Le nombre d'élèves par classe doit augmenter, suggère un professeur

Cette mesure permettrait de libérer «quelques dizaines de... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Cette mesure permettrait de libérer «quelques dizaines de millions», selon Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l'Université Laval,, qui permettraient d'embaucher davantage d'orthopédagogues ou de psychoéducateurs pour aider les «15 % de jeunes pour qui l'enseignement, même très bien fait, n'est pas suffisant».

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) À la veille d'une ronde de négociation dans le secteur public, Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l'Université Laval, lance un pavé dans la mare. Dans un contexte d'austérité budgétaire, les syndicats d'enseignants devraient accepter d'augmenter le nombre d'élèves par classe pour permettre d'offrir davantage de services aux jeunes qui en ont le plus besoin, affirme-t-il.

«Dans un contexte budgétaire difficile, compte tenu que les études nous disent qu'un ou deux élèves de moins en classe n'a pas d'impact sur la réussite scolaire, je demanderais aux syndicats d'accepter de prendre un élève de plus dans la classe, pendant au moins deux ans, afin de libérer des sommes permettant d'offrir davantage de services professionnels» aux élèves qui en ont besoin, affirme M. Royer, au cours d'une entrevue avec Le Soleil.

Cette mesure permettrait de libérer «quelques dizaines de millions», selon M. Royer, qui permettraient d'embaucher davantage d'orthopédagogues ou de psychoéducateurs pour aider les «15 % de jeunes pour qui l'enseignement, même très bien fait, n'est pas suffisant». «Dans un contexte où l'argent se fait rare, il faut cibler les mesures qui ont le plus d'impact et protéger les plus vulnérables», ajoute-t-il.

La réduction du nombre d'élèves par classe, une mesure mise de l'avant par le gouvernement Charest à partir de 2009, a coûté «une fortune», affirme M. Royer.

Selon le rapport Champoux-Lesage sur le financement des commissions scolaires, cette mesure a coûté 300 millions $ récurrents, sans compter les frais générés pour les ajouts d'espace.

Les auteurs de ce rapport, rendu public en juin, considèrent eux aussi que «les ressources auraient pu être utilisées plus efficacement», pour aider les profs qui enseignent aux élèves en difficulté par exemple, puisque les recherches démontrent que la réduction du nombre d'élèves par classe n'est efficace qu'au début du primaire, si le nombre d'élèves est inférieur à 20. Or le gouvernement Charest a réduit le nombre d'élèves par classe seulement à partir de la troisième année du primaire.

«Épouvantable»

De son côté, la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) rejette totalement la proposition «qui ne tient pas compte de ce que les enseignants vivent sur le terrain», affirme sa présidente, Josée Scalabrini.

«On ne peut pas être d'accord. On considère que ce qui va aider le plus les élèves en difficulté, c'est la prévention, c'est d'identifier les difficultés des élèves. Plus les élèves sont nombreux en classe, moins on est attentif à leurs difficultés», dit-elle.

Cette proposition «épouvantable» ne tient pas compte de la composition des classes ordinaires, où les élèves en difficulté sont de plus en plus nombreux puisque les meilleurs élèves se retrouvent dans des programmes particuliers ou dans le réseau privé, ajoute Mme Scalabrini.

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