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Après-mandat bonifié pour les hauts dirigeants de l'Université Laval

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John Porter, président du conseil d'administration  de l'Université Laval

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(Québec) En pleine période de compressions, l'Université Laval consent à bonifier les avantages d'après-mandat octroyés à ses plus hauts dirigeants, a appris Le Soleil.

La semaine dernière, dans une réunion à huis clos, le conseil d'administration a ajusté à la hausse une partie des conditions d'emplois du recteur, des vice-recteurs, des vice-recteurs adjoints et du secrétaire général de l'institution d'enseignement supérieur. 

Différentes sources ont confié éprouver un certain malaise devant l'adoption, par vote secret, de cette amélioration, alors que le réseau universitaire se débat avec des compressions budgétaires de 200 millions $ en 2014-2015. 

«Il n'y a pas de moment idéal pour réviser les conditions d'emploi de l'équipe de direction d'un organisme public, particulièrement dans le contexte budgétaire actuel», a convenu mercredi le président du CA de l'Université Laval, John Porter, dans une réponse écrite à nos questions. Mais cette révision aurait dû être faite il y a déjà deux ans, explique-t-il. 

L'ajustement consenti porte sur les conditions salariales d'un dirigeant dont le mandat prend fin, mais qui demeure à l'emploi de l'Université. La réglementation déjà en place lui permettait de conserver entre 70 % et 90 % de son salaire de haut dirigeant (selon la durée de son mandat), peu importe sa nouvelle fonction, sur une période qui pouvant aller jusqu'à trois ans. À titre d'exemple, le recteur empoche quelque 355 000 $ par année à l'Université Laval. Pour un professeur, le traitement annuel est d'environ 115 000 $, en moyenne. 

«Une certaine équité»

La bonification adoptée tient en compte les mandats de hauts dirigeants qui restent en poste plus longtemps, jusqu'à 10 ans. Cela leur permettrait maintenant de conserver, à la fin de leur mandat, selon nos sources, entre 75 % et 100 % du salaire de dirigeant sur une période deux fois plus longue, soit jusqu'à six ans. Des informations qui n'ont pas été contredites, mercredi. 

Ces mesures ne s'appliquent que si la personne conserve son lien d'emploi avec l'Université. Si elle quitte l'institution immédiatement après son mandat, le règlement prévoit toujours une indemnité de départ égale à six mois de salaire. Ce qui fait dire à M. Porter «qu'aucune augmentation salariale n'a été consentie» dans cette révision qui rétablit «une certaine équité» parce qu'elle considère la durée réelle des mandats. 

«Cette mise à jour n'engendre aucune dépense supplémentaire à court terme pour l'institution, indique le président du CA. Les modalités d'application font en sorte que ces ajustements ne s'appliqueront et n'engendreront des dépenses que dans le cas où une personne donnée déciderait de demeurer à l'emploi de l'Université suivant la fin de son mandat, ce qui a été peu courant jusqu'à ce jour.» 

Selon nos informations, lors de la réunion du 26 novembre, les personnes visées par l'ajustement et qui siègent au CA de l'Université Laval sont sorties au moment du vote pour éviter de se placer en situation de conflit d'intérêts. 

L'une de nos sources s'étonne qu'aucun document à ce sujet n'ait été transmis aux membres du CA, les modifications étant uniquement présentées sur un écran. La demande d'un vote secret sur ce qu'elle considère comme l'équivalent d'un «salaire différé» l'a aussi surprise. 

Ce n'est pas la première fois que le salaire des hauts dirigeants de l'Université Laval retient l'attention. En 2011, la hausse salariale de 100 000 $ en douze mois (mais répartie sur deux années différentes) du recteur Denis Brière, élu pour la première fois en 2007, a fait les manchettes. Il a défendu à ce moment qu'il s'agissait d'une «mise au point» de son salaire «gelé depuis 2009». Cela n'a pas empêché sa réélection lors de la course au rectorat de 2012. Une augmentation de salaire de 30 % en 18 mois du vice-recteur Éric Bauce a aussi été remise en question en 2011.

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