Université Laval: des professeurs dénoncent la «culture du secret»

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Une soixantaine de professeurs de la Faculté des sciences sociales ont écrit une lettre pour demander au recteur Denis Brière d'expliquer les récentes démissions de leur doyenne et de leurs vice-doyens.

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(Québec) Une soixantaine de professeurs de la Faculté des sciences sociales exigent à leur tour des comptes du recteur Denis Brière sur la démission de leur doyenne et de leurs vice-doyens. Ils dénoncent la «culture du secret» et «l'autoritarisme» de la haute direction.

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Caroline Senécal, ancienne doyenne de la Faculté des sciences sociales 

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Une lettre à l'intention du recteur de l'Université Laval circule depuis lundi dans les cinq départements et les deux écoles de la faculté sur «l'étrange démission» de la doyenne, Caroline Senéchal, et de deux vice-doyens, Serge Dumont et Lucie Samson. 

Les deux initiateurs de la lettre, les professeurs Diane Lamoureux, du Département de science politique, et Richard Marcoux, du Département de sociologie, ont rapidement récolté plusieurs dizaines de signatures auprès de leurs collègues. «Nous tenons à faire savoir à l'administration de l'Université notre profonde inquiétude quant à son comportement», écrivent-ils. 

Démission forcée?

La démission de la doyenne, moins d'un an après son élection, et alors qu'elle avait été «largement appuyée par le corps professoral», les laisse «dubitatifs». En fait, à la lumière du fil des événements qui ont précédé son départ, «nous avons plusieurs raisons de penser qu'elle fut "démissionnée"», soutiennent les professeurs.

Le Soleil a fait état hier des tensions entre la doyenne et la haute direction, notamment sur l'iniquité perçue dans les compressions imposées entre les différentes facultés. Selon la lettre, des désaccords quant à la place et l'importance des sciences sociales à l'Université Laval ont aussi eu lieu.

«Les différents gestes de la haute direction de l'université manifestent un autoritarisme déplacé, déplorent les professeurs. [...] Nous tenons à faire savoir à l'administration de l'Université notre profonde inquiétude quant à son comportement.»

Ils demandent une rencontre «dans les plus brefs délais» avec la direction. «Nous nous sentons tous et toutes atteints par cette étrange démission et les autres qui ont suivi.» Les directeurs des départements et des écoles de la Faculté des sciences sociales ont aussi à nouveau écrit au recteur pour lui demander une rencontre et lui «faire part de [leur] anxiété grandissante devant l'incertitude qui plane pour l'avenir».

En entrevue au Soleil, la professeure Lamoureux note qu'une décision concernant la doyenne a «manifestement été prise "en haut" parce la doyenne a été remplacée à une vitesse record». En fait, son successeur pour assurer l'intérim, l'historien et professeur émérite Jacques Mathieu, s'est présenté au bureau de la doyenne avant même que sa démission soit annoncée aux professeurs, souligne-t-elle. Sans que les directeurs départementaux ne puissent fournir d'explications.

«On s'est dit, à première vue, ça ne sent pas bon, affirme Mme Lamoureux. On aimerait ça savoir ce qui se passe. Il y a une culture du secret.»

Même si elle «doute fort» que le recteur consente à les rencontrer, la professeure estime qu'il vaudrait mieux fournir des explications plutôt que de laisser libre cours à la rumeur.

Pour une deuxième journée, le recteur Brière a décliné notre invitation à commenter les événements qui secouent la Faculté de sciences sociales, dotée du troisième poste budgétaire en importance au sein de l'Université Laval. 

Il n'a pas été possible non plus d'obtenir des explications quant au choix de répartition des compressions au sein des différentes facultés de l'institution. Dans le budget 2015-2016 de l'institution, les variations dans les sommes consenties entre les différentes facultés par rapport à l'année précédente fluctuent entre - 6,7 % et + 6,2 %.

La Faculté des sciences sociales a dû absorber une réduction de 4,8 % de son budget.

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