Des directeurs contre la hausse du nombre d'élèves par classe

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, ne croit... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, ne croit pas queles demandes gouvernementales entraîneront uneaugmentation généraliséedu ratio maître-élèves. «Dans certains cas,les ratiospourraientêtre plus bas et dans d'autres, ils pourraient être plus élevés», a-t-il déclaré mercredi.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Des directeurs d'école émettent de sérieux bémols concernant l'augmentation du nombre d'élèves par classe proposée par Québec dans le cadre des négociations avec les syndicats d'enseignants.

Le gouvernement veut augmenter le nombre d'élèves par classe de la troisième année du primaire à la deuxième secondaire, ce qui aurait notamment pour effet d'annuler les diminutions de ratio maître-élève accordées par le gouvernement Charest à partir de 2009, qui ont coûté 179 millions $ selon le rapport Champoux-Lesage sur les commissions scolaires.

«Tu peux pas t'amuser à diminuer et augmenter pour une question d'argent. Le gouvernement savait combien ça coûtait. Si on leur a donné la diminution de ratio, c'est parce qu'on y croyait. Quand tu es dans des milieux où il y a beaucoup d'élèves en difficulté, si tu diminues le ratio, ça va aider. Ça fait une différence», affirme Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement (FQDE), qui représente 70 % des directeurs d'école de la province.

Cette dernière remet en question le discours de Québec, qui affirme que la diminution du nombre d'élèves par classe au cours des dernières années n'a pas eu d'impact sur la réussite scolaire. «Il faut que tu aies d'autres mesures aussi, des services avec des professionnels. On ne peut pas juste diminuer, le prof a quand même besoin d'aide», ajoute-t-elle, estimant que les résultats auraient été différents si les élèves avaient eu droit à davantage de services.

«Pas des yo-yo»

La FQDE rappelle par ailleurs que la diminution du nombre d'élèves a engendré d'autres dépenses. «Ils ont dépensé beaucoup d'argent parce qu'il a fallu construire de nouvelles écoles et en agrandir d'autres. Qu'ils se branchent. Est-ce que c'est bon ou pas?» lanc Mme Normand-Charbonneau, qui précise que les enfants «ne sont pas des yo-yo».

En plus d'augmenter le nombre de pupitres par classe, même en milieu défavorisé, Québec veut aussi qu'il soit plus facile de dépasser le nombre maximum d'élèves et ne plus tenir compte des enfants en difficulté dans la composition des classes. Présentement, les classes sont moins nombreuses si on y retrouve un grand nombre d'élèves avec des besoins particuliers.

Québec veut aussi éliminer la notion de moyenne dans la composition des classes, si bien que le maximum serait la norme. Selon les syndicats d'enseignants, ces demandes représentent un ajout de deux à cinq élèves par classe, une interprétation contestée par le gouvernement (voir plus bas).

Du côté de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles, on est plus prudent. Sa présidente, Danielle Boucher, rappelle que ces demandes représentent un point de départ dans une négociation qui s'amorce à peine. «On n'est pas rendu assez loin pour dire si ç'a de l'allure ou pas», affirme-t-elle.

L'AQPDE tient avant tout à ce que les services soient disponibles pour les élèves qui en ont besoin, ajoute Mme Boucher.

Dans le cadre des négociations avec les enseignants, les directeurs d'école sont consultés, mais ils ne font pas partie du Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones.

***

Nombre d'élèves par classe présentement

  • Troisième à sixième année du primaire: 26 (20 en milieu défavorisé)
  • Première secondaire: 28
  • Deuxième secondaire: 29

«Pas d'effet» sur la réussite, dit Bolduc

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, affirme que l'augmentation du nombre d'élèves par classe n'aura pas de répercussions sur la réussite scolaire.

«Ce que les études démontrent, c'est que le fait d'avoir diminué les ratios n'a pas augmenté la réussite scolaire», a-t-il affirmé hier lors d'une mêlée de presse, en faisant référence à une des conclusions du rapport Champoux-Lesage sur la gestion des commissions scolaires.

Pour obtenir des résultats concrets, il faudrait abaisser encore davantage le ratio maître-élève, précise le ministre.

À l'inverse, M. Bolduc conclut qu'une augmentation du nombre d'élèves «n'aura pas d'effet non plus» sur la réussite scolaire. «Ce qui est important, c'est la souplesse et la flexibilité, a-t-il ajouté. Ce qu'on veut, c'est être capable d'être plus flexible et de moduler en fonction des besoins des élèves.»

Pour les élèves en difficulté, l'objectif serait de ne plus obligatoirement en tenir compte dans la composition de la classe afin que les sommes d'argent dégagées servent à l'embauche de professionnels si cette mesure est jugée préférable à une classe réduite, a-t-on expliqué hier du côté patronal.

Par ailleurs, le ministre Bolduc ne croit pas que les demandes gouvernementales entraîneront une augmentation généralisée du ratio maître-élèves. «Dans certains cas, les ratios pourraient être plus bas et dans d'autres, ils pourraient être plus élevés.»

Le rapport Champoux-Lesage, auquel réfère le ministre, conclut qu'il «aurait été plus judicieux» d'appliquer la réduction du nombre d'élèves par classe «dans les trois premières années du primaire plutôt que de les saupoudrer à tous les niveaux». La recherche démontre que «les effets sont les plus significatifs lorsque le nombre d'élèves est inférieur à 20 par classe et pour les élèves du début du primaire», peut-on lire.

Mardi, les demandes gouvernementales en éducation ont fait bondir les syndicats d'enseignants, qui les ont qualifiées d'«horreur» et de «recul net». 

Avec Simon Boivin

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer