Français: la recette gagnante de l'école Samuel-De Champlain

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Grâce à une série de mesures novatrices, dont le soutien en petits groupes,  les élèves de l'école Samuel-De Champlain obtiennent des résultats impressionnants en français. Ceux de cinquième secondaire ont d'ailleurs réussi l'épreuve ministérielle d'écriture à 88,4 % cette année, un taux supérieur à la moyenne du réseau privé (86,1 %).

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Les élèves de cinquième secondaire de l'école Samuel-De Champlain peuvent bomber le torse. Cette année, 88,4 % d'entre eux ont réussi l'épreuve ministérielle d'écriture de cinquième secondaire, comparé à 86,1 % dans le réseau privé et 69,4 % dans le réseau public.

«On a mis plusieurs mesures en place au cours des dernières années, on voit que ça donne des résultats», affirme le directeur, Carl Ouellet.

Dans cette école publique située sur l'avenue Saint-David à Beauport, la préoccupation pour le français commence dès la première secondaire. «On veut bien partir nos élèves», lance M. Ouellet.

Pour dépister les problèmes en lecture, à la base de la maîtrise de l'écriture, tous les élèves sont systématiquement évalués. Les enseignants de français leur font lire, à tour de rôle, un texte à voix haute. Les jeunes sont par la suite identifiés selon un code de couleur - rouge, jaune ou vert - qui correspond à leur niveau de lecture.

Ceux qui en arrachent le plus sont suivis, en petits groupes, par une orthopédagogue et une enseignante-ressource en français, le plus souvent possible, ce qui peut représenter jusqu'à quatre rencontres par semaine.

«Les élèves que j'ai suivis de manière très intense l'an passé en première secondaire ont pour la majorité même pas besoin de soutien cette année», explique l'orthopédagogue Karine Tanguay. Des élèves qui partaient de très loin, avec des résultats en français se situant autour de 30 %, ont réussi à terminer l'année scolaire avec des scores supérieurs à 65 %, raconte-t-elle.

Travail en petits groupes

Le travail en petits groupes joue pour beaucoup, ajoute Danielle Tremblay, enseignante-ressource en première et deuxième secondaire. «C'est très sécurisant pour ces jeunes, qui ont vécu des échecs. On obtient de meilleurs résultats, ça leur redonne confiance», explique-t-elle.

Les impacts se font sentir aussi dans les autres matières. «La lecture, c'est la clé. Quand un élève s'améliore en lecture, c'est hallucinant les progrès qu'il fait aussi dans d'autres matières», affirme Louis-Philippe Côté, directeur adjoint au premier cycle.

Cette année, l'école Samuel-De Champlain a obtenu les meilleurs résultats de la commission scolaire des Premières-Seigneuries aux examens ministériels de français, mais aussi de sciences et technologies et de mathématiques sciences naturelles.

Ceux qui en arrachent toujours une fois en troisième et quatrième secondaire peuvent ensuite compter sur un suivi individuel fait par l'enseignante-ressource Josée Pilote, qui suit présentement une quinzaine d'élèves à raison d'une rencontre par semaine pendant l'horaire régulier.

«Je leur propose des ateliers en écriture, je suis là pour répondre à leurs questions et voir où ça accroche», explique-t-elle.

Pour financer toutes ces mesures, l'école a évidemment dû faire des choix. Dans cette école, 65 % du budget consacré aux «mesures d'appui à la réussite» - qui vont de la lutte contre l'intimidation aux activités sportives, en passant par l'ajout de ressources éducatives et la lutte contre le décrochage - va à la pédagogie. «Mon sport étudiant est entièrement autofinancé», explique M. Ouellet.

«Français assurance»

Mais ce n'est pas tout. Pour donner une dernière chance aux élèves de cinquième secondaire qui tirent toujours de l'arrière en français, la direction de l'école a choisi d'insérer une case bien particulière dans leur horaire. Une fois par semaine, plutôt que d'aller dans un cours à option en informatique, par exemple, ces ados se rendent au cours Français assurance, qui s'ajoutent à leurs cours de français réguliers.

«C'est vraiment une formule gagnante, lance Paule Lacasse, qui leur enseigne. C'est le prolongement du cours de français régulier, ça me permet d'approfondir des notions vues en classe et de faire plus d'interventions individuelles.» Ces deux périodes de français supplémentaires par cycle sont obligatoires pour 73 % des élèves de cinquième secondaire.

Par ailleurs, afin de mieux les préparer à l'épreuve ministérielle d'écriture, Mme Lacasse leur fait passer pendant l'année scolaire l'examen de l'an passé. Pendant la correction, l'enseignante enregistre les commentaires qu'elle fait à voix haute. Tout y passe. L'enregistrement, qui dure en moyenne de 20 à 30 minutes, est ensuite remis à chaque élève qui peut prendre des notes qui lui serviront lorsqu'il passera le véritable examen, à la fin de l'année.

«Les élèves sont vraiment reconnaissants. J'ai vu des petits miracles avec ça», raconte Mme Lacasse.

En plus de ces mesures spécifiques, les profs de français travaillent beaucoup en équipe afin de «développer un langage commun» auprès des élèves, explique Marie-Andrée Julien, enseignante en deuxième secondaire.

Dans cette école, chaque élève se rend à son cours de français avec un cahier de correction sous le bras, qui le suit tout au long de son parcours au secondaire. L'élève y note ses erreurs, les corrige et les justifie.

Grammaire «maison»

Au cours des dernières années, les enseignants ont aussi conçu une grammaire «maison» intitulée Le Petit Samuel, qui permet de vulgariser le contenu des grammaires traditionnelles et qui est utilisée par tous.

Le modèle développé à l'école Samuel-De Champlain, qui donne des résultats aujourd'hui, ne s'est toutefois pas conçu du jour au lendemain, souligne Isabelle Tremblay, enseignante de français en quatrième secondaire.

«On est rendu à la version 7.0 de notre soutien pédagogique. On ne reste pas dans nos pantoufles, on réajuste nos façons de faire à chaque année», lance cette enseignante qui demande à ses élèves de commenter l'actualité sur Facebook, en guise d'exercice d'écriture.

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