McGill et Concordia demandent un assouplissement des exigences en français

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Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne
Montréal

Des universités anglophones québécoises affirment avoir des difficultés à recruter des professeurs étrangers en raison des exigences en français qui leur font obstacle lorsqu'elles tentent d'attirer chez elles des individus hautement spécialisés en provenance d'autres pays.

Des professeurs et recruteurs des universités McGill et Concordia affirment que le processus complexe d'immigration au Québec, qui s'appuie sur un système de points, les place dans une situation désavantageuse en comparaison avec les institutions des États-Unis et des autres provinces canadiennes.

En 2013, le gouvernement péquiste avait haussé les exigences en français pour les immigrants qui faisaient une demande de résidence permanente, une décision qui a causé des maux de têtes aux recruteurs, selon des dirigeants de Concordia et McGill.

En entrevue, la ministre de l'Immigration Kathleen Weil a indiqué que le gouvernement libéral avait donné plus de flexibilité au processus en décembre, mais les universités le considèrent toujours trop compliqué.

Ghyslaine McClure, vice-principale exécutive adjointe à McGill, affirme que son université a de la difficulté à embaucher des professeurs renommés pour des chaires de recherche.

Selon elle, les candidats dans la quarantaine et cinquantaine n'ont pas nécessairement envie de prendre plusieurs cours de français par semaine, en plus de leurs tâches de recherche. Elle ajoute que les candidats doivent également remplir trop de documents et passer trop d'étapes avant de pouvoir s'établir au Québec.

Reconnaissance spéciale demandée

«Nous aimerions obtenir une reconnaissance spéciale indiquant que les professeurs d'université sont des travailleurs hautement spécialisés et qu'ils ne devraient pas avoir à faire face à tant d'obstacles, a dit Mme McClure. Les professeurs et autres éminents spécialistes sont dans une catégories différentes.»

Le gouvernement libéral a discrètement apporté des changements en décembre, allouant davantage de «points» aux immigrants détenteurs de doctorats et permettant à certains candidats de laisser tomber les exigences en français et d'obtenir une résidence permanente.

Cette résidence permanente est importante pour les professeurs, et dans certaines institutions comme à Concordia, elle est essentielle à l'obtention d'une permanence.

Stanton Paddock, professeur de journalisme à l'Université Concordia, espère pouvoir profiter de ces nouvelles règles.

M. Paddock dit avoir été «pris de panique» lorsqu'il a quitté les États-Unis, en 2013, pour découvrir la quantité de cours de français qu'il devrait suivre. Son doctorat pourrait maintenant lui permettre de passer outre les exigences en français.

Les nouvelles règles lui permettent de rencontrer un agent de l'immigration qui déterminera si M. Paddock est suffisamment adaptable pour vivre au Québec.

D'autres professeurs, comme Emer O'Toole, de l'École des études canado-irlandaises de Concordia, ne s'en font pas avec les exigences en français. Mme O'Toole, qui vient d'Irlande, avait déjà étudié la langue avant de s'installer au Québec.

Immigrer pour le français

«Apprendre le français a été l'une des raisons qui m'ont réjouie de m'installer ici», a-t-elle lancé. «J'aime la langue [mais] je peux comprendre que cela puisse être pénible pour quelqu'un qui ne possède pas de base [en français]», a-t-elle ajouté.

Elle affirme qu'elle comprend pourquoi le Québec souhaite protéger sa langue et sa culture.

«Il est très probable que [sans ces protections], le français cesserait d'être la langue majoritaire à Montréal», a-t-elle souligné.

Mme Weil prend note des recommandations visant à réformer le processus d'immigration de la province, où le gouvernement tente d'équilibrer le désir d'assimiler les immigrants dans des milieux de travail en français et celui d'attirer des travailleurs étrangers qualifiés, nécessaires à la diversification de l'économie.

La ministre a ajouté que certains groupes d'employeurs estimaient que les exigences en français pour les immigrants nuisaient à leurs affaires.

«Les groupes d'employeurs ont soulevé le problème au sujet des exigences de langue, a-t-elle dit. L'opinion générale [du gouvernement] est que nous devons être très prudents et qu'il est important que les gens parlent français.»

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