Fouille à nu d'une élève: «Loin d'Unité 9»

Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des... (Photo: Roland Paillé)

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Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements scolaires

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(Québec) La Fédération québécoise des directions d'établissements scolaires (FQDE) déplore le dérapage entourant le récit d'une adolescente qui a subi une fouille à nu dans une école secondaire de Québec parce qu'elle était soupçonnée de vendre de la drogue.

«Comme parent, si j'entends l'expression "fouille à nu", je panique», admet la présidente la FQDE, Lorraine Normand-Charbonneau. «Les gens ont la vision d'Unité 9 [une série télévisée] avec les mains au mur. Malgré le terme utilisé, ça ne se passe pas comme ça», précise-t-elle, avec le désir de rassurer la population.

La Cour suprême du Canada a déjà établi que les autorités scolaires et les enseignants peuvent procéder à la fouille d'un élève pour saisir «des articles interdits, des stupéfiants ou tout instrument pouvant servir d'arme», explique un document de travail intitulé Présence policière dans les établissements d'enseignement.

«La fouille elle-même doit être faite de façon raisonnable et appropriée en tenant compte des circonstances et de la nature du manquement au règlement de l'école. L'âge et le sexe de l'élève doivent notamment être considérés. La fouille doit s'effectuer de manière respectueuse et être la moins envahissante possible», explique encore le document.

Pour Mme Normand-Charbonneau, cette mesure demeure toujours extraordinaire. «Sans vouloir juger du cas qui a fait la manchette, la fouille d'un élève est exceptionnelle. C'est utilisé en dernier recours. Ça arrive à des gens qui ont un historique, un dossier documenté.»

Des règles

Comme l'expliquait la veille la commission scolaire de la Capitale par voie de communiqué, la présidente de la FQDE souligne que certaines règles doivent être respectées : un écran doit être mis en place pour assurer la protection de la nudité de la personne; ce sont les vêtements qui sont fouillés et non l'individu; la fouille se déroule en présence de deux personnes; enfin, il n'y a aucun contact avec l'élève pour le palper. 

«Les intervenants ne voient jamais l'élève dans sa nudité. Les personnes présentent lors de la fouille sont des adultes significatifs pour le jeune. Par exemple, son éducateur», illustre-t-elle.

«Je trouve ça triste que ça ait dégénéré. Ce genre de situation n'est pas plus agréable pour les directions d'école. Parfois, il faut agir rapidement et il est impossible d'attendre qu'un policier se présente pour procéder à la fouille.»

«Je pense que le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, aurait dû rassurer davantage la population», conclut-elle.

Vandalisme à l'école de Neufchâtel

L'école de Neufchâtel, où une élève de 15 ans a subi une fouille à nu controversée, a été victime de vandalisme, mercredi matin.

Des graffitis ont été griffonnés sur au moins un panneau à l'entrée du stationnement de l'école et sur des murs extérieurs. On pouvait y lire des mots comme Pervers et PD.

Des employés de l'établissement ont agi rapidement pour effacer les traces de ces méfaits qui témoignent de la grogne que suscite la fouille.

Commission préoccupée

La commission scolaire de la Capitale a émi un communiqué hier en fin de journée s'adressant aux parents des élèves des écoles secondaires pour faire part de ses préoccupations concernant le maintien d'un environnement sain et sécurité.

«Plusieurs éléments du dossier médiatisé ne peuvent vous être dévoilés, mais nous vous prions de croire que les doutes étaient fondés», est-il écrit. «La commission souhaite «rectifier certains faits relatifs aux fouilles dans nos établissements qui ont été faussement véhiculés et qui prennent des proportions inquiétantes». Notamment que «ce sont les vêtements qui sont fouillés et non l'individu et aussi que la fouille d'un élève est une situation très rare, pour en arriver là, il doit y avoir une gradation d'événements et des motifs raisonnables envers l'élève concerné».

Dans son communiqué, la commission assure que la direction de l'école pouvait fouiller la jeune fille selon les balises incluses dans le «cadre de référence sur la présence policière dans les établissements d'enseignement».

Avec Jean-Michel Genois Gagnon

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