François Blais refuse de parler de sous-financement des universités

François Blais a pris du galon dans le... (Photo La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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François Blais a pris du galon dans le gouvernement Couillard. Il devient ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, de même que de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science.

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(Québec) Pas encore une année au compteur politique, et le député libéral de Charlesbourg, François Blais, 54 ans, hérite du deuxième portefeuille en importance au gouvernement du Québec.

Cet ex-candidat au rectorat de l'Université Laval, qui a été battu par Denis Brière, se retrouve aujourd'hui à un échelon hiérarchique plus élevé. «Quand je suis devenu ministre, il était bien content et il était venu me féliciter, et je crois qu'il est aussi content aujourd'hui», a affirmé M. Blais. 

Le professeur n'a pas été en mesure de dire qu'il existe une telle chose que le sous-financement des universités. «Non, je ne peux pas parler en ces termes-là», a déclaré M. Blais. «On a vécu, nous tous, un peu au-dessus de nos moyens ces dernières années, et il y a un effort pour revenir à un certain équilibre. Les universités ne sont pas à l'extérieur de la société et elles doivent partager cet effort.»

Ces «efforts» demandés au milieu de l'éducation peuvent mener à de nouvelles façons de faire qui, autrement, par «manque de pressions extérieures», n'auraient pas été découvertes. Il dit voir maintenant se réaliser dans le milieu universitaire des choses qui auraient pu se faire auparavant. «Je pense qu'on peut changer les choses et réorganiser les façons de faire, a affirmé M. Blais. Quand on regarde les pratiques dans le domaine de l'éducation dans le monde, on voit bien qu'il y a des façons de faire différentes et qu'on peut s'améliorer sans diminuer la réussite scolaire.» 

Le nouveau ministre n'a pas l'intention de revenir sur la décision de son prédécesseur, Yves Bolduc, concernant la bonification des conditions d'après-mandat consentie au recteur et aux autres dirigeants de l'Université Laval. Il souhaite l'annulation de cette décision, ou la subvention à l'institution sera réduite d'autant le moment venu. «Je comprends qu'il y a déjà eu des échos, mais on laisse le conseil d'administration prendre acte complètement de la conséquence», a affirmé M. Blais. 

Conservant toujours un lien d'emploi avec l'Université Laval à titre de professeur syndiqué, M. Blais a demandé au commissaire à l'éthique un avis pour savoir si sa position est conforme au Code déontologique des députés. 

Intellectuel assumé

«J'ai dormi trois heures cette nuit. C'est normal. On pense à tout ça. J'ai pensé beaucoup à ma mère aussi. Elle est décédée. Mais elle serait assez fière.»

Intellectuel assumé, seul parmi sept enfants d'une famille modeste à s'être assis sur les banquettes universitaires, François Blais estime avoir en lui le bon dosage de savoir et d'enracinement pour assumer sa nouvelle charge de ministre de l'Éducation.

«Je ne viens pas d'une famille de l'élite», relate M. Blais au Soleil. «Pas du tout. Ce sont de petits commerçants. J'aimais l'école, alors j'ai continué. Je suis vraiment un enfant de l'école publique.» 

Il a aimé l'école jusqu'à faire des études postdoctorales, puis devenir professeur de philosophie au Département de science politique de l'Université Laval et doyen de la Faculté de sciences sociales avant de faire le saut en politique.

Denis Brière se réjouit de la nomination de son ex-rival

Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, est heureux de voir son ancien rival François Blais devenir ministre de l'Éducation. Il ne cache pas toutefois que ses «attentes sont grandes» envers le ministre et qu'il compte sur lui pour arrêter le «définancement» des universités. 

«C'est quelqu'un qui est capable d'écouter et d'échanger. Son grand avantage, c'est qu'il connaît le milieu universitaire», dit M. Brière, qui croit que M. Blais était l'un des meilleurs, sinon le meilleur candidat pour pourvoir ce poste. «Je le connais bien et je peux vous dire que c'est quelqu'un qui va être sensible aux attentes du milieu.»

M. Brière et M. Blais étaient des adversaires lors de la dernière course au rectorat de l'Université Laval, en 2012, alors que François Blais était doyen de la Faculté des sciences sociales. M. Brière soutient toutefois qu'aucune trace de mésentente ne subsiste entre eux. «Quand une élection est terminée, c'est terminé.»

Labeaume fier

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a tenu lui aussi à féliciter le nouveau ministre. «François, je suis très fier pour lui. Je l'ai regardé aller dans les derniers mois. Il est un smooth operator. C'est peut-être ce que le ministère [de l'Éducation] a besoin en ce moment. C'est un gars qui réussit des choses sans faire de vagues.»

Le maire Labeaume se montre aussi satisfait des nouvelles responsabilités de ministre de l'Emploi qui incombent à Sam Hamad.

«C'est très bon pour Québec. Deux élus de la ville de Québec qui prennent encore plus de poids au gouvernement, on ne peut que s'en réjouir.»

L'arrivée de François Blais fait, pour l'instant, des heureux dans le monde de l'éducation. Une pluie de communiqués nous ont été transmis dans les heures suivant la nomination du ministre. De façon générale, les universités, les commissions scolaires, les cégeps et les comités de parent accueillent favorablement sa venue.

Quelques notes se font toutefois discordantes. Par exemple, la Fédération autonome de l'enseignement sert un avertissement au nouveau ministre, lui enjoignant d'écouter les profs s'il veut rétablir le lien de confiance.  

Si la Fédération nationale des enseignants du Québec n'a aucun doute sur l'aisance du ministre Blais dans le réseau universitaire, elle croit qu'il devra se familiariser avec les réalités des écoles primaires et secondaires et des cégeps. 

Les commissions scolaires francophones et anglophones demandent quant à elles au ministre de convoquer le plus tôt possible une table de rencontre, afin de faire le point sur d'éventuelles fusions.  Avec la collaboration de Gilbert Leduc

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