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John Porter mis en demeure par des syndicats de l'Université Laval

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Fin mai, John Porter a imputé les fuites sur la bonification des conditions d'après-mandat des hauts dirigeants à une stratégie de négociation des syndicats pour «fragiliser» la partie patronale.

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(Québec) Une pluie de griefs et une poursuite en dommages et intérêts planent au-dessus de l'Université Laval en raison des propos du président de son C. A., John Porter, sur le rôle des syndicats dans le dossier de l'après-mandat des hauts dirigeants.

Sept syndicats de l'institution d'enseignement supérieur ont cosigné une mise en demeure intimant M. Porter de retirer ses affirmations quant à leur comportement dans l'affaire.

«Les recours sont en préparation, affirme le président du Syndicat des professeurs [SPUL], Yves Lacouture. Si, à la fin de la journée [lundi], M. Porter ne s'est pas conformé à la mise en demeure, c'est sûr que nous allons enclencher les recours. Ça va se faire dans les prochaines semaines.»

Dans une entrevue au Soleil, fin mai, M. Porter a imputé les fuites sur la bonification des conditions d'après-mandat des hauts dirigeants à une stratégie de négociation des syndicats pour «fragiliser» la partie patronale. «Il y a du monde qui s'était préparé, a affirmé M. Porter. La campagne était préparée pour lancer ceci et cela avec toutes sortes de perceptions.»

Rien de cela n'est vrai, affirme le président du SPUL. Par ses propos, M. Porter a «attaqué la réputation des différents syndicats par le biais d'affirmations fausses et mensongères». 

Un dédommagement sera réclamé pour chaque syndicat de même que pour chacun de ses membres. Le président Lacouture réfère au cas des pompiers qui ont eu gain de cause avec leur grief contre la Ville de Québec en 2013. Un ex-conseiller de l'équipe Labeaume, Richard Côté, avait accusé les pompiers d'utiliser des moyens de pression qui mettaient en danger les citoyens. La Ville a été condamnée par un arbitre du travail à payer 7500 $ au syndicat et 750 $ à chacun de ses membres. Un jugement confirmé par la Cour supérieure. La Ville envisageait un appel. Facture : 330 000 $ pour 450 pompiers.

Les sept organisations en cause représentent plus de 95 % des travailleurs syndiqués de l'Université Laval, indique M. Lacouture. Quelque 7000 personnes, nous dit-on. Il s'agit des professeurs (SPUL), des chargés de cours (SCCCUL), du personnel administratif (APAPUL), des employés de soutien (SEUL), des auxiliaires administratifs, de recherche et d'enseignement (SAARE), des professionnels de recherche (SPPRUL) et des responsables de formation pratique (SRFPUL). Il n'a pas été possible lundi de connaître l'ampleur des sommes en jeu. 

Dommages pour diffamation

Les syndicats réfléchissent à ouvrir deux fronts. Possiblement des griefs dans chacune des organisations, et un recours commun de toutes celles qui le souhaitent en Cour supérieure. «On va demander des dommages pour diffamation, indique M. Lacouture. Ça porte atteinte à notre réputation. [...] Ce ne sont pas les syndicats qui ont orchestré cette fuite. Nous n'avions pas l'intention de nuire à la partie patronale. Ce sont des allégations fausses.»

Le président du SPUL réitère par ailleurs que ses membres sont «outrés» par la bonification des conditions d'après-mandat consentie à la direction. La nouvelle grille permet à un ex-dirigeant qui a été en poste pendant deux mandats et qui conserve son lien d'emploi avec l'université de toucher entre 100 % et 75 % de son salaire de patron pendant une période pouvant aller jusqu'à six ans. Pour le ministère de l'Éducation, la facture pourrait s'élever à 1,4 million $ de plus à terme. Selon l'université, couplée à la baisse de salaire de 3 % qu'ont acceptée les dirigeants, il s'agit d'une économie de plus de 200 000 $.

M. Lacouture s'est par ailleurs dit «très surpris» de la démission de la vice-rectrice Sophie D'Amours, la semaine dernière.

Aux communications de l'Université Laval, le porte-parole Samuel Auger a confirmé que la mise en demeure a été reçue à la fin de la dernière semaine, mais a refusé de commenter plus avant.

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