Faire la promotion du savoir-vivre à l'école

L'Institut Pacifique a dévoilé la semaine dernière une... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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L'Institut Pacifique a dévoilé la semaine dernière une nouvelle édition du programme Vers le pacifique, un programme bonifié qui vise à guider les jeunes dans la résolution de leurs conflits en tenant compte des réalités actuelles des élèves, dont la communication dans le cyberespace.

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(Québec) Si la violence physique est presque éradiquée dans les écoles, la violence verbale, elle, fait encore trop souvent partie du quotidien des élèves. Pour Marie-Claude Giguère, animatrice de vie spirituelle et d'engagement communautaire à la commission scolaire de la Beauce-Etchemin et formatrice pour l'Institut pacifique, il ne suffit pas de lutter contre l'intimidation à l'école, il faut aussi et surtout faire la promotion du savoir-vivre.

«La violence physique, on la voit, donc c'est plus facile d'intervenir. Mais la violence verbale, c'est notre talon d'Achille. On ne la voit pas facilement et on n'a pas beaucoup de poigne là-dessus», reconnaît en entrevue la spécialiste temporairement «prêtée» au ministère de l'Éducation.

Marie-Claude Giguère a participé à l'élaboration de la nouvelle édition du programme Vers le pacifique dévoilée la semaine dernière par l'Institut Pacifique. Ce programme bonifié vise à guider les jeunes dans la résolution de leurs conflits en tenant compte des réalités actuelles des élèves, dont la communication dans le cyberespace, explique-t-on à l'Institut Pacifique.

Pendant un an, Mme Giguère a expérimenté le nouveau programme dans une classe de cinquième année de l'école Grande Coudée, à Saint-Martin, en Beauce. «En théorie, les élèves connaissent les quatre étapes de la résolution de conflits (se calmer, se parler des faits et de nos sentiments, chercher des solutions et appliquer la solution choisie). Mais quand ils sont dans le feu de l'action, ils n'arrivent pas toujours à passer de la théorie à la pratique», expose l'animatrice, selon qui le programme Vers le pacifique donne de très bons résultats.

Mme Giguère se souvient d'un petit groupe d'élèves de troisième et quatrième année qui est allé la voir au retour d'une récréation. Les filles, qui s'étaient disputées autour du choix d'un jeu, lui ont demandé un local pour régler leur différend. «Elles m'ont demandé ça par elles-mêmes, et elles ont trouvé par elles-mêmes une solution au bout de 10 minutes. Le programme donne un vocabulaire aux élèves, leur sert de guide.»

Au fil de ses interventions dans les écoles, Mme Giguère a relevé des types de comportements liés, sans être généralisés, aux différents groupes d'âge. À la maternelle, par exemple, les enfants ont tendance à être plus impulsifs et égocentriques, plusieurs n'hésitant pas à bousculer pour avoir ce qu'ils veulent, remarque-t-elle.

Au deuxième cycle (troisième et quatrième année), Mme Giguère note des difficultés à respecter les règles dans les jeux, particulièrement du côté des garçons, et des conflits autour de l'exclusivité en amitié, surtout chez les filles. «Ce que j'explique aux enfants, c'est que si une élève ne veut pas qu'une autre se joigne au groupe avec lequel elle joue, c'est à elle de s'en aller», dit Mme Giguère. Selon elle, ces comportements d'exclusion commencent souvent dès le premier cycle.

Exclusion gars-filles

«Il y a aussi l'exclusion gars-filles aux deuxième et troisième cycles, alors que les élèves sont dans une phase homosociale. C'est particulièrement vrai pour les garçons, qui ne veulent pas avoir de filles dans leur équipe, par exemple», ajoute la spécialiste.

Au troisième cycle, il est (encore) fréquent que les gars se traitent de «fifs» et d'autres épithètes à caractère homophobe ou relatives à l'apparence physique. Chez les filles, on «placote» souvent dans le dos de l'une et de l'autre. «Les filles ont tendance à faire semblant que tout va bien. Elles ne sont pas prêtes à aller au fond des choses pour régler un problème par peur de déplaire ou de passer pour la méchante», remarque Mme Giguère, qui note aussi chez les élèves un esprit de compétition qui les poussent parfois à traiter leurs semblables de «pas bons» ou d'«orthos» (en référence à ceux qui sont suivis en orthophonie ou en orthopédagogie).

«Les enfants n'arrivent pas tous à l'école avec le même niveau d'habiletés sociales [...]. Au-delà de la lutte à l'intimidation, il faut vraiment promouvoir les comportements positifs, les codes de conduite, le savoir-vivre. Car c'est ça qui manque, au fond, le savoir-vivre», conclut Mme Giguère.

Le programme

La Loi visant à prévenir et à combattre l'intimidation et la violence à l'école exige que les institutions scolaires offrent un milieu d'apprentissage sain et sécuritaire aux élèves. Pour y parvenir, plusieurs écoles ont adopté le programme Vers le pacifique de l'Institut Pacifique, un organisme à but non lucratif. En 2013-2014, le programme avait été adopté par 445 écoles et 200 centres de la petite enfance au Québec. Deux recherches menées à l'Université de Montréal ont rapporté une augmentation significative des compétences sociales chez les jeunes initiés au programme, dont la création remonte à 1994. «On parle d'une amélioration en termes d'empathie, de respect, d'écoute et de résolution des conflits», résume la directrice générale de l'Institut pacifique, Shirlane Day. Selon Mme Day, l'apprentissage des habiletés sociales est aussi important que toute autre notion d'ordre scolaire, d'autant plus que des difficultés au niveau social peuvent avoir une influence sur la réussite et le décrochage scolaires.

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