Compressions: une «chape de plomb» sur les cégeps de l'Est-du-Québec

Les services aux étudiants dans les cinq cégeps... (Collaboration spéciale, Geneviève Gélinas)

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Les services aux étudiants dans les cinq cégeps de l'Est-du-Québec, dont celui de la Gaspésie et des Îles (photo), seront touchés par les compressions de 3 millions $ annoncées dans le dernier budget provincial, selon les directeurs de ces établissements collégiaux.

Collaboration spéciale, Geneviève Gélinas

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Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Les cinq cégeps de l'Est-du-Québec lancent un cri d'alarme. La somme des compressions encaissées depuis 2011 totalise 12 millions $, et les dernières sont de trop, disent leurs directeurs, qui devront réduire les services aux étudiants et suspendre des programmes.

Compressions par cégep... (Infographie Le Soleil) - image 1.0

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Compressions par cégep

Infographie Le Soleil

Les compressions annoncées dans le dernier budget provincial s'élèvent à 3 millions $ pour les cinq établissements. Les cégeps de la Gaspésie et des Îles, de Matane, de Rimouski, de Rivière-du-Loup et de La Pocatière disent ne plus avoir de marge de manoeuvre pour desservir leurs 6000 étudiants et les milliers d'autres en formation continue. 

Une «chape de plomb» tombe sur les cégeps, dit Claude Harvey, directeur du Cégep de La Pocatière. «Je suis un peu désespéré comme dg. Je ne sais pas comment je vais absorber ces coupes.»

«À court terme, on envisage une baisse sensible des services aux étudiants», prévient Yves Galipeau, directeur du Cégep de la Gaspésie et des Îles. «Ça pourrait toucher les services d'orientation, de soutien à la réussite, la bibliothèque, la vie étudiante et demander une participation financière accrue des étudiants.»

«Le pire, c'est que l'accès aux programmes est compromis», dit Louis Bujold, directeur des études au Cégep de la Gaspésie, qui parle «d'asphyxie des régions». Malgré le déclin démographique, son cégep réussit à maintenir bon an, mal an ses 1100 étudiants en recrutant ailleurs au Québec et à l'international, une clientèle qui représente environ 20 % de ses étudiants. 

Depuis cinq ans, les cinq cégeps de l'Est ont réussi à attirer près de 300 étudiants français. Ces recrues permettent d'atteindre le nombre minimal pour démarrer un cours, signale M. Bujold. «Parce que huit personnes de l'extérieur viennent, ça permet aux élèves d'ici de suivre le programme, dit-il. Mais ces actions de recrutement sur l'île de Montréal ou à l'international nous coûtent des centaines de milliers de dollars.»

Des suspensions de programme obligeraient des jeunes à étudier hors de la région, une dépense de 15 000 $ par an pour leurs parents, estiment les directeurs. 

Part incompressible

Une grande partie du budget des cinq collèges, qui totalise 140 millions $, est incompressible, font valoir les cégeps. La moitié est destinée au salaire des enseignants, à laquelle il est impossible de toucher, explique Jean-Pierre Villeneuve, directeur du Cégep de Rimouski. «Sur l'autre moitié, il y a aussi des dépenses incompressibles, dont le chauffage. Sur notre budget de 50 millions $, on peut intervenir sur 12 à 14 millions $.»

Les nouvelles coupes portent un «dur coup» à la capacité des cégeps d'aider le développement régional au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles, argue Yves Galipeau. «Les diplômés du technique sont capables de démarrer des entreprises, d'amener de l'innovation, des idées pour transformer les matières premières.»

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