Des profs d'université s'en prennent au ministre Blais

En expulsant des étudiants, « on fait réfléchir... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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En expulsant des étudiants, « on fait réfléchir les autres, c'est clair », a mentionné François Blais.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Sortant de leur silence «pour contester ce qui est indigne», des professeurs d'université s'en prennent à l'attitude «paternaliste» du ministre de l'Éducation, François Blais.

Dans une lettre ouverte publiée sur lesoleil.com, une vingtaine de professeurs venant surtout du Département des sciences historiques de l'Université Laval estiment que les propos tenus cette semaine par le ministre Blais sont «indignes d'un ancien professeur, d'un ministre responsable de l'éducation supérieure et de la recherche».

Parmi les signataires de la missive, le professeur Patrick Baker, directeur des programmes de premier cycle en histoire à l'Université Laval. Patrick Baker a fait parler de lui plus tôt cette semaine à la suite d'un courrier électronique envoyé à ses étudiants dans lequel il critiquait notamment le recours aux tribunaux par les étudiants désirant avoir accès à leurs cours. M. Baker qualifiait aussi d'outil de droite le spectre de l'annulation des cours brandi par le ministre Blais.

Dans leur lettre ouverte, les professeurs rappellent que le 31 mars, le ministre de l'Éducation a déclaré sur les ondes de CHOI qu'expulser «deux ou trois élèves par jour» des universités «refroidirait les ardeurs de certains» et «ferait réfléchir les autres». «On fait ça avec des enfants», avait aussi dit le ministre Blais.

«Monsieur Blais, les étudiants ne sont pas vos enfants. Vous n'êtes pas leur "père". Vous êtes un ministre élu, et une contestation sociale ne se gère pas à coups de "punitions" soi-disant pédagogiques», écrivent-ils.

Les signataires estiment que la contestation étudiante «n'est pas le caprice d'une génération trop gâtée qu'il faut punir», mais qu'elle est plutôt «l'expression d'une jeunesse animée par un désir de changement, qui revendique le droit à l'éducation pour le plus grand nombre».

«Ministre élu, vous rappelez régulièrement votre passé de professeur pour justifier vos positions en matière d'éducation. Nous, professeurs-es, ne pouvons admettre qu'à ce titre, vous justifiiez la sanction, la répression comme des remèdes contre l'engagement social et politique d'étudiants-es au profit d'autres étudiants-es. Maurice Duplessis disait gérer la province comme un père de famille; n'en étions-nous pas revenus? L'éducation n'est pas une famille. Elle contribue au bien commun, elle est l'affaire de tous et toutes», écrivent les auteurs de la missive.

Les professeurs estiment que les institutions dans lesquelles ils oeuvrent sont mises en péril parce que, selon le ministre, «de nouvelles coupures en éducation sont nécessaires», «pour le futur de nos enfants».

Garde-fou

«Si le droit à l'éducation dont vous parlez tant est actuellement menacé, c'est par des coupes sauvages qui hypothèquent justement la formation des générations à venir», jugent-ils.

À propos de leur «devoir de réserve» qu'on leur oppose chaque fois qu'ils parlent en dehors de la classe, les professeurs soulignent qu'il «ne sera jamais une loi du silence».

«Lorsqu'un élu agit comme vous le faites, nous, professeurs-es, quelles que soient nos convictions politiques, ne pouvons plus nous taire; nos idéaux nous demandent de constituer le garde-fou qui manque visiblement à votre entourage», concluent-ils

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