Université Laval: front commun contre les compressions

Le mois dernier, le vice-recteur Éric Bauce avait... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le mois dernier, le vice-recteur Éric Bauce avait évoqué le non-renouvellement des contrats d'une quarantaine d'employés et des cours annulés lorsqu'il parlait des effets des compressions. Il n'avait pas fait état de pertes d'emploi ou de suspensions de programmes.

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(Québec) Professeurs, chargés et de cours et étudiants de l'Université Laval comptent unir leurs forces pour lutter contre les compressions imposées à leur établissement.

Mercredi soir, un premier panel réunissant des représentants des trois groupes aura lieu au pavillon Charles-De Koninck. 

«Il faut se parler. Les trois groupes se rendent bien compte qu'il est difficile de lutter chacun de leur côté» contre les coupes dans les universités et pour le maintien de la qualité de l'enseignement, a expliqué au Soleil la vice-présidente aux communications du Syndicat des chargés de cours de l'Université Laval (SCCUL), Anne Beauchemin.

Les chargés de cours sont particulièrement concernés par les compressions à l'Université Laval. Selon les informations recueillies par le SCCUL, au moins 160 charges de cours seraient touchées en 2015-2016. Certaines disparaîtront, d'autres seront transférées aux professeurs, qui verront donc leur charge de travail s'alourdir. 

Déjà, cet hiver, une quarantaine de chargés de cours ont rapporté des changements dans leur charge de cours à cause des compressions, selon Anne Beauchemin. 

Les informations qui circulent actuellement font également état de 40 pertes d'emploi chez les occasionnels et d'au moins 5 programmes de la Faculté des lettres et des sciences humaines suspendus en 2015-2016.

Des données qui n'ont pas été confirmées ni infirmées par la direction de l'Université Laval, jeudi. Seul le non-renouvellement des contrats d'une quarantaine d'employés a été évoqué par le vice-recteur principal de l'Université Laval, Éric Bauce, lors d'entrevues aux médias, le mois dernier. M. Bauce avait également parlé de cours annulés et de classes plus nombreuses pour illustrer les effets des compressions.

«Il y a 22 millions $ qui ont été coupés [...], et pour faire face à ces coupes-là, on a diminué les auxiliaires d'enseignement et le nombre de chargés de cours, donc, globalement, les professeurs vont voir leur charge de travail en enseignement augmenter», déplore le président du Syndicat des professeurs de l'Université Laval, Yves Lacouture, ajoutant que ce n'est qu'à l'automne qu'on prendra la pleine mesure de l'effet des compressions. 

Selon M. Lacouture, les coupes auront des impacts non seulement sur la qualité de l'enseignement, mais aussi sur le temps consacré à la recherche.

Les syndicats de l'Université Laval se rencontreront par ailleurs prochainement en vue d'adopter une position commune sur les mesures d'austérité qui touchent leur établissement. «On va certainement participer aux manifestations s'il y a un mouvement plus large» au Québec à l'automne, précise M. Lacouture.

Inquiétude

Le président du SCCUL, Puma Freytag, est inquiet. «Si les universités font les efforts qu'on leur demande de faire plutôt que de résister, [...] on risque d'avoir des nouvelles compressions. Je ne crois pas du tout qu'il y aura réinvestissement, on va vivre avec cette situation, et cette situation va être pérenne, voire s'aggraver», croit M. Freytag. 

Parce que le gouvernement a comme objectif de réduire l'engagement de l'État dans les services publics, il va continuer d'en demander toujours plus aux universités jusqu'à ce qu'elles recourent à d'autres moyens pour pouvoir garder un certain standard d'enseignement et de recherche, craint M. Freytag. 

«On ne peut pas faire confiance au gouvernement actuel, dont on sait très bien que ce n'est pas l'équilibre budgétaire ou le déficit zéro qui l'intéresse, mais bien la réduction du secteur public», insiste le président du SCCUL.

Le grand risque à court terme, c'est l'accessibilité, ajoute M. Freytag. «Il va y avoir soit une augmentation des frais de scolarité, soit un contingentement encore plus sévère», prédit le chargé de cours en théâtre, qui voit aussi venir «une concurrence forcenée entre les universités à la recherche de clientèle». 

«Tous les coups seront permis parce qu'on sera sur un modèle d'entreprise plutôt que sur un modèle de service public», dit M. Freytag.

Le pavillon des sciences de l'éducation occupé

Plusieurs dizaines d'étudiants ont occupé durant quelques heures le pavillon des sciences de l'éducation de l'Université Laval jeudi après-midi, espérant rencontrer le recteur Denis Brière.

«Nous sommes solidaires avec les camarades de l'Université du Québec à Montréal [UQAM] qui subissent des expulsions et nous voulons aussi dénoncer la brutalité policière», a déclaré Alice Paquet, une étudiante du Cégep Garneau qui faisait partie du groupe de plus de 80 étudiants qui se sont installés au rez-de-chaussée du pavillon vers 15h jeudi.

«Nous aimerions rencontrer le recteur pour lui demander de prendre position dans le dossier des étudiants expulsés par l'UQAM», a poursuivi Alice Paquet. C'est parce que le recteur Denis Brière et le vice-recteur Éric Bauce ont leurs bureaux dans ce pavillon que les étudiants ont choisi de s'y installer.

Le porte-parole de l'Université Laval, Samuel Auger, a toutefois indiqué au Soleil que MM. Brière et Bauce n'étaient pas à leurs bureaux durant l'occupation étudiante et qu'ils préféraient ne pas commenter des événements qui concernent l'UQAM.

Dans le calme

L'occupation s'est déroulée dans le calme sans intervention policière, le service de sécurité de l'Université Laval ayant confiné les manifestants au rez-de-chaussée et contrôlant de façon stricte les années et venues du personnel et des étudiants qui avaient des travaux ou des examens à remettre.

À l'intérieur, les manifestants chantaient et dansaient ou alors restaient simplement assis en attendant. Selon Samuel Auger, ils ont décidé de quitter les lieux vers 18h20 et se sont dispersés après avoir manifesté quelques minutes à l'extérieur du pavillon. Ian Bussières

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