Projet de loi 20: les facultés de médecine craignent un effet négatif sur la formation

Selon les facultés de médecine québécoises, le projet... (hutterstock, wavebreakmedia)

Agrandir

Selon les facultés de médecine québécoises, le projet de loi 20 est susceptible d'avoir un effet négatif sur plusieurs dimensions qui forment le coeur même de leur mission académique, soit l'enseignement et la recherche.

hutterstock, wavebreakmedia

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les facultés de médecine du Québec rejettent le projet de loi 20, qui aurait, selon elles, un effet négatif tant sur la formation et la relève des médecins de famille que sur la qualité des soins offerts aux patients.

En entrevue au Soleil, mercredi, le doyen de la Faculté de médecine de l'Université Laval, le Dr Rénald Bergeron, a affirmé que depuis le dépôt du projet de loi 20, plusieurs enseignants des départements de médecine familiale avaient signifié à leur directeur leur intention de quitter les milieux d'enseignement pour retourner en pratique. «Ils ne veulent pas être coupés et vivre dans un milieu où on leur dit qu'ils ne sont pas adéquats», a expliqué le Dr Bergeron.

Le doyen en a contre la vision que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a des médecins de famille. «Il dit que les médecins de famille ne produisent pas ce qu'ils devraient produire, qu'ils ne sont pas capables de donner le rendement attendu quand ils sortent de leur formation. [...] Quand nos médecins se font dire qu'ils sont paresseux, vous vous imaginez l'effet que ça peut avoir sur nos milieux d'enseignement.»

Selon le Dr Bergeron, des sondages réalisés notamment à l'Université de Montréal ont révélé qu'avant le projet de loi 20, les externes envisageaient de choisir la médecine familiale comme choix de carrière dans une proportion de plus de 60 %. «Après le dépôt du projet de loi, c'est tombé à 39 %», dit-il.

Dans leur mémoire présenté mercredi à la Commission de la santé et des services sociaux, les facultés de médecine de l'Université Laval, de l'Université de Montréal, de l'Université McGill et de l'Université de Sherbrooke rappellent que le nombre annuel d'entrées en médecine de famille a doublé au cours des

10 dernières années grâce aux efforts de valorisation fournis notamment par le ministère de la Santé à la lumière des pénuries de médecins de famille constatées, mais que le projet de loi 20 risque de remettre en question ces acquis.

«Inacceptable»

Plus globalement, les facultés déplorent dans leur mémoire qu'en vertu du projet de loi 20, les médecins seraient soumis à des quotas annuels de patients qui ne prennent pas en considération les responsabilités supplémentaires en enseignement et en recherche qu'ont les professionnels pratiquant dans les hôpitaux et les unités de médecine familiale.

«Ce projet de loi nous semble inacceptable en l'état actuel. Il est susceptible d'avoir un impact négatif sur plusieurs dimensions qui forment le coeur même de la mission académique des facultés de médecine québécoises, soit l'enseignement et la recherche, et ce, aussi bien en médecine de famille que dans les autres spécialités», disent les facultés, pour qui le projet de loi risque également de conduire à un empiétement du ministère de la Santé sur la gestion des affaires scolaires et la formation des étudiants en sciences de la santé, lesquelles «doivent demeurer des prérogatives universitaires».

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer