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Les directeurs d'école réclament plus d'autonomie

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Pendant que le ministre Yves Bolduc s'attaque à la structure des commissions scolaires, les directeurs d'école revendiquent de leur côté plus de pouvoir décisionnel.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Au moment où le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, s'apprête à décentraliser les pouvoirs dans le réseau scolaire, près de 94 % des directeurs d'école réclament davantage d'autonomie, selon une étude de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE) obtenue par Le Soleil.

Voilà déjà quelques années que la FQDE, qui représente 70 % des directeurs d'école de la province, réclame plus de marge de manoeuvre pour mieux répondre aux services de leurs élèves.

Cette fois-ci, la Fédération martèle son message, étude en main. «On a vraiment voulu prendre le pouls de nos membres», explique sa présidente, Lorraine Normand-Charbonneau. Dans le cadre de cette étude, réalisée par la firme C2D Services à la demande de la FQDE, 439 directeurs d'école ont été interrogés sur leur travail et leur perception de la gouvernance scolaire.

Résultat: 86 % des personnes interrogées sont partiellement d'accord (43 %) ou totalement d'accord (43 %) pour dire qu'elles ont un sentiment de perte d'autonomie depuis quelques années. Parmi ceux qui ont plus de 20 ans d'expérience, 86 % sont totalement d'accord avec cette affirmation.

«Au fil des années, ça s'est empiré. Il y a une forte tendance à la centralisation dans les commissions scolaires», affirme Mme Normand-Charbonneau. Les directeurs d'école interrogés affirment qu'ils ont le sentiment d'être devenus des «gérants de filiales», peut-on lire dans l'étude.

Les exemples sont nombreux, ajoute-t-elle. «Est-ce que c'est normal de remplir un formulaire pour faire réparer un écran d'ordinateur et d'attendre deux semaines parce que le technicien de la commission scolaire est occupé ailleurs? Est-ce que c'est normal que dans une école secondaire de 2000 élèves, il y ait un psychologue pendant seulement trois jours? Est-ce que c'est normal que la direction d'école n'ait pas 200 $ à donner à une enseignante qui veut faire un projet spécial pour Noël?»

Il y a 10 ou 15 ans, l'école avait beaucoup plus de pouvoir, précise la présidente de la FQDE. Avant, les revenus de la location d'un gymnase, par exemple, pouvaient être utilisés par l'école alors que plusieurs commissions scolaires réclament maintenant cet argent.

C'est pourquoi la quasi-totalité des directeurs interrogés réclament davantage d'autonomie. «On veut que certaines décisions soient prises par l'école, et non pas par la commission scolaire» qui devrait plutôt venir en appui à l'école, affirme Mme Normand-Charbonneau.

Un constat qui tombe à point, reconnaît-elle, puisque le ministre Bolduc a déjà annoncé que le projet de loi qu'il déposera après les Fêtes comprendra, en plus des fusions de commissions scolaires, de nouvelles mesures pour donner davantage d'autonomie aux écoles. Lors d'une récente rencontre, le ministre Bolduc s'est d'ailleurs montré «très intéressé» par les positions de la FQDE, selon sa présidente.

Pour le maintien des commissions scolaires

Les directeurs d'école réclament davantage de pouvoir, mais ils ne prônent pas l'abolition des commissions scolaires, ajoute Mme Normand-Charbonneau. Aucun directeur d'école ne rêve de gérer le transport scolaire, la taxe ou encore la réfection du toit de son école, précise-t-elle. Ces responsabilités doivent demeurer entre les mains des commissions scolaires, qui devraient toutefois donner plus d'autonomie aux écoles en matière de services aux élèves et de pédagogie. «Nous, ce qu'on veut, c'est de l'emprise sur les services éducatifs. On veut avoir plus de marge de manoeuvre sur l'argent qui arrive de la commission scolaire», dit-elle.

Mais attention, prévient Mme Normand-Charbonneau. Il ne faut pas non plus mettre toutes les commissions scolaires dans le même panier. Les pratiques varient considérablement d'un milieu à l'autre, et certaines commissions scolaires donnent déjà plus de latitude que d'autres à leurs écoles. À la commission scolaire des Navigateurs, par exemple, chaque école a reçu en début d'année un budget lié aux «mesures d'appui à la réussite», qui comprennent notamment l'aide aux devoirs, la lutte contre l'intimidation de même que l'amélioration du français, et c'est la direction d'école qui choisit où ira l'argent.

«Il y en a, des commissions scolaires où la gestion est beaucoup plus décentralisée. Mais ce n'est pas comme ça partout», lance-t-elle.

Il est encore trop tôt pour savoir précisément ce que la FQDE demandera comme changement au ministre Bolduc. Chose certaine, des dispositions de la Loi sur l'instruction publique restent à éclaircir, puisque la confusion règne à certains endroits. «L'idée, ce n'est pas de chambouler toute la loi, affirme Mme Normand-Charbonneau. Mais il y a du ménage à faire.»

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