Bonification d'après-mandat: Blais lance des chiffres «faux», affirme Brière

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Le recteur Denis Brière insiste sur la coupe salariale de 3 % que les membres de la direction ont voulu s'imposer au 1er janvier 2015 plutôt que sur la bonification de l'après-mandat.

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(Québec) Les chiffres du ministre François Blais sont «faux», et les sommes réellement liées à la bonification de l'après-mandat des dirigeants de l'Université Laval ne valent «pas la peine de faire une tempête dans un verre d'eau», affirme le recteur Denis Brière.

En point de presse à Baie-Saint-Paul, M. Brière a commenté pour la première fois la controverse sur l'amélioration des conditions d'emploi octroyée à la haute direction de l'Université Laval par son conseil d'administration. L'enregistrement de la mêlée de presse a été fourni au Soleil par L'Hebdo Charlevoisien.

Le ministère de l'Enseignement supérieur, qui évalue le coût potentiel de la bonification à 1,4 million$ sur six ans pour huit personnes, fait fausse route, a affirmé M. Brière.

Le ministre Blais «a lancé un chiffre sans nous parler, déplore M. Brière. Est-ce qu'il est venu comparer avec nos calculs? Il ne l'a pas fait. Il a juste lancé un chiffre. Naturellement, c'est croustillant. C'est le fun pour les médias de voir que j'aurais une bonification de 400 000 $. Ce n'est pas réaliste du tout».

Le recteur estime que les chiffres du comité d'experts qui a recommandé au c.a. de l'Université l'ajustement à la hausse, et qui évalue la facture maximale à 390 000 $, sont plus solides. «Le président est un actuaire, a dit M. Brière. Il faut faire attention quand on confronte un actuaire avec les chiffres.»

Le Soleil n'a pu obtenir la composition ni le mode de nomination des experts indépendants en question. Cette information n'est «pas disponible du tout», nous a-t-on dit aux communications de l'Université Laval.

M. Brière insiste sur la coupe salariale de 3 % que les hauts dirigeants ont voulu s'imposer au 1er janvier dernier plutôt que sur la bonification de l'après-mandat. «Je ne sais pas si le ministre a pris une coupure de 3 % dans son salaire, lui, a affirmé le recteur. Je voudrais bien savoir s'il a l'intention de le faire parce que je pense que c'est un bon exemple.»

L'annonce de la réduction de 3 % a été faite à la suite d'une séance extraordinaire du c.a. de l'Université Laval, en décembre, deux semaines après les révélations du Soleil sur l'après-mandat bonifié.

Cette réduction salariale génère dès maintenant des économies de 75 000 $ par année pour les étudiants et la communauté universitaire, plaide le recteur. Alors que l'effet de la bonification, qui ne s'appliquera pas avant 2017, ne peut être mesuré avec précision, souligne-t-il. Cela dépend du nombre de hauts dirigeants qui garderont leur lien d'emploi avec l'Université et de la période pendant laquelle cela sera le cas.

«Je suis quand même à la haute direction de l'Université Laval, lance M. Brière. Je ne peux pas retourner dans une faculté et enseigner pendant six ans de temps. Ça n'a pas d'allure. Il va y avoir d'autres opportunités.»

Jamais il n'a vu un recteur rester en poste plus deux ans après son mandat, dit-il. Si cela était le cas pour M. Brière, la bonification d'après-mandat lui apporterait un montant supplémentaire d'au moins 97 000 $, selon les chiffres du Ministère. Des chiffres, rappelons-le, contestés par le recteur.

«En passant, il faut le dire, moi, ça ne me touche pas, a affirmé M. Brière. À la fin de mon mandat, je vais avoir 71 ans.»

Plusieurs chiffres ont circulé quant au salaire de M. Brière. Il a tenu à le préciser. «Ce n'est pas vraiment ma job de vous dire ça, mais je vais vous le dire, [...] aujourd'hui mon salaire est de 320 100 $, a dit le recteur. Comparez avec d'autres universités comparables au Québec et au Canada. Vous allez voir que je ne suis pas gêné quand je reçois mon chèque de paie.»

En plus des comparatifs, M. Brière veut qu'une autre variable s'inscrive dans l'équation. «Nous, nos salaires sont gelés depuis 2009, dit-il. Prenez ça en considération. Et on a pris une coupe de 3 % depuis le 1er janvier 2015.»

En 2011, après des articles du Journal de Québec, M. Brière s'est expliqué sur les hausses salariales de 40 000 $ en 2009, puis de 60 000 $ en 2010, dont il a bénéficié. Un comité des conditions d'emploi avait rehaussé sa rémunération en fonction des autres universités comparables en 2009, mais sur la base de données «erronées». Cela avait mené à l'ajustement de 2010, avait expliqué M. Brière.

Le ministre de l'Éducation en remet

Le ministre de l'Éducation, François Blais, en a remis, vendredi, au sujet de la bonification des conditions d'après-mandat des hauts dirigeants de l'Université Laval, évaluée à 1,4 million $ selon le gouvernement. «C'est inacceptable, on ne peut pas tolérer ce type d'augmentation là», a-t-il réitéré.

«Je connais bien le milieu universitaire, l'Université Laval comprise, et la solution, elle se trouve dans les mains du conseil d'administration, mais aussi dans les mains des cadres, parce qu'ils peuvent très bien dire : "On va refuser, on va revenir en arrière parce que ces augmentations-là ne respectaient du tout nos règles budgétaires"», a déclaré le ministre Blais en mêlée de presse, répondant ainsi à l'argument défendu par la direction de l'Université Laval selon laquelle la décision d'améliorer les conditions d'après-mandat des cadres de l'établissement émane du conseil d'administration et d'un comité indépendant.

«Je leur donne encore un petit peu de temps [aux dirigeants de l'Université Laval], il faudrait réagir bientôt», a répété le ministre de l'Éducation, selon qui le président du conseil d'administration, John Porter, était «visiblement mal informé» des coûts liés à cette décision.

Faisant référence au cas de l'Université Laval, mais aussi à celui de l'Université Bishop's, qui a consenti une généreuse indemnité de départ au recteur Michael Goldbloom, le ministre a promis de «faire quelque chose pour donner une prise plus concrète au Ministère dans ces situations-là».

«On est rendu là, à mettre un cadre réglementaire. Mais, encore une fois, je pense qu'il y aura une correction de la situation [de la part de l'Université Laval]», a dit le ministre Blais, qui a, rappelons-le, menacé de réduire la subvention de l'établissement si le conseil d'administration ne revenait pas sur sa décision.

En chambre, jeudi, François Blais a rejeté la proposition de sa vis-à-vis péquiste Véronique Hivon de convoquer sur-le-champ la haute direction de l'Université Laval en commission parlementaire.

Même sans mandat d'initiative, la Commission de la culture et de l'éducation entendra cet automne les patrons des 13 universités qui n'ont pas défilé devant elle depuis 2010, dont ceux de l'Université Laval. La Loi sur les établissements d'enseignement de niveau universitaire prévoit en effet que les députés interrogent en commission les dirigeants au moins une fois tous les trois ans. Élisabeth Fleury

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