Pas question que les municipalités gèrent les écoles, avance la présidente de l'UMQ

La présidente de l'Union des municipalités du Québec... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La présidente de l'Union des municipalités du Québec et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le ministre de l'Éducation François Blais risque de se heurter à un mur si jamais il souhaite refiler une partie des responsabilités des commissions scolaires aux municipalités.

«Il n'y a pas de demande là-dessus. Le monde municipal n'a pas de réclamation par rapport aux écoles», a tranché la présidente de l'Union des municipalités du Québec et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy.

Même si l'UMQ n'a pas encore de position officielle sur la question, Mme Roy la mairesse, elle, ne veut visiblement rien savoir de voir atterrir dans la cour des villes de nouvelles responsabilités touchant le transport scolaire, encore moins de la gestion du parc immobilier scolaire, souvent désuet.

«Personne ne veut de ce cadeau», a-t-elle illustré en entrevue éditoriale au Soleil mercredi matin.

Mardi, le ministre Blais a confirmé l'abolition des élections scolaires et évoqué de remplacer les commissaires par une éventuelle nouvelle instance de gouvernance régionale composée des directeurs d'école, des parents et d'élus municipaux.

Un premier pas vers plus de responsabilités confiées aux municipalités?

Rien n'est fait, mais l'idée est loin d'être farfelue à l'heure où le sort des commissions scolaires est au coeur de bien des réflexions. Et elle est loin d'emballer Mme Roy.

«Si on est interpellé en nous disant : "Serait-ce possible?", on regardera si c'est possible et à quelles conditions. Mais une chose est certaine, on a déjà beaucoup donné, les municipalités, dans les transferts des municipalités sans argent avec beaucoup de promesses qui ne se sont pas avérées exactes dans l'avenir», a dit Mme Roy.

Un exemple dont elle ne voudrait pas? Le transport scolaire. «Imaginez que nous gérons le transport, mais que l'attribution des élèves aux écoles est faite par un autre organisme. Qu'est-ce qui se passe, d'après vous? On peut répartir les enfants dans les écoles comme on veut car ce n'est pas le même payeur. Alors ce serait une hausse des coûts, systématiquement parce que la préoccupation ne serait pas liée avec le service», a-t-elle illustré.

Pour l'instant, le monde municipal doit d'abord éclaircir les compétences, a poursuivi la présidente de l'UMQ. «Celles qu'on a déjà et celles qu'on veut occuper. Alors on va commencer par régler celles-là, régler notre fiscalité avant d'en remettre par-dessus.»

«Dix-huit mois gigantesques»

Et il faut dire qu'avant d'ajouter d'éventuelles responsabilités, le monde municipal en a plein ses bottines au moment où s'amorcera une «grosse année» de négociations pour un nouveau pacte fiscal que l'on souhaite «signé et réglé pour le 1er janvier 2016». Et un «gros chantier» sur la loi pour la reconnaissance des gouvernements de proximité avec un échéancier d'ici la fin 2016. 

«Le rôle des municipalités a évolué de façon extrêmement importante et il faut en tenir compte dans la réalité législative, ce qui n'est pas le cas actuellement.»

Et dans tous les cas, la demande est la même : reconnaître le rôle des municipalités. Il ne faut pas transférer aux municipalités des responsabilités «sans avoir l'argent qui va avec», tranche Mme Roy.

Présentement, soutient l'UMQ, les municipalités agissent dans 50 % de leurs actions dans les services aux personnes, mais le financement vient à 70 % des taxes.

Le financement, nerf de la guerre, devra donc être revu, repensé, diversifié. Suzanne Roy plaide par exemple pour que les villes puissent toucher 1 % de la taxe de vente du Québec (TVQ). «Quand les municipalités investissent dans le culturel, dans ce qui provoque du développement économique ou fait vivre les commerces, il n'y a pas de retombées», a-t-elle déploré à l'instar du maire de Québec, Régis Labeaume.

En échange, les municipalités pourraient négocier de jeter du lest dans d'autres secteurs, les compensations tenant lieu de taxes, par exemple. «Tout est sur la table», a indiqué Mme Roy. Mais la présidente n'en dira pas plus pour l'instant. Les négociations ne sont pas commencées et l'UMQ et le gouvernement auront amplement le temps de jaser. «Les prochains 18 mois seront gigantesques», a-t-elle conclu.

Suzanne roy sur...

Deux unions, qu'ossa donne?

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) ont des membres en commun, des revendications semblables et travaillent présentement ensemble d'une façon «jamais vue dans les 20 dernières années». Est-il encore pertinent et utile d'avoir deux regroupements, alors? «Je pense que les villes se sentent plus confortables en ayant encore les deux structures, estime Suzanne Roy. Je ne sais pas si, pour l'avenir, ce sera toujours le cas, mais pour l'instant, les gens se sentent plus confortables. Et le fait qu'on travaille ensemble et qu'on se parle est un plus par rapport au ministère [des Affaires municipales].» La principale différence, dit-elle, est que la FQM est plus indiquée pour représenter les municipalités régionales de comté.

Métropole, capitale, pacte fiscal

Les municipalités québécoises veulent retirer le plus possible du futur pacte fiscal. Québec et Montréal aussi. Mais ces deux gros joueurs du monde municipal auront en plus leur propre promise par le gouvernement Couillard, respectivement celle sur le statut de capitale et de métropole. Suzanne Roy ne craint toutefois pas que les maires Régis Labeaume et Denis Coderre fassent cavaliers seuls dans leurs revendications personnelles. «On travaille sur un tronc commun et après, eux, ils ont leurs propres particularités de capitale ou de métropole. Ce sont des choses qui se font bien de façon simultanée», a indiqué au Soleil la présidente de l'UMQ, une instance que Québec et Montréal ont réintégrée en 2013 après des années d'absence. Mme Roy ne craint pas de désintérêt de la part des deux maires les plus en vue au Québec. «Ils sont présents et actifs à l'intérieur de nos travaux.»

La foi et... la prière

La présidente de l'UMQ, Suzanne Roy, croit toujours fermement en la promesse du gouvernement Couillard de valoriser les municipalités après les «grands vents» de l'automne et des coupes de 300 millions $ dans les transferts aux municipalités. Regrette-t-elle d'être apparue aux côtés du premier ministre et du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, lors de l'annonce d'un pacte fiscal «transitoire» demandant autant de sacrifices aux villes? «Je n'ai pas dit oui à 300 millions $. Mais à la garantie d'un nouveau pacte fiscal et de la reconnaissance de l'autonomie des municipalités. C'est ce dont je me rappelle lorsque j'ai tendance à le regretter», a laissé tomber celle qui a confiance en des jours meilleurs. «Je me permets de croire que je peux croire en la signature du premier ministre», a-t-elle dit. Elle a donc la foi? L'utilisation du terme a suscité des rires autour de la table alors que le jugement de la Cour suprême interdisant la prière au conseil municipal de Saguenay venait de tomber. Sur ce point toutefois, la présidente de l'UMQ ne commentera pas. «Nous, on n'a pas de position officielle sur cette question.»  

Les vidanges!

Difficile de ne pas faire allusion à la «saga des poubelles» lorsqu'on jase de responsabilités municipales. Le sujet a surgi lors de l'entrevue éditoriale avec Suzanne Roy quand la présidente de l'UMQ a évoqué des dépenses en gestion des matières résiduelles. «Ah non, je parle-tu de ça à Québec, moi, là?» a-t-elle rigolé en réalisant qu'elle venait de mettre sur la table cet épineux sujet. Sur une note plus sérieuse, Mme Roy a souligné que les sommes que ses membres ont consacrées à l'environnement ont bondi. «Les nouvelles normes et obligations en environnement ont fait monter les dépenses de 7 %», a-t-elle illustré. Parmi elles, l'interdiction d'ici 2020 d'enfouir toute matière recyclable ou organique. «C'est demain, 2020», a dit Mme Roy, selon qui cette cible gouvernementale représentera un grand défi pour certaines municipalités. «Je ne suis pas convaincue que tout le monde va réussir à y arriver», a-t-elle dit.

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