Injonction à l'Université Laval: le cours se déroule sans entrave

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Une trentaine d'étudiants ont assisté au cours du professeur Vincent Fauque (photo), qui a choisi de s'inspirer des événements pour orienter son cours, invitant ses étudiants à réfléchir et discuter sur la question des droits individuels et des droits collectifs.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) L'étudiante Catherine Leblond, qui a obtenu mardi une injonction contre l'Association des étudiantes et étudiants en histoire (AÉÉH), a pu mercredi après-midi assister au cours «Ordre mondial du 21e Siècle» alors que les associations étudiantes ont respecté la décision du juge Serge Francoeur et n'ont pas dressé de piquets de grève.

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:Les étudiants de l'Université Laval qui le voulaient pouvaient assister à leur cours d'histoire, mercredi. Deux agents de sécurité de l'établissement (photo) et trois policiers de Québec avaient été dépêchés sur place, mais aucun incident n'a nécessité leur intervention, alors qu'aucun piquet de grève n'avait été dressé.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Arrivée plus d'une demi-heure avant le début du cours, Catherine Leblond semblait un peu nerveuse, mais était heureuse que son cours ait lieu alors qu'elle n'y avait pas eu accès la semaine dernière. Deux agents de sécurité de l'Université Laval et trois policiers de Québec avaient été dépêchés sur place, mais aucun incident n'a nécessité leur intervention.

«Si ça continue de même, oui, je suis satisfaite», a commenté brièvement la jeune femme. L'étudiante au baccalauréat intégré en études internationales et langues modernes n'a toutefois pas voulu en dire davantage. «Je ne veux pas trop parler, ça ne me tente pas que tout le monde sache je suis qui.»

La majorité des étudiants, essentiellement membres de l'AEEH et de l'Association du baccalauréat en études internationales et langues modernes de l'Université Laval (ABEILL), a toutefois pris la décision de ne pas assister au cours en raison du vote de grève toujours en vigueur dans les deux associations.

Plus tôt en journée, l'Université Laval avait assuré qu'elle entendait se conformer à l'injonction ordonnée mardi par la Cour supérieure visant à assurer le libre accès aux salles de cours d'anthropologie et d'histoire.

Dans une brève déclaration envoyée aux médias, le service des communications de l'Université Laval a écrit que l'établissement «respecte les lois et a pris bonne note du jugement de la Cour supérieure concernant l'accès à certains cours».

Inspiré des événements

Une trentaine d'étudiants seulement étaient dans la classe du professeur Vincent Fauque, qui a choisi de s'inspirer des événements pour orienter son enseignement. Il a invité ses étudiants à réfléchir et à discuter sur la question des droits individuels et des droits collectifs.

L'enseignant avait d'ailleurs déclaré n'avoir aucun problème avec le mouvement de grève en point de presse avant son cours. «Il n'y a pas de problème quand on laisse la démocratie s'exprimer», a-t-il affirmé, ajoutant que ceux qui n'assisteraient pas au cours ne seraient pas pénalisés.

«C'est un vote démocratique qui a été pris. Si on reconnaît les associations étudiantes, on doit aussi reconnaître les droits afférents. Si on déclare qu'un droit individuel doit prévaloir sur un droit collectif, on infirme la démocratie!» a-t-il ajouté, applaudi par les grévistes.

En réponse à la question d'un journaliste, M. Fauque a toutefois concédé que les associations étudiantes devraient possiblement améliorer leur système de vote. «Si on veut respecter le vote démocratique, il faut qu'il soit légitime.»

Conséquent

Gabriel Leblanc, coordonnateur aux affaires externes et aux dossiers politiques de l'ABEILL, est demeuré à l'extérieur de la salle de classe comme plusieurs autres étudiants. «On a fait du piquetage la semaine dernière, mais on n'en fait pas cette semaine à cause de l'injonction. On n'encourage personne à se mettre dans le pétrin et on n'empêche pas la tenue du cours. Cependant, si on veut être conséquent avec ce qu'on prône, il faut sortir de la classe car il y a un vote de grève», a-t-il expliqué.

L'étudiant Jean-François Morasse, associé de la Fondation 1625, qui soutient les étudiants qui demandent des injonctions, s'est pour sa part dit satisfait de la tournure des événements. «C'est ce que l'Université aurait dû faire dès la première journée de grève, permettre l'accès aux cours à ceux qui veulent y assister. Ceux qui ne veulent pas ont le droit également. Ils ne sont pas obligés d'y assister, nous sommes dans un pays libre», a-t-il conclu.  

Avec Élisabeth Fleury

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