Cégep: l'épreuve uniforme de français remise en question

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Les changements qui seront mis en place dans la foulée du rapport Demers devront se faire «à coût nul», prévient le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

Devrait-on abolir l'épreuve uniforme de français au cégep, qui donne du fil à retordre à environ 15% des cégépiens?

C'est la question que pose Guy Demers, auteur d'un rapport sur le réseau collégial dévoilé lundi, qui estime qu'une «urgente réflexion s'impose». Règle générale, environ 1000 étudiants par année n'ont toujours pas réussi cet examen cinq ans après leur premier essai alors que sa réussite est obligatoire pour décrocher un diplôme d'études collégiales (DEC).

«On assiste à un gaspillage de ressources. Cette épreuve est obligatoire, mais il n'y a rien dans le parcours collégial pour permettre aux élèves qui ont le plus de difficulté de passer l'examen et d'obtenir leur diplôme. Il y a quelque chose qui ne marche pas», affirme M. Demers en entrevue au Soleil.

Deux choix

Au cégep, les cours de français sont axés sur la littérature plutôt que la maîtrise de la langue. Il y a bien des centres d'aide pour les élèves qui ont de la difficulté, mais les étudiants qui en ont réellement besoin ne s'y bousculent pas, ajoute-t-il.

Devant cette «incohérence», deux choix s'imposent, écrit M. Demers dans son rapport. Il faut assouplir le contenu de la formation générale pour permettre d'y inclure une meilleure formation en français pour ceux qui en ont besoin ou modifier les conditions d'obtention du diplôme, afin que l'épreuve ne soit plus obligatoire.

Guy Demers, ancien directeur du Cégep de Lévis-Lauzon, opte pour le premier scénario. «Il y a une diversité de profils, il faut revoir la formation générale à l'intérieur du DEC, pour mieux répondre aux besoins des étudiants qui arrivent au collège», affirme-t-il en entrevue. Ce dernier rappelle que les étudiants avec des difficultés d'apprentissage sont de plus en plus nombreux à fréquenter le cégep.

Bolduc prudent

De son côté, le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, reste prudent. L'épreuve uniforme de français, tout comme la révision de la formation générale doivent faire l'objet de «davantage de réflexion». Un groupe de travail, qui a été mis sur pied pour mettre en oeuvre les recommandations du rapport Demers, se penchera sur la question au cours des prochains mois.

Pas d'argent neuf pour la réforme

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a annoncé lundi qu'il mettrait en place les recommandations du rapport Demers, qui propose des pistes de solutions pour moderniser les collèges et assurer la survie des cégeps en région. Mais le tout devra se faire «à coût nul», prévient-il. Des économies devront être faites d'un côté pour redistribuer l'argent de l'autre. Voici un survol de quelques recommandations:

>> Encourager les étudiants à choisir les cégeps en région: Un programme de mobilité étudiante sera mis en place, assorti de bourses d'études, pour encourager des jeunes à étudier dans des cégeps où la population est en décroissance. Un programme similaire sera aussi créé pour favoriser le recrutement des étudiants étrangers.

>> Des sous pour les cégeps en difficulté: Un programme de soutien financier sera créé pour réaliser des projets visant à aider les cégeps en difficulté. La formule de financement, basée sur le nombre d'étudiants, sera aussi modifiée. 

>> Une nouvelle certification: Il est recommandé de créer un nouveau certificat d'études collégiales techniques, qui pourra être octroyé à un étudiant qui a suivi toute sa formation technique mais qui n'a pas réussi un cours de français ou un cours de philosophie. Un diplôme d'études collégiales (DEC) par cumul pourrait aussi être décerné à un étudiant qui a réussi trois attestations d'études collégiales (AEC). Ces deux recommandations soulèvent toutefois des inquiétudes du côté des syndicats, qui craignent un morcellement du diplôme collégial.

>> Davantage de souplesse pour le DEC: Il est recommandé de donner davantage de souplesse aux collèges afin d'adapter la formation collégiale aux besoins du marché du travail selon les régions. La durée de la formation collégiale, qui est de trois ans, pourrait aussi varier de deux ans et demi à quatre ans, par exemple, selon les programmes.

Bonne nouvelle

Le ministre a annoncé lundi la création d'un comité de travail chargé de mettre en place ces recommandations, qui reprennent plusieurs propositions de la Fédération des cégeps. Celle-ci s'en réjouit. «C'est une bonne nouvelle pour le réseau collégial», a affirmé Jean Beauchesne, son président.

 Ce dernier n'a toutefois pas voulu se prononcer sur la faisabilité de mettre en place des solutions viables pour les cégeps en région sans argent neuf. M. Beauchnesne souligne toutefois que la baisse anticipée du nombre d'étudiants dans les cégeps permettra au gouvernement d'économiser 200 millions $. «On aimerait avoir la moitié de cette somme pour absorber le choc et mettre en place les mesures comprises dans le rapport Demers», dit-il.

 De son côté, la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) craint que les nouvelles formes de diplomation dans le secteur technique et la flexibilité régionale dans le contenu des programmes ne mènent à un morcellement du diplôme d'études collégiales. «On veut maintenir un diplôme d'État avec une valeur assurée en enseignement supérieur», affirme sa vice-présidente responsable du regroupement cégep, Nicole Lefebvre.

 

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