Université Laval: des programmes peu fréquentés en danger

Dans les sciences sociales, les lettres, il faut... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Dans les sciences sociales, les lettres, il faut beaucoup d'étudiants pour atteindre le seuil de la rentabilité économique, selon Bernard Garnier, vice-recteur aux études et aux activités internationales à l'Université Laval.

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(Québec) Les programmes d'études peu fréquentés de l'Université Laval sont en danger. Surtout dans les sciences sociales, les lettres. En cette ère de compressions budgétaires, des sacrifices sur l'autel de la rentabilité économique sont annoncés.

«On est rattrapés par la réalité financière», admet le vice-recteur aux études et aux activités internationales, Bernard Garnier, attrapé au vol à la fin du Conseil universitaire, mardi matin. «On ne peut pas rester à rien faire.» Sur les quelque 800 programmes d'enseignement de l'Université Laval, tous ne sont pas rentables d'un point de vue économique. Tous ne survivront pas.

Le recteur de l'établissement, Denis Brière, a toutefois refusé de répondre aux questions du Soleil au sujet des coupes à venir. Le gouvernement québécois exige un resserrement d'environ 22 millions $ du budget de l'université; les compressions sont inévitables.

Lesquelles? M. Brière a déjà évoqué des hypothèses : gel salarial, réduction du plancher d'emplois, moins de travailleurs contractuels. Mais mardi, il ne voulait plus en parler : «Je n'ai pas de commentaire là-dessus.» Pourtant, toutes les facultés viennent de déposer leur plan pour réussir à couper le 5 % exigé. Des plans commandés par l'administration universitaire.

Pressé de questions par Le Soleil, le recteur Brière s'est braqué. «Je n'ai pas de commentaire là-dessus. N'insistez pas, je n'ai aucun commentaire à faire là-dessus. C'est une décision institutionnelle. [...] N'essayez pas de me soutirer de commentaire.»

Situation très stressante

Professeure au Département d'information et de communication, Florence Piron s'est étonnée du mutisme du Conseil universitaire. «On est en train de vivre une situation très stressante», a-t-elle balancé en s'interrogeant sur l'absence de débat sur le thème des compressions budgétaires.

Un rapport du vice-recteur aux études et aux activités internationales, Bernard Garnier, nous a toutefois permis d'entrouvrir une porte. Le certificat et le baccalauréat en français langue seconde sont suspendus depuis un an, a-t-il rappelé. Ces deux programmes de formation, surtout offerts aux étudiants étrangers, n'attiraient pas les foules, n'étaient pas rentables financièrement. «Il n'y avait pas assez d'étudiants», évalue M. Garnier. Mais la rentabilité scolaire était plus importante, ce cursus aidant à attirer des cerveaux peu familiers avec la langue française.

Y a-t-il d'autres programmes dans la même situation, dans lesquels on compte peu d'inscrits? «Il y en a d'autres. [...] Il y a des programmes qui ont peu d'étudiants.»

Une ponction qui fait mal

La ponction de 22 millions $ imposée par Québec fait mal, dit-il. «C'est costaud. Le défi qu'on a, c'est de sortir de ce mauvais pas tout en maintenant la qualité de nos programmes.»

D'où la révision de la pertinence des programmes d'enseignement moins courus. «Il y a un exercice qui se fait à l'heure actuelle.» Qui écopera? Bernard Garnier ne sait pas encore. Il note cependant que certains cours sont plus payants parce que les subventions pour les étudiants sont plus élevées, en médecine dentaire et en génie minier par exemple. Ici, on peut se permettre des groupes plus petits.

Toutefois, dans les sciences sociales, les lettres, il faut beaucoup d'étudiants pour atteindre le seuil de la rentabilité économique. À quatorze personnes, parfois sept, «tu ne fais pas tes frais».

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