Grèves étudiantes: François Blais renvoie la balle aux recteurs et aux directeurs

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Rien dans ce qui se passe actuellement au Québec, alors que des associations qui représentent quelque 60 000 étudiants ont enclenché une grève, dont à l'Université Laval, ne se compare au printemps érable, a commenté le ministre François Blais lundi matin.

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(Québec) Il incombe aux recteurs des universités et aux directeurs des collèges de faire respecter les règlements sur leur campus, soutient le ministre de l'Éducation, François Blais.

Rien dans ce qui se passe au Québec, alors que des associations qui représentent quelque 60 000 étudiants ont enclenché une grève, ne se compare au printemps érable, a commenté le ministre lundi matin sur les ondes du 98,5.

«La situation est bien différente de 2012, a affirmé M. Blais. On évalue qu'il y a entre 7 % et 10 % des étudiants en grève. La FECQ et la FEUQ ne sont pas, semble-t-il, derrière ce mouvement. C'est un mouvement très circonscrit.»

Pour le moment, il dit comprendre que les dirigeants des établissements collégiaux et universitaires concernés ne souhaitent pas envenimer les choses. Toutefois, le ministre souligne qu'il n'a pas de «pouvoir d'exception» en pareilles circonstances.

«Je comprends les directeurs et recteurs de ne pas vouloir mettre de l'huile sur le feu en ce moment, a-t-il déclaré. Mais ils ont les moyens quand ils le jugent approprié de faire respecter les règles de vie à l'intérieur de leur établissement.»

Le ministre invite les autorités compétentes «certainement à faire respecter» les règlements de leurs institutions. «Je suis certain que ce matin (lundi), ils vont examiner ce qui est du domaine du possible, a noté le ministre de l'Éducation. À n'importe quel moment ils pourraient prendre en considération la situation, prendre en considération les personnes qui sont impliquées dans le mouvement et éventuellement les amener devant un comité de discipline.»

Les citoyens, incluant les étudiants, ont le droit de manifester leur opposition aux politiques du gouvernement libéral, poursuit-il. Mais pas d'empêcher ceux qui souhaitent assister à leurs cours de pouvoir le faire librement. «Personne ne devrait avoir le droit d'empêcher une autre personne d'étudier, a lancé le ministre Blais. Pour moi, c'est bien clair. Malheureusement, le Québec est dans cette mélasse depuis une quarantaine d'années, dans cette confusion des genres.»

À l'Université Laval, entre 10 000 et 15 000 étudiants sont touchés par la grève.

Drainville n'exclut pas de marcher avec les étudiants

Pour sa part, l'aspirant chef péquiste Bernard Drainville n'a pas écarté la possibilité de marcher avec les étudiants pour appuyer leurs revendications, comme des membres du Parti québécois l'ont fait lors du printemps érable.

«Je ne l'exclus pas», a laissé tomber le candidat à la succession de Pauline Marois et député de Marie-Victorin. «J'ai une campagne à mener, a-t-il aussitôt nuancé. Je suis passablement occupé. Mais je ne l'exclus pas.»

Bernard Drainville n'a pas voulu se prononcer sur le fait que des protestataires bloquent l'accès aux cours à des collègues d'études. «Pour ce qui est de l'ordre des moyens, je leur laisse cela», a-t-il indiqué, en s'en remettant aux leaders étudiants à ce sujet. «Ce n'est pas à nous, les élus, de dire : les étudiants devraient prendre tel ou tel moyen.»

Par contre, il a endossé leur lutte. «Que les étudiants décident de se mobiliser contre l'austérité, on ne peut pas être contre ça. Nous [au PQ], on se bat contre l'austérité. Je dis que la première responsabilité du prochain chef du Parti québécois sera d'être le chef de l'opposition à l'austérité. Les libéraux sont en train de faire très mal au Québec.»

À la Coalition avenir Québec, le leader parlementaire François Bonnardel abondait plutôt dans le sens du ministre libéral. Il a pris la défense des mesures d'austérité mises en place dans le contexte budgétaire difficile du Québec. «On a un travail de pédagogie à faire nécessairement là-dessus, a dit M. Bonnardel. Mais je dis [aux étudiants] juste une chose. D'accord, allez-y, mais, de l'autre côté, il y a une majorité silencieuse qui, elle, n'est pas dans la rue, qui est dans une salle de cours.»

«Le ministre Blais n'a pas de courage»

La Fondation 1625, organisme en appui aux étudiants victimes de la grève, critique «l'inaction» du gouvernement libéral.

«Encore une fois, malheureusement, le gouvernement abandonne les étudiants qui veulent étudier. Le porte-parole de la fondation, Miguaël Bergeron, ne mâche pas ses mots pour qualifier l'attitude libérale dans le dossier de la présente grève étudiante. «Le ministre de l'Éducation dit qu'il ne faut pas bloquer l'accès au cours. Mais il n'a pas accompagné son commentaire d'une action précise», déplore-t-il.

«J'ai vu des gens qui se faisaient intimider, qui se faisaient insulter, des gens qui ont dit s'être fait bousculer. La situation est inacceptable, poursuit M. Bergeron. Ce n'est pas normal qu'on doive appeler la police et intenter des recours juridiques. Le ministre Blais doit prendre ses responsabilités et mettre son poing sur la table.»

Le porte-parole a l'impression de revivre le printemps 2012. «À l'époque, on n'a rien fait pour nous. Le ministre de l'Éducation doit modifier la Loi sur les associations étudiantes et doit indiquer clairement que la grève est illégale et attacher des conséquences si des votes de grève sont votés.»

Pour pallier ce que M. Bergeron appelle «l'inaction» du gouvernement et «le manque de courage du ministre», la fondation rend accessible sur son site Internet une trousse d'injonction pour les «étudiants désirant maintenir leur droit à l'éducation».

«Une cinquantaine sont en cours et on pense en préparer qui visent les institutions d'enseignement et le ministre Blais lui-même», conclut le porte-parole, en assurant que l'organisme poursuivra la lutte.  Jean-François Néron

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