Élections scolaires: le scrutin de la dernière chance

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Lors des dernières élections scolaires, en 2007, 7,8 % des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote à travers la province. À Québec, les chiffres variaient entre 5,5 et 7,1 %.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Irez-vous voter aujourd'hui? C'est jour de scrutin dans 69 commissions scolaires de la province, qui jouent leur avenir puisque le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a lié leur sort au taux de participation.

Début octobre, le message envoyé par M. Bolduc était très clair. «Si vous croyez que les commissions scolaires sont importantes, on vous demande de l'exprimer en allant voter», a-t-il déclaré lors d'un point de presse. 

Advenant une participation décevante, une remise en question du rôle et du mandat des commissions scolaires sera inévitable, a-t-il ajouté. Tout est sur la table, y compris l'abolition. Aux dernières élections, qui remontent à 2007, seulement 7,8 % de la population s'était déplacée pour aller voter.

Jean-Pierre Proulx, ancien président du Conseil supérieur de l'éducation et professeur retraité à l'Université de Montréal, ne croit toutefois pas que l'ultimatum lancé par le ministre changera la donne. «Ça va renforcer la détermination à voter chez les personnes qui sont déjà sensibilisées, mais pour ceux que ça n'intéresse pas, je ne pense pas que ça va changer quoi que ce soit», lance-t-il.

D'ailleurs, le très faible taux de participation au vote par anticipation qui s'est déroulé dimanche dernier ne permet pas de croire à un plus grand intérêt cette fois-ci, du moins dans la région de Québec.

Selon André Brassard, ancien professeur en administration de l'éducation de l'Université de Montréal, les commissions scolaires n'intéressent pas beaucoup les citoyens qui n'ont pas d'enfant à l'école publique parce que ce sont des organisations régionales, «loin du quotidien et de la vie ordinaire», un peu comme les MRC. «Les contribuables ne voient pas exactement ce qu'elles font», dit-il.

Les propriétaires qui ont vu leur compte de taxes scolaires augmenter au cours des dernières années pourraient se sentir davantage interpellés, mais le contribuable sait que le taux de taxation est en partie régulé par Québec, ajoute-t-il.   

M. Brassard croit toutefois que le ministre Bolduc «a confondu deux choses», en liant l'avenir des commissions scolaires au taux de participation: d'une part, l'utilité des commissions scolaires, et, d'autre part, le mode de désignation de ceux qui les dirigent, c'est-à-dire des commissaires élus au suffrage universel. C'est ce dernier point qui est en cause, avance celui qui croit «qu'on pourrait opter pour un autre mode de désignation» des commissaires, par un collège électoral. 

De son côté, la Fédération des commissions scolaires réclame depuis des années des élections conjointes avec les municipalités.

Par ailleurs, avant d'introduire de nouveaux changements, le ministre Bolduc devra évaluer si les modifications à la Loi sur les élections scolaires mises en place par le gouvernement Charest ont eu ou non un impact sur le taux de participation.

Présidents élus

Pour la toute première fois, les présidents de commissions scolaires seront élus aujourd'hui au suffrage universel, et non désignés par leurs pairs comme c'était le cas jusqu'à maintenant. 

Le nombre de commissaires a aussi été réduit de moitié, ce qui pourrait expliquer en partie la diminution importante du nombre de candidats élus sans opposition, passant de 68 % lors du dernier scrutin de 2007 à 43 % cette année. Ce qui fait dire à Jean-Pierre Proulx que les commissions scolaires «ont remporté une première manche». Mais la partie est loin d'être gagnée, ajoute-t-il.

La diminution du nombre de commissaires signifie par ailleurs que le territoire des circonscriptions est deux fois plus grand. Des études ont démontré que plus le nombre d'électeurs est grand, plus le taux de participation diminue, souligne M. Proulx.

Le taux de participation varie aussi considérablement d'une région à l'autre. En 2007, il se situait sous la barre des 4 % dans la grande région de Montréal, alors qu'il a dépassé les 30 % dans les régions de Charlevoix, du Témiscouata et de Thetford Mines. 

À Québec, les chiffres variaient de 5,5 à 7,1 %.

À savoir

- Les bureaux de vote sont ouverts aujourd'hui de 10h à 20h.

- Les citoyens sont appelés à élire pour la première fois le président de la commission scolaire au suffrage universel.

- Le nombre de commissaires diminue de moitié, pour se situer désormais de 9 à 12, selon le nombre d'élèves.

- Il y avait 1927 commissions scolaires au Québec en 1948. Il y en a présentement 72, dont trois à statut particulier qui ne tiennent pas d'élections scolaires le 2 novembre.

Taux de participation aux élections scolaires:

1998: 15,4 %

2003: 8,4 %

2007: 7,8 %

- Coût estimé des élections scolaires: 20 millions $

Quelques heures de congé pour aller voter

Boudées par une partie de l'électorat, remises en question par des politiciens, les élections scolaires de ce matin n'en demeurent pas moins assujetties à la même loi électorale que les scrutins fédéraux et provinciaux. Conséquence? Vous avez le droit de quitter le boulot pendant au moins quatre heures pour voter - même aux élections scolaires.

Qu'importe la nature plus contestée ou moins achalandée de ce scrutin, la loi demeure la même. Tous les citoyens ayant le droit de vote et travaillant aujourd'hui doivent disposer d'au moins quatre heures consécutives pour voter aujourd'hui pour les différents commissaires.

Cette absence de quatre heures doit être payée pleinement par l'employeur. Ce dernier n'a pas le droit de refuser ce droit à un électeur. Il est de la responsabilité des employeurs de s'assurer que tout employé dispose du temps nécessaire. Il n'y a aucune exception dans la loi, peu importe que vous soyez ambulancier ou chef d'un grand restaurant.

Les bureaux de vote seront ouverts de 10h à 20h. Les employés devant travailler un long quart de travail, du matin au soir, auront droit à un congé de quatre heures pour se rendre au bureau de vote.

Pour un employé typique du commerce de détail finissant à 17h, cela signifie que sa journée de travail peut se terminer plus tôt. Le quart de travail doit alors prendre fin à 16h, afin que l'employé dispose de quatre heures consécutives pour noircir son bulletin (de 16h à 20h, dans cet exemple).

À noter que l'employeur n'a pas le droit de vous forcer à aller voter durant l'heure de dîner. La période des repas est exclue de la loi.

Votre patron vous refuse ce congé payé? Des amendes sont prévues par la loi. Un salarié victime de représailles peut aussi porter plainte à la Commission des normes du travail. 

Avec Samuel Auger

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