendant l'été, les moyens d'action commencés l'an dernier se poursuivraient», a expliqué Mme Scalabrini.

Outre le respect de la semaine de 32 heures, des enseignants pourraient bouder les activités de la rentrée. «Est-ce qu'on en veut de ces accueils qui ne sont pas le reflet du respect que nous porte l'employeur? Les enseignants vont travailler pour leurs élèves, mais dans certains milieux, ils n'iront pas à ces activités-là», a dit la présidente de la FSE, qui parle aussi d'«actions de visibilité» et d'«apparitions-surprises» pendant l'automne.

«Il y aura des assemblées générales en septembre où on va faire rapport de ce qui s'est passé en négo. Les membres vont décider ce qu'ils font avec la possibilité de grève qui pourrait venir rapidement à l'automne», a ajouté Mme Scalabrini, selon qui les enseignants sont restés «mobilisés».

«Ils se sont manifestés jusqu'à fin de l'année scolaire, et là, depuis deux semaines, ils sont très actifs, notamment sur les réseaux sociaux. Ce qu'ils ont sur la table, le manque de respect du gouvernement, ils ne l'acceptent pas. Et on sent que les citoyens appuient les enseignants dans leurs revendications», se réjouit l'enseignante syndicaliste.

«Offres inacceptables»

Jean Murdock, secrétaire général de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), affirme qu'avec l'état actuel des négociations, «la grève, c'est quelque chose qu'on envisage très sérieusement».

«Le calendrier qui nous est imposé par le régime de négociation du secteur public nous donne le droit de grève légale à partir du 12 septembre, rappelle-t-il. [...] Nous, on veut qu'il y ait une volonté de négocier les conventions collectives, on ne veut pas se faire imposer de bâillon à travers une loi spéciale ou un décret, ce n'est pas vrai que ça va se passer comme ça.»

Selon M. Murdock, les offres qui sont actuellement sur la table sont «complètement inacceptables». Mais il y a plus.

«Pour nous, la rentrée, c'est trois choses : les mesures d'austérité, les négociations des secteurs public et parapublic, et le fait que le gouvernement ne semble pas avoir de vision de l'éducation. Qu'est-ce qu'on fait avec les décisions qu'on avait à prendre [à la suite du Sommet sur l'éducation]?» demande le secrétaire général de la FNEEQ, qui déplore que le gouvernement «s'oriente vers une adaptation de l'école aux besoins du marché sans tenir compte de la mission essentielle de l'école».

M. Murdock craint particulièrement pour l'avenir des cégeps et des régions. «Il y a des cégeps qui vont présenter des budgets déficitaires et qui sont contraints de couper à peu près tous les services qui ne sont pas attachés directement à l'enseignement, comme les services de bibliothèque. [...] Les cégeps en région, c'est important, c'est un milieu qui contribue à la vie régionale. Quand tu coupes là-dedans, ça pose un certain problème de développement.»

Dans certaines universités, poursuit-il, «on coupe littéralement dans l'offre de cours, on élimine des programmes. Cette diversité de la formation, dont on était fier, se rétrécit comme peau de chagrin. Le gouvernement dit qu'il n'a pas d'argent mais, par ailleurs, il évoque des baisses d'impôts. Quand tu veux tuer ton chien, tu dis qu'il a la rage...»

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