Québec veut augmenter le nombre d'élèves par classe; les profs sont furieux

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Les syndicats d'enseignants estiment que les demandes de Québec représentent un ajout de deux à cinq élèves par classe, selon le niveau.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Les syndicats d'enseignants sont furieux contre les demandes de Québec en éducation, qui veut notamment augmenter le nombre d'élèves par classe.

Le gouvernement Couillard veut revenir aux ratios maître-élève qui prévalaient avant les baisses consenties à partir de 2009, ce qui ferait augmenter le nombre de pupitres dans les classes de la troisième année du primaire à la deuxième secondaire et ce, même dans les écoles situées en milieu défavorisé.

Québec veut par ailleurs qu'il soit plus facile de dépasser le nombre maximum d'élèves fixé par la convention collective et ne plus tenir compte des élèves en difficulté dans la composition des classes, qui était moins nombreuses si on y retrouvait un grand nombre d'élèves avec des besoins particuliers.

Les syndicats d'enseignants estiment que ces demandes représentent un ajout de deux à cinq élèves par classe, selon le niveau. De plus, d'autres demandes auraient pour effet de réduire l'autonomie des enseignants, d'alourdir leur tâche et d'augmenter la précarité chez les jeunes enseignants, affirment-ils.

«C'est comme si on avait décidé de vider un bidon d'essence sur le contrat de travail et d'y mettre le feu», a déclaré Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement.

«Une horreur»

«C'est une horreur», a lancé de son côté Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ). «C'est un recul net de 10 ans d'efforts.»

Du côté patronal, on fait valoir que l'impact de la réduction du nombre d'élèves par classe sur la réussite n'est pas clairement démontré. Les diminutions de ratios qui sont en vigueur depuis 2009 ont entraîné des coûts de 179 millions $, selon le rapport Champoux-Lesage sur la gestion des commissions scolaires.

«On cherche des leviers pour faire mieux réussir les élèves. On veut s'assurer que les moyens mis en place au cours des dernières années sont vraiment efficaces», affirme Bernard Tremblay, président du Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones (CPNCF), qui explique être à la recherche de davantage de «souplesse» et de «flexibilité» dans les services à offrir aux élèves.

Les syndicats d'enseignants affirment au contraire que la réduction du nombre d'élèves vécue au cours des dernières années fait la différence, surtout dans un contexte où plusieurs élèves en difficulté ont été intégrés dans les classes ordinaires.

De son côté, le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a refusé mardi de commenter le dépôt des demandes sectorielles.

Irréfléchi, dit le PQ

Au Parti québécois, Nicole Léger, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, a sévèrement critiqué la volonté de Québec de ne plus tenir compte des élèves en difficulté pour calculer le ratio maître-élève. Tous les enfants subiront les contrecoups de cette «mesure irréfléchie», dénonce le PQ.

***

Quelques demandes auprès des syndicats d'enseignants

  • Augmenter le nombre d'élèves par classe de la troisième année du primaire à la deuxième secondaire.
  • Ne plus tenir compte du nombre d'élèves en difficulté dans le calcul du ratio maître-élève.
  • Allonger la liste des motifs qui permettent de dépasser le nombre maximal d'élèves par classe.
  • Jumeler des élèves de la maternelle et de la première année dans la même classe lors de «circonstances particulières».
  • Faire passer de 32 à 35 heures le temps de présence à l'école des enseignants.
  • Permettre une plus grande mobilité des enseignants dans un rayon dépassant la limite fixée à 50 kilomètres du domicile ou du lieu de travail.

Source: Propositions patronales présentées par le Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones

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