Première journée de grève à l'Université Laval sur fond de tensions

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David Paquet (avec la tuque), étudiant en études internationales, est un de ceux qui ne digéraient pas de se faire évincer. Après des échanges verbaux musclés et une bousculade, il n'a eu d'autre choix que de renoncer. «Je ne voulais pas sortir, les laisser gagner. Je ne suis pas en grève, moi. C'est un cours optionnel. Je termine mon bac ce printemps. J'espère que ça ne me nuira pas», explique-t-il, visiblement irrité.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le mouvement de grève étudiant amorcé, lundi, à l'Université Laval pour dénoncer les politiques d'austérité du gouvernement Couillard s'est déroulé sur fond de tension et d'annulation de cours.

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À l'Université Lval, les avis semblent partagés quant à savoir si le Québec s'apprête à revivre une crise de l'ampleur de celle de 2012.

Le Soleil, Yan Doublet

Le pavillon Charles-De Koninck était le théâtre d'une répétition du printemps érable, lundi. Des étudiants formaient des piquets de grève à l'entrée des salles de classe. D'autres déjà à l'intérieur parce qu'ils voulaient assister au cours étaient forcés de quitter les lieux sous escorte policière et celle du service de sécurité de l'UL pour éviter toute confrontation.

David Paquet, étudiant en études internationales, est un de ceux qui ne digéraient pas de se faire évincer. Après des échanges verbaux musclés et une bousculade, il n'a eu d'autre choix que de renoncer. «Je ne voulais pas sortir, les laisser gagner, lance-t-il au Soleil après l'affrontement à la sortie d'un cours en histoire de l'art. Je ne suis pas en grève, moi. C'est un cours optionnel. Je termine mon bac ce printemps. J'espère que ça ne me nuira pas», explique-t-il, visiblement irrité.

Quelques minutes plus tôt, dans une classe située un étage plus bas, Simon Grondin, professeur à l'école de psychologie, tentait de faire au mieux dans des circonstances difficiles. «S'il y a des tensions pour aller en classe, ce n'est pas d'avance sur le plan pédagogique», soutenait-il, après avoir accepté d'annuler son cours, alors que seulement une trentaine d'étudiants s'étaient présentés sur les 250 inscrits.

«Si je donne mon cours devant 30 personnes seulement, je multiplie les injustices. Il faut atténuer les tensions. Je ne suis pas intéressé à voir des étudiants subir des pressions quelconques», explique-t-il. Le prof avait prévu le coup, la semaine dernière, en repoussant d'une semaine un examen prévu lundi.

Grève sociale

Selon les sources, entre 10 000 et 15 000 étudiants étaient touchés par la grève de lundi. Le débrayage est d'une durée d'une à deux journées jusqu'à deux semaines selon les facultés. Les principaux programmes visés par le mouvement sont les sciences sociales, les lettres, l'histoire, l'histoire de l'art et ceux des cycles supérieurs.

«Je participe à la grève pour dénoncer l'austérité dans ses multiples déclinaisons, lance Raphael, un étudiant en sociologie. Il y a les coupes en santé, en éducation et dans différents services sociaux.Couper partout, c'est très contre-productif», explique-t-il.

«C'est une grève sociale, rappelle pour sa part André-Philippe, inscrit aux études anciennes. On pense que ça peut avoir un impact positif. Une manière de montrer au gouvernement qu'on est contre l'austérité.» Il espère que la grève fera son petit bonhomme de chemin au sein même de la population générale, en demeurant bien conscient que tout ne changera pas du jour au lendemain.

Les avis semblent partagés quant à savoir si le Québec s'apprête à revivre une crise de l'ampleur de celle de 2012. «Je ne pense pas que ça prenne l'ampleur du printemps érable. Ça pourrait rassembler un peu moins d'étudiants», soutient Sarah, étudiante en sciences politiques.

D'autre fondent l'espoir d'obtenir un soutien populaire semblable à celui d'il y a trois ans. D'ailleurs, une manifestation est prévue ce jeudi sur la colline parlementaire. Une manifestation nationale est aussi au programme à Montréal le 2 avril.

Deux mille quinze voit l'arrivée d'une nouvelle couleur attribuée au carré, symbole de la grève étudiante de 2012. En plus du carré rouge, il faut aussi parler du carré mauve. «Il ne faut pas oublier que les mesures d'austérité peuvent affecter en particulier les conditions des femmes», conclut Félix, étudiant en études anciennes.

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