Grèves étudiantes: pas de cours, pas de reprise, menace Blais

«Je ne vois pas comment je priverais de... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

«Je ne vois pas comment je priverais de financement les écoles primaires et secondaires pour des gens qui se sont mis à la porte de l'université», a déclaré le ministre de l'Éducation François Blais.

Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Si les grèves étudiantes devaient se poursuivre, les étudiants des programmes directement en cause ne peuvent s'attendre à des reprises de cours, problème de budget oblige, prévient le ministre de l'Éducation, François Blais.

Le ministre a fourni cette indication à sa sortie de la réunion quotidienne de l'aile parlementaire libérale, mardi. Tout en appelant la «majorité silencieuse» à s'exprimer pour bloquer les votes de débrayage, M. Blais a signalé qu'il existe des «conséquences» à paralyser les cours trop longtemps.

«Dans le contexte financier extrêmement difficile, on ne peut pas imaginer un financement pour des reprises, l'été prochain. En 2012 [au printemps marqué par d'incessantes perturbations dans les collèges et universités], le coût des grèves a été un coût pour la sécurité, mais aussi un coût très important pour des reprises.

«Je ne vois pas comment je priverais de financement les écoles primaires et secondaires pour des gens qui se sont mis à la porte de l'université, a-t-il poursuivi. Nous avons cette préoccupation. Il pourra y avoir des conséquences de cette nature» si les conflits s'éternisent.

François Blais a affirmé que le droit à l'éducation est un «droit fondamental». Par contre, il n'a pas l'intention de renier ni même de baliser le droit de grève. Comme société, a-t-il mentionné en substance, le Québec le reconnaît depuis 40 ans.

Il a glissé que le mouvement de contestation n'a pas du tout l'ampleur de celui du «printemps érable». De 5 et 7 % des étudiants n'ont pas accès à leurs classes, a-t-il évalué.

Les grandes fédérations que sont la FEUQ (pour les inscrits à l'université) et la FECQ (pour qui fréquentent les cégeps) n'adhèrent pas aux grèves au boycottage du début de semaine, a-t-il ajouté. «En ce sens, c'est plus marginal.»

M. Blais a retourné à ceux qui ne militent pas dans les associations étudiantes le fardeau d'empêcher les débrayages. «Il faut absolument inviter la majorité silencieuse des étudiants à aller voter dans leurs assemblées.

«Lorsqu'elle se lève et va voter - et je sais qu'elle n'aime pas ça, qu'elle trouve les réunions longues et pénibles -, ça donne des résultats. La meilleure façon de sortir de cette spirale, c'est d'aller voter.»

Cette «majorité silencieuse» n'aurait pas à craindre de participer aux séances de vote. «Plus ils sont nombreux, moins l'intimidation sera grande.»

Des règles de vie

Le ministre Blais n'a pas l'intention de forcer la main aux dirigeants des institutions d'enseignement pour garantir l'accès en classe. Ces dernières «ont toutes des règles de vie. Elles doivent être respectées.

«Les universités peuvent exercer un pouvoir d'autorité sur les étudiants, si elles le jugent approprié, a-t-il dit. Elles veulent éviter d'ajouter de l'huile sur le feu. Je les comprends. Mais elles ont un pouvoir d'autorité, de sanctions.»

Sans endosser le recours au piquetage pour empêcher d'assister aux cours, la députée péquiste Véronique Hivon a insisté qu'elle comprend parfaitement que, «chez les étudiants, il y a énormément de frustration par rapport à l'austérité [du gouvernement] libérale.» Elle s'est dite outrée que le ministre avance que «les coupes se font pour le bien futur des enfants et de notre jeunesse».

L'élue représentant Joliette a cependant réclamé que le gouvernement libéral «s'arrête à la question du droit de grève des associations étudiantes» et aux règles le balisant. Le Parti québécois est en réflexion là-dessus, a-t-elle indiqué, sans donner de précisions.

Critique pour la Coalition avenir Québec, le député Jean-François Roberge a tenté en vain d'exiger une directive écrite rappelant aux directions d'établissement qu'elles doivent s'assurer que les cours sont dispensés et que les professeurs les donnent. «Le ministre [...] a le devoir de donner des consignes claires» et d'appuyer les dirigeants «qui oseront prendre des sanctions contre des étudiants qui en empêchent d'autres d'étudier». 

Avec Simon Boivin

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer