Josée Bouchard s'indigne de la fin des élections scolaires

Josée Bouchard, de la Fédération des commissions scolaires... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Josée Bouchard, de la Fédération des commissions scolaires du Québec, a déploré mardi que le ministre François Blais ait choisi de «parler aux médias au lieu de s'adresser aux commissions scolaires».

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, a été surprise et indignée mardi matin d'apprendre l'intention du ministre de l'Éducation, François Blais, d'abolir les élections scolaires. «J'ai reçu ça comme une tonne de briques», soutient celle qui parle d'une décision «très dangereuse» pour l'accessibilité et l'équité des services aux élèves.

Mme Bouchard ne s'attendait pas à une décision aussi ferme et catégorique. Elle dit avoir été avertie par le ministre lundi en fin d'après-midi qu'une annonce serait faite le lendemain, une annonce qui ne lui «ferait pas plaisir», aurait-il précisé. 

Mais la nouvelle est arrivée «comme une tonne de briques» pour la présidente, d'autant plus que François Blais et son prédécesseur, Yves Bolduc, lui auraient assuré que le gouvernement allait de l'avant avec les fusions de commissions scolaires, et qu'il travaillait sur ce projet plutôt que sur celui d'une éventuelle abolition des élections scolaires. «Les deux ministres ont été très clairs», assure-t-elle.

Elle s'insurge par ailleurs contre le fait que le ministre Blais ait choisi de «parler aux médias au lieu de s'adresser aux commissions scolaires» directement. 

Après avoir déclaré au Journal de Québec qu'il ne «croyait plus personnellement à la pertinence des élections scolaires», François Blais a confirmé mardi son intention de les abolir afin de mettre en place une «nouvelle gouvernance régionale formée de représentants du milieu».

«Il faut passer autre chose», lance-t-il, sans équivoque.

Le taux de participation aux élections scolaires de novembre dernier n'avait pas atteint le seuil du 5 %. À l'époque, le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, avait prévenu que l'avenir des commissions scolaires dépendrait des résultats de ces élections.

François Blais dit aujourd'hui agir dans le même sens.

Il propose notamment de créer de nouvelles instances décisionnelles où pourraient siéger représentants d'établissement, parents et représentants des municipalités. Il souhaite que sa réforme soit adoptée à temps pour la rentrée 2016. 

«Très mauvaise lecture»

Josée Bouchard parle d'une «très mauvaise lecture» de la situation actuelle au sein des commissions scolaires, ajoutant qu'il est «difficile de comprendre le gouvernement» avec de telles décisions.

«Le gouvernement fait appel aux élus scolaires pour réaliser de nouvelles compressions sans précédent, qui s'élèvent maintenant à plus d'un milliard de dollars depuis 2010. On nous demande de mener à bien un projet de fusions des commissions scolaires sans connaître les économies anticipées, on compte sur nous pour défendre la position du Conseil du trésor dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives et, du même souffle, on déclare qu'on veut nous abolir», s'est étonnée Mme Bouchard par voie de communiqué mardi.

Son homologue de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ), David D'Aoust, et elle réclament d'ailleurs une rencontre immédiate avec la Table Québec-Commissions scolaires.

«J'interpelle le gouvernement : une école, c'est pas un hôpital. Nous avons besoin d'accepter tous les élèves», lance Josée Bouchard, préoccupée par les problèmes d'équité que pourrait occasionner l'apparition de nouvelles instances de gouvernance régionale pour remplacer les élections scolaires.

Elle fait notamment référence aux services de transport scolaire ou d'équipements sportifs et culturels, dont les décisions pourraient être prises par des membres de conseils d'administration qui «mettraient leurs besoins devant les besoins des élèves».

Anglophones

Du côté des commissions scolaires anglophones, on refuse purement et simplement la fin du suffrage universel. «La minute qu'un projet de loi est déposé pour abolir les élections scolaires, on va agir. [...] On demanderait une injonction», affirme David D'Aoust, président de l'ACSAQ. 

S'il le faut, il serait même prêt à aller jusqu'en Cour suprême pour faire valoir la protection constitutionnelle des anglophones du Québec.

Car à ses yeux, sans suffrage universel, rien n'empêche que les commissions scolaires anglophones soient gérées par des personnes qui ne sont pas «enracinées dans cette culture-là», et qui ne sont pas au fait des «besoins de la communauté anglophone».

Une rencontre est prévue vendredi entre le ministre Blais et l'ACSAQ.  Avec Simon Boivin

Improvisation, selon la CAQ

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, s'est fait un plaisir mardi de rappeler que Philippe Couillard s'était opposé à sa proposition d'abolir les élections scolaires durant le débat des chefs de la dernière campagne électorale. «Je pense qu'il y a des limites à prendre les Québécois pour des valises. Ça n'a pas de bon sens d'avoir un gouvernement qui improvise sur à peu près tous les sujets, qui dit une chose pendant la campagne électorale, et qui fait exactement le contraire une fois qu'il est élu.»

Par ailleurs, M. Legault s'est dit «content» de la décision du gouvernement, soutenant qu'«il est temps que le gouvernement, en particulier le ministre de l'Éducation, reprenne le contrôle de la façon dont cet argent public est dépensé par les commissions scolaires». 

Du côté du Parti québécois (PQ), on dit que la faible participation aux dernières élections municipales a démontré la nécessité d'en revoir la structure. Mais Stéphane Bédard, le chef intérimaire du PQ, précise que son parti veut d'abord et avant tout «des pouvoirs en région, près des étudiants, près des parents». 

Avec Simon Boivin et Jean-Marc Salvet

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