Commissions scolaires: jusqu'à 1 million $ d'économies par regroupement

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Le ministre de l'Éducation Yves Bolduc promet que les économies seront en rendez-vous.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Selon le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, les fusions de commissions scolaires pourraient permettre d'économiser de 500 000 $ à 1 million $ par regroupement. Il faudra toutefois attendre le redécoupage final de la carte des commissions scolaires avant d'obtenir une évaluation plus précise.

C'est ce qu'il a déclaré hier lors d'une mêlée de presse. Le ministre Bolduc prévoit réduire de 72 à 46 le nombre de commissions scolaires au Québec, un scénario qui a été décrié la semaine dernière par les dirigeants des commissions sco­laires, qui déplorent la confusion et le manque d'analyse entourant cette grande réorganisation.

M. Bolduc promet au contraire que les économies seront au rendez-vous. «En temps et lieu, on vous donnera toutes les économies qu'on va être capable de réaliser, tant au niveau de la réorganisation du réseau scolaire que des fusions de commissions scolaires», a-t-il d'abord indiqué. «Généralement, lorsqu'on fait des fusions, on peut avoir des économies entre 500 000 $ à 1 million $ par fusion de commissions scolaires, qui dans le contexte actuel est [sic] des montants très significatifs», a-t-il ajouté.

Le ministre Bolduc affirme que sa proposition de redécoupage des commissions scolaires a été relativement bien reçue. «Ce que je comprends, c'est que 95 % à 97 % des propositions sont très acceptables. Et il y aura des petites modifications comme dans tout projet», a-t-il affirmé.

Dans le réseau de l'éducation, on doute fort que les regroupements permettent d'économiser de l'argent. Du moins à court terme. Dans la région de la Chaudière-Appalaches, trois commissions scolaires ont analysé divers scénarios de regroupement de services et de fusion volontaire en 2012.

Les commissions scolaires des Appalaches, de Beauce-Etchemin et de la Côte-du-Sud - qui devraient former une seule organisation selon le plan du ministre Bolduc - en ont conclu que les économies ne sont pas immédiates et loin d'être acquises à long terme.

À elle seule, la fusion coûterait 5 millions $, une somme qui devrait être amortie sur quelques années, selon l'étude réalisée. «Avant cinq ans, on ne gagne rien», tranche Alain Grenier, président de la commission scolaire de la Côte-du-Sud.

Ensuite, des économies poten­tielles d'un peu plus de 1 million $ sont envisageables, mais ces calculs ont été faits avant les dernières vagues de compressions, si bien que les économies réelles seraient moindres, affirme M. Grenier.

«Et il y a des coûts humains à tout ça, qui ne sont pas quantifiables», ajoute-t-il. Même si les fusions permettaient d'économiser une quarantaine de millions, comme le laisse entrevoir le ministre Bolduc, le jeu n'en vaut pas la chandelle, affirme M. Grenier. «Sur un budget total de 10 milliards$ pour l'éducation, quel pourcentage d'économies il fait pour le trouble qu'il cause?» lance-t-il à propos du ministre.

Selon l'analyse réalisée en 2012, les regroupements de services, comme celui de la taxe scolaire ou de la paye, seraient beaucoup plus rentables, affirme M. Grenier.

Avec Michel Corbeil

Le ministre Laurent Lessard toujours opposé

Les fusions de commissions scolaires ne font pas l'unanimité, même au sein du cabinet du gouvernement Couillard. Le ministre des Forêts, Laurent Lessard, a clairement affirmé hier qu'il était contre les regroupements.

«Je suis pour le maintien de l'intégralité des territoires. Si le ministre va vers des fusions, donc des plus grands ensembles, ma commission scolaire me demande aussi de faire ces représentations», a-t-il affirmé, précisant qu'il avait déjà rencontré son collègue, le ministre Bolduc, à deux reprises à ce sujet.

Le Soleil rapportait la semaine dernière qu'en campagne électorale, Laurent Lessard avait promis de «s'opposer farouchement et férocement» à toute fusion qui toucherait à la commission scolaire des Appalaches, qui est la plus petite de la région.

Le scénario de son gouvernement prévoit la fusion de cette commission scolaire avec celles de la Beauce-Etchemin et de la Côte-du-Sud.

M. Lessard fait valoir qu'au cours des dernières années, sa commission scolaire a mené des batailles locales qui lui ont permis de garder une école secondaire ouverte à Black Lake, par exemple. Le ministre veut préserver des «particularités» propres à son territoire et à sa commission scolaire.

Avec Michel Corbeil

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